Le Veston ensorcelé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Veston ensorcelé (La giacca stregata dans sa version originale en italien) est une nouvelle fantastique de Dino Buzzati faisant partie du recueil Le K, publié pour la première fois en Italie en 1966 et paru en France en 1967 (aux éditions Robert Laffont pour la traduction française).

Résumé[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une des nouvelles les plus connues de ce recueil. Bien que très court, ce texte est un exemple de récit fantastique classique.

Le lecteur assiste à l'arrivée d'éléments surnaturels dans un contexte ordinaire. Pour cette raison, ce récit figure dans des manuels scolaires de littérature. Le tailleur est une sorte de diable : il est désigné par le mot « maître », on apprend que « personne ne le connaît ». L'expression « trop tard trop tard » révèle que le héros est perdu car il devra un jour ou l'autre payer ce costume (vraisemblablement de son âme).

La tentation, l'envie puis les remords que ressent le héros sont également des sentiments classiques causés par des démons tentateurs. On peut donc rapprocher cette œuvre de Faust ou encore La peau de chagrin de Balzac[réf. nécessaire].

Citations[modifier | modifier le code]

La première apparition surnaturelle qui prend la forme d'une situation banale, la découverte d'un billet :

Par habitude je ne mets rien dans la poche droite de mon veston, mes papiers je les place dans la poche gauche. Ce qui explique pourquoi ce n’est que deux heures plus tard, au bureau, en glissant par hasard ma main dans la poche droite, que je m’aperçus qu’il y avait un papier dedans. Peut-être la note du tailleur ?
Non. C’était un billet de dix mille lires...

Destruction du veston

Mais à la dernière lueur des flammes, derrière moi - à deux ou trois mètres aurait-on dit -, une voix humaine retentit : « Trop tard, trop tard ! » Terrorisé je me retournai d’un mouvement brusque comme si un serpent m’avait piqué. Mais il n’y avait personne en vue. J’explorai tout alentour sautant d’une roche à l’autre, pour débusquer le maudit qui me jouait ce tour. Rien. Il n’y avait que des pierres.

Dernières lignes :

Désormais j’ai repris péniblement mon travail, je m’en tire à grand-peine, et ce qui est étrange, personne ne semble surpris par ma ruine subite. Et je sais que ce n’est pas encore fini. Je sais qu’un jour la sonnette de la porte retentira, j’irai ouvrir et je trouverai devant moi ce tailleur de malheur, avec son sourire abject, pour l’ultime règlement de comptes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]