Joseph Michel Antoine Servan

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Joseph Michel Antoine Servan, né le 3 novembre 1737 à Romans-sur-Isère et mort le 5 novembre 1807 à Saint-Rémy-de-Provence, est un homme public, juriste et philosophe français.

Ses sujets de prédilection furent l'enseignement et d'éducation. L'influence des Lumières fut déterminante quant à sa pensée. Critique vis-à-vis des jésuites, soutenu par les Encyclopédistes, ami de Voltaire, il admirait la Chine et magnifiait l'esprit de famille. Il critique fermement les défauts de l'enseignement supérieur au XVIIIe siècle, en particulier dans les facultés de droit. Admirateur de Frédéric II de Prusse et de l'enseignement en Allemagne, Servan est connu aussi bien en ce pays qu'en Suisse, aux États-Unis et en Russie. Opposé à l'enseignement du droit en langue latine, il est favorable à l'éducation publique. Dès 1781, puis en 1789, il conçoit l'éducation comme l'école du patriotisme, à l'égal de Rousseau qu'il a connu en 1768. Mais il tient de Lessing son action en faveur du rôle des femmes en politique. Correspondant de Rœderer et de Neufchâteau, Servan aussi connu en Suisse le pédagogue Johann Heinrich Pestalozzi et peut-être Philipp Albert Stapfer. Commentateur de Montaigne, il tente de définir l'éducation et soutient l'enseignement du grec ancien et des langues vivantes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de droit, il fut nommé avocat général au Parlement de Grenoble à l'âge de 27 ans.

Dans son "Discours sur La justice criminelle" (1766), il émettait une critique éloquente contre les abus de la législation criminelle de l'Ancien Régime et en réclamait la réforme dans le sillage du libéralisme de Montesquieu, du contractualisme à la Rousseau et de la sécularisation des délits et des peines selon Beccaria.

En 1767, il se rendit célèbre en défendant une femme protestante qui, suite à la révocation de l'édit de Nantes, avait été abandonnée par son mari.

Il fut l'un des premiers membres de l'Académie Delphinale en 1772.

En 1772, alors que le parlement refusait d'accéder à sa requête selon laquelle un cadeau fait par un grand seigneur à une chanteuse puisse être annulée pour immoralité, il démissionna et se retira.

Élu député aux États généraux de 1789, il en refusa le mandat pour raisons de santé. Par ses écrits et différents projets il participa tout de même au débat concernant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Il refusa par ailleurs son siège au Corps Législatif en 1807, sous l'Empire.

Il eut deux frères :

  • Joseph Servan de Gerbey (1741-1808) fut ministre de la guerre en 1792
  • l'abbé Michel Servan, ecclésiastique, historien.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Discours sur la justice criminelle (1766)
  • Réflexions sur les Confessions de J.-J. Rousseau (1783)
  • Réflexions sur la réformation des États provinciaux. Par un ancien magistrat du Parlement de Grenoble (1788)
  • Essai sur La formation des assembles nationales, provinciales, et municipales (1789)
  • Commentaire sur un passage du livre de M. Necker (Tableau des dépenses de la France)
  • Discours sur les mœurs
  • Discours sur les connaissances humaines en général
  • Lettre aux commettants du comte de Mirabeau
  • Lettre à M. Rabaut de Saint-Étienne sur la raison et la logique
  • Des assassinats et des vols politiques
  • De l'influence de la philosophie sur l'instruction criminelle
  • Des Révolutions dans les grandes sociétés civiles
  • Doutes d'un provincial proposés à MM. les médecins-commissaires chargés par le Roi de l'examen du magnétisme animal
  • Adresse aux amis de la paix (1789)
  • Projet de déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789)

Sources[modifier | modifier le code]

Adolphe Rochas, Biographie du Dauphiné, T2, 1860, p. 405

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres de Servan [Texte imprimé] Nouvelle édition augmentée de plusieurs pièces inédites, avec des observations et une notice historique par X. de Portets,...: Servan, Joseph-Michel-Antoine (1737-1807), Paris,les éditeurs, 1822-1825, 5 vol., in-8 fulltext Gallica.bnf.fr