Nat Turner

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Nat Turner

Description de cette image, également commentée ci-après

Gravure des années 1880 montrant l'arrestation de Nat Turner.

Nom de naissance Nathaniel Turner
Naissance
Comté de Southampton, Virginie
Décès (à 31 ans)
Jerusalem, Virginie
Pays de résidence États-Unis
Profession Esclave

Nathaniel dit Nat Turner, né le et mort le , est un esclave afro-américain. En 1831, il conduit une brève révolte dans le comté de Southampton en Virginie. Cet épisode de violence extrême de la part d'esclaves noirs mène à une répression sanglante et à l'émergence de nouvelles lois dans les États du Sud, plus restrictives encore vis-à-vis des esclaves.

Enfance[modifier | modifier le code]

Nat Turner naît dans le comté de Southampton où il restera toute sa vie. Il doit son nom à son propriétaire, Benjamin Turner. Il ne sait que peu de choses sur son père, qui s'est échappé de la plantation lorsque Nat était enfant ; il entretient en revanche des relations proches avec sa grand-mère paternelle, issue de la communauté Kormantin, enlevée en Afrique (dans l'actuel Ghana) et déportée en Amérique à l'âge de 13 ans.

Turner est un enfant précoce ; il apprend à lire très tôt et développe une profonde religiosité[1]. Il lit la Bible avec ferveur, et se persuade qu'il a un grand destin à accomplir au nom de Dieu[2],[3].

La révolte de 1831[modifier | modifier le code]

Le , voyant en une éclipse annulaire de soleil le signe divin qu'il attendait, il décide de mener une action contre les propriétaires d'esclaves. Initialement prévue pour le 4 juillet, jour de fête nationale, la révolte est repoussée pour des raisons d'organisation. Une second événement stellaire intervient le , jour où le soleil se teinte d'une ombre verdâtre, sans doute due aux suites d'une éruption volcanique géante du Mont Saint Helens[3] : Turner y voit un signe déclencheur et la révolte éclate une semaine plus tard, le .

Cette révolte dure deux jours, pendant lesquels sa bande, qui comporte jusqu'à 70 hommes, massacre une soixantaine de blancs, hommes, femmes ou enfants[4]. Une milice deux fois plus puissante que la faction d'esclaves révoltés finit par mettre fin à ses agissements. Toutefois, Nat Turner n'est capturé que le 30 octobre. Il est jugé le 5 novembre dans la ville de Jerusalem et pendu le 11 novembre avec 18 de ses complices, son corps étant ensuite mutilé[3]. Avant son exécution, l'homme de loi Thomas Ruffin Gray l'interroge et recueille ses paroles dans un ouvrage ensuite publié sous le nom de Confessions de Nat Turner[5] et qui constitue un document historique essentiel pour mieux comprendre le personnage de Turner.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les craintes d'une révolte des esclaves comme celle de Saint-Domingue s'exacerbent au sein de la slavocratie et les relations inter-raciales se durcissent. Les autorités du Sud se montrent de plus en plus réticentes aux doctrines plus libérales des nordistes vis-à-vis de l'esclavage, ce qui constitue une pierre d'achoppement importante dans les événements qui mènent quelques années plus tard à la Guerre de Sécession.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Terry Bisson, Nat Turner: Slave Revolt Leader, Chelsea House Publishers (Philadelphie),‎ 2005, p. 76
  2. Le professeur Rothman interroge toutefois ce mysticisme en soulignant qu'il est difficile de décider si Turner s'est lui-même persuadé ou si ce messianisme n'a pas été largement provoqué par son entourage. Voir Teachinghistory.org, consulté le 11 novembre 2012.
  3. a, b et c Frédéric Lewino, Gwendoline Dos Santos, « 11 novembre 1831. Pendu, écorché et décapité, Nat Turner paie la première révolte d'esclaves aux USA », C'est arrivé aujourd'hui, sur LePoint.fr,‎ e11 novembre 2012 (consulté le 11 novembre 2012).
  4. (en) Stephen B. Oates, The fires of jubilee: Nat Turner's fierce rebellion, HarperPerennial (NY),‎ 1975 (ISBN 0-06-091670-2)
  5. (en) The Confessions of Nat Turner, consulté le 11 novembre 2012.