Latif

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Al-Latīf.

Le latif est un cas qui indique un déplacement en direction d'un endroit déterminé, avec une idée de limitation du mouvement. Il correspond aux prépositions anglaises to, into, up to, as far as. Le latif appartient au groupe des cas spatiaux (ou : locaux) généraux, au même titre que le locatif ou le séparatif.

Le latif est typique des langues ouraliennes et constituait l'un des cas proto-ouraliens. Il existe toujours dans un grand nombre de langues ouraliennes, comme le finnois, l'erzya, le moksha et le mari oriental. On le trouve aussi dans certaines langues du nord-est du Caucase, comme le tsez, le bejta et le kwarchi.

Le latif en finnois[modifier | modifier le code]

En finnois, le latif est en grande partie obsolète. On en trouve encore trace dans divers adverbes, par exemple alas (vers le bas), kauemmas (plus loin, avec déplacement), lähemmäs (plus proche de), pois (idée de départ), ou rannemmas (indiquant un rapprochement vers un rivage). La désinence du latif est habituellement -s.

En finnois moderne, il a été supplanté par un système plus complexe de cas locatifs et d'enclitiques.

Le latif en tsez[modifier | modifier le code]

Dans les langues du nord-est du Caucase, comme le tsez, le latif reprend aussi les fonctions du datif pour ce qui concerne le marquage du récipiendaire ou du bénéficiaire d'une action. Certains linguistes les considèrent toujours comme deux cas distincts dans ces langues, bien que leurs désinences soient exactement les mêmes. D'autres linguistes les listent à part, dans l'unique but de différencier les cas syntaxiques des cas locatifs. Voici un exemple concernant le verbe montrer (littéralement faire voir) :

Кидбā ужихъор кIетIу биквархо.
kidb-ā uži-qo-r kʼetʼu b-ikʷa-r-xo
fille:OBL-ERG garçon-POSS-DAT/LAT chat:[III]:ABS III-voir-CAUS-PRES
"La fille montre le chat au garçon."

Le datif/latif sert aussi à indiquer la possession, comme dans l'exemple suivant, en raison de l'absence d'un verbe avoir :

Кидбехъор кIетIу зовси.
kidbe-qo-r kʼetʼu zow-si
fille:OBL-POSS-DAT/LAT chat:ABS être:PST-PST
"La fille avait un chat."

Le datif/latif se présente, comme dans les exemples ci-dessus, combiné avec un autre suffixe en tant que cas latif-possessif : il ne s'agit cependant pas d'un cas distinct, puisque de nombreux cas locatifs en tsez sont construits analytiquement, mais bien d'une combinaison de deux suffixes casuels. Voir l'article tsez pour plus de détails.

Les verbes indiquant une perception ou une émotion (comme voir, savoir, aimer, vouloir) demandent aussi un sujet logique au datif/latif ; remarquez que dans l'exemple suivant le datif/latif utilisé est « pur », sans suffixe possessif.

ГIалир РатIи йетих.
ˁAli-r Patʼi y-eti-x
Ali-DAT/LAT Fatima:[II]:ABS II-aimer-PRES
"Ali aime Fatima."

Sources[modifier | modifier le code]