Lavabit

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Lavabit est un service de courriels lancé en 2004 dont les opérations furent suspendues en août 2013 à la suite du refus de se soumettre à des ordres du gouvernement des États-Unis. Il est détenu et exploité par l'Américain Lavar Levinson[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Lavabit fut lancé en 2004 par des programmeurs texans qui avaient fondé la société Nerdshack LLC, renommée Lavabit LLC l'année suivante, pour répondre au manque de confidentialité de Gmail, tout comme à l'usage d'informations recueillies par Google, la société propriétaire de ce service, notamment dans des buts publicitaires[3]. Lavabit offrit des niveaux nettement plus élevés de confidentialité grâce entre autres à l'usage d'algorithmes de cryptographie asymétrique. La solidité des méthodes en usage furent, selon certains experts, jugées pratiquement impossibles à briser, même pour des organismes possédant une expertise poussée dans ce domaine.

En août 2013, Lavabit servait environ 410 000 clients et offrait des services gratuits et payants, incluant un espace de stockage pouvant aller jusqu'à gigaoctets[4],[5].

Avant qu'Edward Snowden ne dévoile certaines activités des agences de renseignements américains, Lavabit s'était soumis à certains mandats de recherche. Par exemple, en juin 2013, un mandat avait autorisé une recherche dans le compte d'un internaute soupçonné de détenir du matériel de pornographie infantile[6].

En juillet 2013, Lavabit attira l'attention des média lorsqu'il fut révélé qu'Edward Snowden utilisait l'adresse edsnowden@lavabit.com pour inviter des avocats spécialistes des droits de l'homme et des militants à une conférence pendant qu'il se confinait à l'intérieur de l'aéroport international Cheremetievo à Moscou[7].

Le 8 août 2013, Lavabit suspendit ses opérations et le message d'accueil du site pour les courriels fut remplacé par un message du propriétaire et exploitant Ladar Levison[1]. Le journal The New Yorker fit l'hypothèse que la suspension était la conséquence d'activités de surveillance domestique de la National Security Agency[8]. Le magazine Wired avança que Levison s'opposait à l'exécution d'un mandat ou d'une lettre de sécurité nationale qui exigeait des informations sur un client pour des raisons exceptionnelles, puisque Lavabit avait déjà accepté de collaborer auparavant[7],[9]. Levison, dans une entrevue, admit qu'il s'était plié à au moins une douzaine de subpoenas depuis que Lavabit était en exploitation[10]

Levison expliqua qu'il était soumis à une obligation de silence et était donc dans l'incapacité légale d'expliquer publiquement les raisons qui l'amenèrent à suspendre les services de courriel de Lavabit[10]. À la place, il demanda des dons pour combattre en faveur de la constitution des États-Unis devant la Cour d'appel des États-Unis pour le quatrième circuit. Levison ajouta qu'il lui était aussi interdit de partager des informations avec son avocat[10]. Entretemps, l’Electronic Frontier Foundation demanda au FBI de faire preuve d'une plus grande transparence envers le public, dans le but d'aider à comprendre pourquoi une entreprise de dix ans devait fermer ses portes[11].

Lavabit serait la première société technologique américaine qui aurait préféré arrêter ses activités plutôt que de se soumettre à un mandat de recherche du gouvernement des États-Unis[2]. La société Silent Circle, qui offre aussi un service de courriels chiffrés, suivit l'exemple de Lavabit[12],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Lavabit » (voir la liste des auteurs)

  1. a et b (en) « Lavabit » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Lavabit, 2013. Consulté le 8 août 2013
  2. a et b (en) Spencer Ackerman, « Lavabit email service abruptly shut down citing government interference: Founder of service reportedly used by Edward Snowden said he would not be complicit in 'crimes against the American people' », The Guardian,‎ 9 août 2013 (lire en ligne)
  3. Lavabit High Scalability Writeup
  4. (en) « Lavabit chief predicts 'long fight' with feds », CNET,‎ 9 août 2013 (lire en ligne)
  5. (en) Geoffrey Ingersoll, « How Edward Snowden Sends His Ultra-Sensitive Emails », Business Insider,‎ 12 juin 2013 (lire en ligne)
  6. (en) « In the Matter of the Search of: Lavabit LLC Email Account for Joey006@lavabit.com », Docket Alarm, Inc. (consulté le 10 août 2013)
  7. a et b (en) Kevin Poulsen, « Edward Snowden’s Email Provider Shuts Down After Secret Court Battle », Wired,‎ 8 août 2013 (lire en ligne)
  8. (en) Amy Davidson, « The N.S.A. and Its Targets: Lavabit Shuts Down », The New Yorker,‎ août 2013 (lire en ligne)
  9. (en) Xeni Jardin, « Lavabit, email service Snowden reportedly used, abruptly shuts down », Boing Boing,‎ 8 août 2013 (lire en ligne)
  10. a, b et c (en) Joe Mullin, « Lavabit founder, under gag order, speaks out about shutdown decision », Ars Technica,‎ 14 août 2013 (lire en ligne)
  11. (en) Ted Samson, « Lavabit shutdown marks another costly blemish for U.S. tech companies », InfoWorld,‎ 9 août 2013 (lire en ligne)
  12. (en) John Ribeiro, « After Lavabit, Silent Circle also shuts down its encrypted email service », PC World (consulté le 9 août 2013)
  13. (en) Somini Sengupta, « 2 E-Mail Services Close and Destroy Data Rather Than Reveal Files », The New York Times,‎ 8 août 2013 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]