Luís Fróis

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Luís Fróis

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Luís Fróis (à droite) discutant avec Oda Nobunaga.

Naissance 1532
Lisbonne, Drapeau du Portugal Portugal
Décès 1597 (à 65 ans)
Nagasaki, Drapeau du Japon Japon
Nationalité Drapeau du Portugal Portugaise
Pays de résidence Japon
Profession Missionnaire
Activité principale Évangélisation du Japon, Historien
Formation

Luís Fróis, né à Lisbonne en 1532 et décédé à Nagasaki (Japon) le 8 juillet 1597, était un prêtre jésuite portugais. Arrivé parmi les premiers missionnaires au Japon, il est également considéré comme un des premiers japonologues. Ses lettres et son 'histoire du Japon' sont une source importance d'information sur cette époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse en Europe[modifier | modifier le code]

Né à Lisbonne en 1532 Luís Fróis est élevé à la cour du roi Jean III où il reçoit une éducation humaniste. En février 1548, il entre dans la Compagnie de Jésus, devenue populaire au Portugal, grâce à la présence et la vie exemplaire de Simon Rodrigues, un des premiers compagnons d’Ignace de Loyola. Quelques semaines plus tard, Fróis embarque avec neuf autres jésuites à destination de l'Inde.

En Inde et à Malacca[modifier | modifier le code]

Fróis arrive à Goa en octobre 1548. Il fait partie du groupe conduit par Gaspar Barzée. À Goa, les jésuites sont installés depuis 1542; François Xavier est leur supérieur provincial.

En 1554 Melchior Nunes Barreto le prend comme compagnon de voyage vers l’Extrême-Orient, mais le laisse en charge d’une petite école à Malacca (1555-1557). Il y fait office de ‘lien postal’ également, recopiant les lettres venant du Japon et les réexpédiant vers Goa et le Portugal. Il est de retour à Goa en 1558 où il fait les études de théologie qui préparent au sacerdoce. Frois est ordonné prêtre, à Goa, en 1561.

Au Japon[modifier | modifier le code]

Peu après son ordination il est envoyé au Japon. Il débarque au port de Yokoseura le 6 juillet 1563. De ce jour, et jusqu’à la fin de sa vie, il vivra au Japon, excepté 3 années passées à Macao: cela fait une longue période de 30 ans. Son premier travail est pastoral, même s’il ne connaît pas encore la langue. Accompagné d’un interprète il visite les iles de Hirado.

Il est immergé le plus souvent dans la culture japonaise, éloigné des postes européens. L’instabilité politique - et des réactions sporadiquement hostiles au christianisme - font qu’il est parfois expulsé et doit alors déménager. Le temps libre que cela lui donne lui permet d’approfondir ses connaissances de la langue et la civilisation japonaise qu’il admire sincèrement. Il est bientôt couramment accueilli auprès des seigneurs locaux.

En 1572 il est l’interprète du nouveau supérieur jésuite Francisco Cabral quand celui-ci visite les différentes autorités du pays. Pendant une douzaine d’années il réside dans la capitale japonaise de Kyoto (le Miyako, c'est-à-dire 'Ville capitale') mais, en fait, il est souvent en voyage. Ainsi il accompagne et est interprète d’Alessandro Valignano lorsque celui-ci fait la visite canonique de la mission (1580-1582). C’est Valignano qui, impressionné par ses connaissances et sa culture japonaise, lui demande de mettre par écrit les événements qui marquent les débuts du christianisme au Japon.

Assistant du nouveau vice-provincial Gaspar Coelho il l’accompagne durant ses visites durant 9 ans, de 1581 à 1590. Le premier volume de son ‘Histoire du Japon’ est achevé en 1586. En mai 1586 il est l’interprète de Coelho à l’audience que leur accorde Toyotomi Hideyoshi. La rencontre, importante et délicate, n’a pas le succès escompté. Hideyoshi bannira le christianisme l’année suivante (1587).

De 1587 à 1589 il rédige la seconde partie de son ‘Histoire du Japon’. En octobre 1592 Alessandro Valignano le prend avec lui lorsqu’il retourne à Macao. Frois y continue son travail sur les débuts du christianisme au Japon. Il achève les derniers chapitres de son œuvre en février-mars 1594.

Malade et ayant la prémonition que sa fin est proche il demande en 1595 l’autorisation de rentrer au Japon, dont il a fait sa vraie patrie, pour y finir ses jours. Il meurt à Nagasaki le 8 juillet 1597.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Selon José Manuel Garcia, Luís Fróis est le plus important auteur européen ayant écrit sur le Japon pendant le « siècle chrétien », il place ses œuvres devant celles d'Alessandro Valignano et de João Rodrigues[1].

  • Traité de Luís Fróis, S.J. (1585) sur les contradictions de mœurs entre Européens et Japonais, traduit du portugais, Paris, Chandeigne, 1993.
  • História do Japão (1583-1597), Lisbonne, Josef Wiki, 1976.

Reconnaissance publique[modifier | modifier le code]

  • En 1993 une statue de Luis Frois est érigée dans le 'Parc des martyrs' de Nagasaki.
  • En 1997, à l'occasion du 4ème centenaire de sa mort, une pièce de 200 escudos portugais a été gravée à l'effigie de Luís Fróis. Elle reprend l'illustration de l'estampe japonaise où il discute avec Oda Nobunaga.
  • La même année, à Macao, une série de timbres fut émise, représentant Luís Fróis.
  • Une rue de Macao porte son nom: 'rua Luis Frois'.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Luís Fróis (préf. José Manuel Garcia), Traité de Luís Fróis, S.J. (1585) : sur les contradictions de mœurs entre Européens & Japonais, Chandeigne,‎ 1993 (ISBN 2-906462-05-5), p. 7-39 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Rui Manuel Loureiro, « Turning Japanese? The experiences and writings of a Portuguese Jesuit in 16th century Japan », dans Dejanirah Couto et François Lachaud (dir.), Empires éloignés : L'Europe et le Japon (XVIe-XIXe siècle), Paris, École française d'Extrême-Orient,‎ 2010 (ISBN 978-2-85539-118-2), p. 155-168 : Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luís Fróis (préf. José Manuel Garcia), Traité de Luís Fróis, S.J. (1585) : sur les contradictions de mœurs entre Européens & Japonais, Chandeigne,‎ 1993 (ISBN 2-906462-05-5), p. 21