Austrégésile de Bourges

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Austrégésile de Bourges dit Outrille
Abbé et Docteur de l'Église
Naissance 551
Bourges
Décès 20 mai 624 
Bourges
Fête 20 mai
Autrégésile de Bourges dit Outrille
Biographie
Naissance 551 à Bourges
Ordination sacerdotale entre 572 et 603
Décès 20 mai 624 à Bourges
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 597 ou 13 février 612, selon les sources
Dernier titre ou fonction Archevêque de Bourges
Fonctions épiscopales Archevêque de Bourges

Saint Austrégésile, appelé le plus souvent saint Outrille[1], est un prélat catholique qui fut évêque puis archevêque de Bourges entre 597 et 624[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Bourges en 551 dans une famille noble pauvre. Grégoire de Tours en fait le compagnon de ses études. Il est élevé dans la culture des lettres et de l'Écriture sainte, il est attaché à la cour du roi Gontran[5], puis il quitte la cour et embrasse la vie ecclésiastique. Il reçoit la tonsure de saint Aunaire, évêque d'Auxerre. Il est ordonné sous-diacre par saint Ethère, évêque de Lyon (589-602), il est nommé abbé de Saint-Nizier[2].

Après la mort d'Apollinaire, il est sacré évêque de Bourges, en 597[6] ou le 13 février 612[7]. Il semble être le premier archevêque d'ascendance wisigothe, tous les archevêques antérieurs, y compris son prédécesseur Apollinaire, sont issus d'une famille romaine[8]. Il reçoit à Bourges vers 613, saint Amand qui deviendra ultérieurement évêque de Maastricht. Il l'installe dans une cellule spécialement construite à son attention sur la partie supérieure des murs de la ville, près de l'église cathédrale[9]. Amand y reste une quinzaine d'année y menant une vie érémitique. Il meurt le 20 mai 624 et il est fêté le 20 mai.

Il bénéficie, ainsi que son successeur saint Sulpice, d'une hagiographie abondante dès la période mérovingienne. Deux Vitæ leur sont consacrées. Les plus anciennes Vita Austrigisili episcopi Biturigi ( BHL 839) et la Vita sancti Sulpitii (BHL7927-7928) furent rédigées pratiquement de leur temps. Datées du VIIe siècle, elles sont reprises au IXe siècle (respectivement BHL 841 et BHL 7930)[10]

Les communes de Saint-Outrille dans le Cher et Saint-Aoustrille, près d'Issoudun, dans l'Indre sont nommées d'après Austrégésile. À Azay-sur-Cher, en Indre-et-Loire, une fontaine Saint-Aoustrille alimente un lavoir; cette source alimentait l'aqueduc qui, depuis Bléré, fournissait l'eau à Tours[11].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Déformation de son nom en patois berrichon.
  2. a et b Butler, Godescard et De Ram 1834
  3. Bourassé 1856
  4. On trouve aussi comme année de décès d’Apollinaire l'année 611 ou 612, et cette année comme début de l'épiscopat d'Austrégésile.
  5. Parmi les faits miraculeux rapporté, en voici un premier : « Un nommé Bettelin, accusé de détourner des finances du roi, incrimine de ce vol Autrégésile. Le roi ne sait comment trancher entre les deux accusés. Il prend le parti de s'en remettre au jugement de Dieu. Le jour du duel, Bettelin se tue en tombant de cheval, ce qui est interprété comme une condamnation par Dieu. Austrégésile est innocenté »(rapporté dans Butler, Godescard et De Ram 1834).
  6. Date indiquée dans Le Luel 2007 et dans la liste des archevêques de Bourges.
  7. D'après Butler, Godescard et De Ram 1834.
  8. C'est ce qu'affirme Romelot 1821, p. 221 dans des termes qu'on n'oserait plus employer : « Saint Autrégésile est le premier de la race (sic) des Visigots qui ait été élu archevêque; cr, dans les commencemens de la conversion de ces barbares (re-sic), ils n'étaient point admis dans le clergé; leur ignorance, leur férocité et leur légèreté naturelle (re-re-sic) empêchaient de leur confier l'administration des sacrmens et la conduite des âmes. »
  9. Romelot 1821.
  10. Jean-Claude Poulin, L'idéal de sainteté dans l'Aquitaine carolingienne d'après les sources hagiographiques (750-950), thèse, Québec, 1975, cité par Le Luel 2007.
  11. Saint Outrille de Bourges sur le site Nominis.

Références[modifier | modifier le code]

  • Alban Butler, Jean-François Godescard et Petrus Franciscus Xaverius De Ram, Vies des pères, martyrs et autres principaux saints, tirées des actes originaux et des monuments les plus authentiques, vol. 3, Bruxelles,‎ 1834 (lire en ligne)
  • Juan Jaime Bourassé, Encyclopédie théologique. Dictionnaire de discipline ecclésiastique ou traité du gouvernement de l'église, t. 1, Paris,‎ 1856 (lire en ligne)
  • Nathalie Le Luel, « Étude des vies de Saint Ursin de Bourges: une première approche », Les Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, vol. 114, no 1,‎ 2007 (ISBN 978-2-7535-0452-3, lire en ligne)
  • J. L. Romelot, Description historique et monumentale de l'église patriarcale, primatiale et métropolitaine de Bourges, Bourges,‎ 1821 (lire en ligne), p. 221-222

Liens externes[modifier | modifier le code]