Maquette

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Modèle réduit)
Aller à : Navigation, rechercher
Maquette de l'Opéra Garnier (Paris, France) au musée d'Orsay montrant, en une coupe longitudinale, ses volumes et circulations intérieurs
Un exemple de maquette ferroviaire.
Maquette de la fusée Ariane 5

De manière générale, une maquette est une représentation partielle d'un système ou d'un objet (réel et existant ou à concevoir) afin d'en tester et valider certains aspects (maquette virtuelle ou visuelle en 2 ou 3D) et/ou comportements (maquette fonctionnelle). Cette maquette est réalisée à une échelle donnée (échelle 1, échelle réduite, ou agrandissement) pour en faciliter la lecture.

Sommaire

[modifier] Histoire

L'utilisation des maquettes est connue depuis l'antiquité (maison crétoise, navire égyptien, etc. trouvés dans les tombes) et à travers toutes les époques : celles qui nous sont parvenues sont en général liées à l'architecture, aux arts militaires (plan-relief) et à la navigation.

[modifier] Utilité

La maquette peut avoir un caractère d'ébauche, de projet et/ou de test/prototype (maquette de journal, faite par le maquettiste, ou encore : maquette publicitaire, maquette de parfum, ou de flacon de parfum.. ),

À l'échelle 1/1, elle peut servir de matrice (Cf. par exemple : profilé de moulage pour flacon, avion, automobile...) Il peut s'agir d'un document-guide (maquette des enseignements). Il peut s'agir d'un décor construit en miniature pour les films d'animation ou les trucages de films. Elle peut aussi avoir un caractère documentaire (reconstitution d'un site ancien) ou stratégique militaire (ex : plans-relief des fortifications de Vauban), voire ludique (maquettes ferroviaires).

La représentation peut être réelle à une échelle donnée (maquette d'architecture, de stand, par exemple) ou virtuelle (modèle numérique présenté par des techniques de réalité virtuelle, maquette numérique). Dans le cas d'une représentation réelle, la maquette peut être à différentes échelles selon l'utilisation que l'on en fera (exemple : maquette d'accessibilité à l'échelle 1). À une échelle inférieure, on parle aussi de modèle réduit (ex : le plus grand modèle réduit du monde est le modèle réduit du système solaire situé en Suède où la distance Soleil-Pluton mesure 300 km).

Les maquettes sont souvent utilisées professionnellement : maquette d'implantation, plan-maquette, maquette de décors, etc.

[modifier] Dans les métiers de l'édition et de la publicité

Dans l'édition (Édition littéraire, publicité, etc.), la maquette est l'avant-projet d'une publication pour juger de son aspect probable avant réalisation complète. La résolution des difficultés techniques, notamment la typographie et la mise en page, mais aussi l'invention artistique, notamment l'originalité de la reliure, sont le domaine du maquettiste qui peut travailler avec un dessinateur-illustrateur ou un graphiste pour ce qui relève des illustrations.

En ce qui concerne les maquettes de timbres, voir : Épreuves et essais en philatélie.

[modifier] Loisir

Article connexe : Modélisme.

La réalisation de maquettes est aussi un loisir technique très développé (maquettisme) également appelé modélisme : le but est alors de reproduire un objet réel à une échelle donnée, réduite dans l'immense majorité des cas, avec plus ou moins de précision et plus ou moins de fonctionnalités comparables à celles du modèle réel.

Pour certains[Qui ?], la différence entre modélisme et maquettisme provient du fait que le maquettisme désigne plutôt la réalisation de modèles statiques. Le modélisme naval, par exemple, fait ainsi la distinction entre maquettisme et modélisme, avec la réalisation de modèles statiques ou de modèles navigants.

Le modélisme ferroviaire fait lui le pont entre maquettisme et modélisme, dans le sens où la maquette sert d'écrin et de support au train modèle mobile. Le modélisme ferroviaire est souvent considéré comme une activité de maquettisme, car la réalisation du réseau (improprement appelé « circuit ») est mise en avant sur la fabrication ou le détaillage des modèles réduits ferroviaires. Le terme de « modélisme ferroviaire » demeure cependant le plus usité.

Autre distinction possible : si le modèle est issu d'un modèle réel existant ou ayant existé à l'échelle 1/1, on dit que c'est un « modèle ». S'il ne correspond pas, c'est une « maquette »[réf. souhaitée].

[modifier] En hydraulique

En hydraulique, le modèle réduit est très utilisé pour les études de mécanique des fluides des ouvrages tels que ports, digues, plages, barrages, navires, etc. On utilise en ces cas-là la similitude du nombre de Froude. Les ingénieurs spécialisés dans ce domaine distinguent le « modèle réduit » de la « maquette » : le modèle réduit est l'ensemble qui fait l'objet de l'étude (par exemple un port ou une plage) alors que la maquette est la reproduction d'une structure qui fait partie du modèle réduit (par exemple une portion de digue ou un bateau).

Les premiers modèles réduits des barrages ont été construits dans les années 1920 pour les besoins de la houille blanche dans le sillage d'Aristide Bergès pour l'industrie papetière dans la région grenobloise. Depuis, ces techniques se sont appliquées avec grand succès aux écoulements fluviaux à surface libre avec éventuellement des fonds dits « mobiles » permettant de simuler l'érosion sous l'effet des courants.

