Le Siège de Numance

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Le Siège de Numance
Image illustrative de l'article Le Siège de Numance
Couverture de la première édition (1585).

Auteur Miguel de Cervantes
Genre Tragédie
Version originale
Titre original El Cero de Numancia
Éditeur original Juan de la Cuesta
Langue originale Espagnol
Pays d'origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Date de parution originale 1585
Version française
Traducteur Victor de La Beaumelle
Lieu de parution Paris
Éditeur Ladvocat
Collection Chefs-d'œuvre du théâtre espagnol
Date de parution 1823

Le Siège de Numance (El Cero de Numancia) est une tragédie de la renaissance écrite en 1585 par Miguel de Cervantes et inspirée de la défaite de Numance lors de la Guerre de Numance face à l'Empire Romain au IIe siècle av. J.-C..

L'œuvre est connue selon plusieurs titres (Numance, Comédie du siège de Numance, La Destruction de Numance et La Tragédie de Numance) et est publiée à partir de textes manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale d'Espagne. Une copie utilisée par une compagnie de théâtre du XVIIe siècle est conservée à la Hispanic Society of America sous le nom de codex « Sancho Rayón ». Celle-ci a fait l'objet au côté du Voyage de Parnasse d'une transcription en espagnol moderne en 1784. Aucun des deux document ne peut être considérée comme original, bien que les éditeurs modernes préfèrent baser leurs publications de Numance sur le texte de Sancho Rayó.

Thème[modifier | modifier le code]

Comme dans toute tragédie, le thème de Numance est angoissant dès le départ, c'est un facteur fondamental du genre. La fatalité qui s'abat sur les habitants de Numance dès le début de l'œuvre créée une tension dramatique qui engendre la tragédie.

Numance est une ville celtico-ibérique qui résiste depuis des années aux troupes du général romain Scipion et à ses troupes aux mœurs relâchées. Le général harangue ses troupes et leur ordonne de creuser fosse pour isoler, affamer et prendre la place.

Deux ambassadeurs numantins proposent de signer la paix, mais Scipion le refuse : il ne reste plus aux numantins que l'alternative de la victoire ou de la mort. Deux figures allégoriques qui représentent l'Espagne et le Duero prophétisent la chute de la ville, mais également la grandeurs future de l'Espagne de Philippe II, souverain contemporain de Cervantes.

À Numance, les prophéties d'une destruction éminente de la ville se multiplient. Cependant, et sans perdre jamais espoir, les chefs proposent un combat singulier – un numantin contre un romain – pour décider du sort de la guerre. Scipion qui compte sur la chute de la ville à la suite d'une famine refuse la proposition.

Exténués, les habitants se préparent à une attaque désespérée, mais les femmes, qui ont peur de rester seules à la merci des romains après la probable déroute des numantins, leurs demandent de détruire tous les biens matériels de la ville, de manger la viande des quelques prisonniers romains, et de les tuer plutôt que de subir les outrages de l'armée de Scipion. Enfin, les habitants se donnent la mort les uns les autres. Les romains entrent dans une ville inerte lorsqu'ils voient le dernier des habitants de Numance se jeter d'une tour pour éviter qu'un seul numantin ne soit rapporté à Rome en trophée de guerre dans un défilé militaire.

Adaptations[modifier | modifier le code]

La pièce de Cervantes fait l'objet d’une adaptation en français par Jean-Louis Barrault en 1937 au théâtre Antoine. Il reprend ensuite la pièce en 1965 au Théâtre antique d’Orange puis à l’Odéon-Théâtre de France avec la compagnie Renaud-Barrault. Il conçoit cette nouvelle mise en scène en collaboration avec Isaac Alvarez d'après une adaptation du texte de Jean Cau. Les décors et les costumes sont d’André Masson, la musique de José Berghmans[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]