Ouvrage d'art

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Viaduc de Millau, ouvrage d'art autoroutier
Viaduc de Garabit, ouvrage d'art ferroviaire

Un ouvrage d’art est une construction de grande importance entraînée par l’établissement d’une voie de communication routière, ferroviaire ou fluviale (ponts, tunnels) mais également un dispositif de protection contre l’action de la terre ou de l’eau (murs, tranchée couverte, digue) et enfin un dispositif de transition entre plusieurs modes de transport (quais et autres ouvrages portuaires).

De tels ouvrages sont qualifiés « d’art » parce que leur conception et leur réalisation font intervenir des connaissances où l’expérience joue un rôle aussi important que la théorie. Cet ensemble de connaissances constitue d’ailleurs ce que l’on appelle l’art de l’ingénieur.

Familles d'ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Les ouvrages d'art liés à des voies de communication :

  • les ponts et viaducs, qui sont des ouvrages aériens qui permettent de franchir une rivière, un bras de mer, un val, une autre voie de communication ou tout autre obstacle ;
  • les tunnels, qui sont des ouvrages souterrains permettant le franchissement de tout obstacle similaire à ceux franchis par les ponts ;
  • les structures en élévation comme les auvents de péage ou les grands murs anti-bruit, les grands mâts et portiques[1] ;
  • les écluses et les ascenseurs à bateaux sont des ouvrages d'art liés à des voies navigables.

Les ouvrages d'art destinés à la protection contre l'action de la terre ou de l'eau :

Les ouvrages d'art destinés à la retenue des eaux :

  • les barrages, qui sont des grands ouvrages de génie civil, sont souvent rangés dans la famille des ouvrages d'art ;
  • les digues, etc.

Fonction d'un ouvrage d'art[modifier | modifier le code]

La fonction d'un ouvrage d'art est liée à la fonction de la voie de communication à laquelle il est lié :

  • un ouvrage d'art routier supporte une route ;
  • un ouvrage d'art autoroutier supporte une autoroute, qu'il s'agisse de la voie principale ou d'une bretelle de raccordement à l'autoroute ;
  • un ouvrage d'art ferroviaire supporte une voie ferrée.

Les voies navigables, canalisations d'eau (aqueducs) ou d'autres fluides ne donnent pas lieu à la définition d'une typologie spécifique à ces voies.

Nature d'un ouvrage d'art[modifier | modifier le code]

L'ouvrage d'art peut être qualifié selon le milieu dans lequel il est construit, on rencontre ainsi des ouvrages d'art terrestres, maritimes ou de montagne.

Ouvrages d’art routiers courants et non courants[modifier | modifier le code]

Les grands ouvrages routiers sont différenciés des petits par la dénomination d’ouvrages non courants.

Ouvrages d’art non courants[modifier | modifier le code]

En France, et dans le domaine routier, la première définition en a été donnée dans la circulaire du 2 janvier 1986, puis dans celle du 27 octobre 1987, puis cette définition a été reprise dans différentes autres circulaires dont celle du 5 mai 1994[2]

Sont considérés comme ouvrages non courants, d'une part, les ouvrages répondant aux caractéristiques suivantes :

  • les ponts possédant au moins une travée de plus de 40 mètres de portée ;
  • les ponts dont la surface totale de l'un des tabliers dépasse 1 200 mètres carrés[3] ;
  • les murs de plus de 9 mètres de hauteur ;
  • les tranchées couvertes ou semi-couvertes de plus de 300 mètres de longueur ;
  • les tunnels creusés ou immergés ;
  • les ponts mobiles et les ponts canaux.

Sont également considérés non courants tous les ouvrages ne dépassant pas les seuils précédents, mais dont la conception présente des difficultés particulières, par exemple :

  • celles provenant du terrain (fondations difficiles, remblais ou tranchées de grande hauteur, risques de glissement…) ;
  • celles sortant des conditions d'emploi classiques (grandes buses métalliques d'ouverture supérieure à 8 mètres, voûtes en béton d'ouverture intérieure supérieure à 9 mètres ou dont la couverture de remblai est inférieure à ⅛ de l'ouverture intérieure, utilisation d'un dispositif ayant pour but de limiter la charge sur l'ouvrage) ;
  • celles liées à des modifications de solutions types résultant de la géométrie du tracé ou de recherches architecturales (ponts très biais ou à courbure prononcée…) ;
  • celles dues à l'emploi de techniques non codifiées et n'ayant pas fait l'objet d'un avis technique du SETRA (procédés de soutènement spéciaux…) ;
  • celles dues au caractère innovant de la technique ou du procédé.

Ouvrages d’art courants[modifier | modifier le code]

A contrario sont considérés comme ouvrages d’art courant les ouvrages ne répondant pas aux critères ci-dessus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ouvrages d'art », sur CETE d'Aix-en-Provence (consulté le 16 février 2010)
  2. « Circulaire n° 94-56 du 5 mai 1994 définissant les modalités d'élaboration, d'instruction et d'approbation des opérations d'investissements sur le réseau routier national non concédé », sur Portail documentaire du SETRA (consulté le 16 février 2010), page 53
  3. Par simplification, on considère souvent qu’un ouvrage d’art est non courant dès que sa longueur dépasse 100 mètres de longueur. Mais ce critère n’est pas le critère officiel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Structurae - Base de données et galerie internationale d'ouvrages d'art.