Maquette du navire l'Alcide C. Horth au 1:24

Les premiers modèles réduits côtiers ont été construits dans les années 1940. Les techniques de modélisation n'ont cessé de s'améliorer et ont abouti aujourd'hui à une grande fiabilité dans les domaines de la stabilité des ouvrages maritimes et l'érosion/sédimentation des plages et des estuaires, sous l'effet des courants et/ou de la houle.

Depuis le début des années 1970 des modèles réduits de navires sont également utilisés pour la formation des marins à la manœuvre des navires au Centre d'entraînement de Port-Revel.

[modifier] En architecture

Maquette d'urbanisme pour Le Plessis-Robinson

En architecture, au-delà du classique travail d’archives et de l’obligation absolue de dresser en toutes circonstances l’état des lieux, ces deux procédés[Lesquels ?] sont utilisés en concomitance avant toute intervention du restaurateur[pas clair]. Vitruve, l’architecte et ingénieur militaire romain le plus réputé pour ses écrits, ne considérait la maquette que comme un produit de l’habileté manuelle. Mais dès le XVe siècle, et plus encore au XVIe siècle, la maquette sert « à montrer si l’architecte est capable et suffisant de conduire une grande œuvre ».

Filippo Brunelleschi (1377-1446), le célèbre architecte de la coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence est chargé en 1435 par la ville de Florence de fortifier le village de Vico Pisano. Il défend son projet devant un jury de deux capitaines sur une maquette en bois qu’il a fait réaliser[1].

Dans l’Ancien Régime, la maquette a joué un rôle essentiel pour la réalisation des fortifications. La collection présentée au Musée des Plans-reliefs en est l’illustration la plus prestigieuse[2]. Créée en 1668 par Louis XIV, elle fut exécutée par les ingénieurs du roi pour montrer les projets des fortifications des frontières de la France. Le principe de ces maquettes n’a été abandonné que vers 1870.

De nos jours, l’utilité de la maquette pour la conception d’un projet de construction n’est pas à démontrer[Pourquoi ?]. Si la maquette physique en trois dimensions reste un moyen essentiel à la fois pour la conception du projet et pour la communication, la maquette en images de synthèse, particulièrement depuis l'avénement de la conception assistée par ordinateur (CAO), permet de visualiser l’intérieur des bâtiments et de s'y déplacer. L’avantage en est la représentation de ce que voit l’œil, à l’intérieur et à l’extérieur, avec une illusion de grandeur nature, de même que les conditions d'éclairage, selon l'heure, voire le climat. La confection d’une telle maquette demande de lourds et coûteux moyens[réf. nécessaire]. Elle est bien plus longue à réaliser qu’une maquette traditionnelle s'il s'agit de recréer un bâtiment déjà existant.

Le problème pour l’historien du bâtiment est la restitution des parties manquantes. La limite du dessinateur est celle d’avoir un point de vue figé. Les images de synthèse étendent le dessin aux autres faces, intérieures et extérieures, et aux perspectives de n’importe quel point de vue à la demande.

[modifier] Les maquettes pédagogiques et l'éducation au patrimoine

La maquette constitue un outil-clé de la méthodologie mise en œuvre dans toute démarche d’éducation au patrimoine, qu’il s’agisse de l’objet réalisé par des élèves à l’instigation d’un enseignant ou d’un intervenant extérieur, à l’école ou dans un lieu patrimonial, ou de l’objet conçu à l’initiative d’un service éducatif et réalisé par un maquettiste. Un séminaire organisé en 1994 par le ministère de la Culture et de la Francophonie et le Centre des monuments nationaux en collaboration avec la DRAC de Picardie et l’Association pour le patrimoine culturel et sa pédagogie a permis de dresser une typologie des expériences menées et des maquettes existantes afin de réunir les éléments permettant de rédiger un cahier des charges type. Ce cahier des charges doit présider, en effet, à l’élaboration de toute maquette, quel que soit le cadre d’action : concevoir, commander, fabriquer, utiliser, etc.[3].

La qualification « QUALIBAT » no 7622, maquette (technicité confirmée) est attribuée à « l’entreprise qui crée et qui fabrique des maquettes, modèles en réduction, dioramas, plans en relief, etc ».

[modifier] Notes et références

  1. Giovanni Ranieri-Fascetti, Le fortificazioni di Vico Pisano, Pisa (Edizioni ETS) 1998. Philibert de L’Orme consacre à la maquette tout le chapitre XI du livre I. (Delorme, Premier tome de l'architecture, Paris chez Frédéric Morel 1567).
  2. À l’Hôtel national des Invalides à Paris, et pour celles du Nord, à Lille.
  3. Les maquettes pédagogiques et leur utilisation - Association pour le patrimoine culturel et sa pédagogie, séminaire associant les régions Nord, Picardie et Haute Normandie, Château de Pierrefonds, 11-15 juillet 1994

[modifier] Bibliographie

  • Monique Mosser, chercheur au CNRS, Les maquettes pédagogiques (sensibiliser le jeune public), « La préfiguration architecturale en France : L’usage des modèles et la préfiguration architecturale en France à l’époque classique », vol. 1, Paris, Centre des monuments nationaux 

[modifier] Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues