Faux timbre

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Un faux timbre est un timbre-poste réalisé de manière illégale pour tromper soit l'autorité émettrice (un État, une administration postale), soit les collectionneurs dans le cas de pièces de collection. L'objectif du faussaire peut être l'appât du gain, mais aussi la prouesse artistique (Jean de Sperati parlait de « philatélie d'art ») ; la propagande peut également animer la création de faux pour tromper la poste.

Objectifs de la falsification[modifier | modifier le code]

Faux pour tromper la poste[modifier | modifier le code]

Le premier but est de tromper l'autorité postale en utilisant de faux timbres sur l'affranchissement du courrier au lieu des timbres-poste officiels.

Le faussaire peut appartenir à un réseau dont le but est de vendre à bas prix ces timbres à des revendeurs qui les cèderont au public à un prix proche du tarif normal.

Quelques exemples de timbres classiques falsifiés (avant 1900) :

  • le One shilling vert à l'effigie de la reine Victoria est l'objet d'une fraude par un télégraphiste de la Bourse de Londres dans les années 1870 : il gardait les vrais timbres et affranchissait les télégrammes avec des faux. Il aurait ainsi détourné 10 000 livres sterling.

Faux de propagande[modifier | modifier le code]

Faux timbre créé par la propagande allemande en 1944 à partir d'un timbre britannique de 1935.
Faux timbre « Futsches Reich » de l'opération Corn Flakes en 1945.

Au cours de guerres, dans le cadre d'opération de propagande à destination de la population ennemie, des armées impriment de faux timbres-poste pour affranchir ces courriers. Les timbres peuvent être le plus rigoureusement identiques aux vrais. Une différence volontaire peut avoir un but de propagande.

Le plus souvent, en temps de paix, les mouvements politiques ou indépendantistes recourent sur le courrier à des vignettes et des porte-timbres imitant les atours d'un timbre-poste (dentelure, nom du pays, valeur faciale).

Faux pour tromper les collectionneurs[modifier | modifier le code]

Des faux sont également réalisés pour tromper les collectionneurs selon deux perspectives.

La première est la création d'imitations de timbres cotés, souvent rares.

La seconde comprend les tromperies à partir d'un timbre authentique pour le faire passer pour un autre. Le faussaire ajoute une surcharge ou une oblitération. Ce peut être aussi une réparation non signalée à l'acheteur : regommage d'un timbre neuf, réparation de dents usées[1].

Méthodes[modifier | modifier le code]

Comme pour la fausse monnaie, la création de faux timbres-poste nécessite la reproduction, par les faussaires, du processus de fabrication : choix du papier et de l'encre, gravure et impression, fabrication de la dentelure.

Certains cas interrogent sur la récupération du matériel d'imprimerie inutilisé et qui n'a pas été détruit.

Parades[modifier | modifier le code]

Les administrations postales et les imprimeurs de timbres-poste tentent, dès le processus de création du timbre, d'empêcher le travail de falsification depuis l'introduction du timbre postal en 1840. Pour les pièces anciennes, les collectionneurs doivent s'en remettre à la connaissance et à l'expertise pour reconnaître les faux des authentiques.

Le papier[modifier | modifier le code]

Le filigrane est utilisé très tôt dans l'histoire philatélique.

La méthode d'impression[modifier | modifier le code]

Parce qu'elle nécessite une maîtrise de la gravure, la taille-douce est une méthode d'impression choisie pour tenter de rendre plus difficile la reproduction d'un timbre. Le premier timbre émis, le Penny Black, est aussi le premier imprimé avec cette méthode.

Des timbres en héliogravure et en offset ont la réputation de pouvoir être reproduits avec ressemblance par des imprimantes perfectionnées.

La dentelure[modifier | modifier le code]

Avec le perfectionnement des machines perforatrices, des dentelures irrégulières (variation du diamètre du trou sur un même timbre) ont fait leur apparition à la fin du XXe siècle.

Au Royaume-Uni, Royal Mail a introduit une perforation elliptique dans la moitié inférieure latérale de ces timbres pour rendre plus difficile la reproduction de la dentelure. La solution est proposée par l'imprimeur Harrison & Sons[2]. Postes Canada a introduit une perforation en forme de feuille d'érable sur des émissions conjointes en 2005 et 2007.

Les timbres autocollants sont conditionnés avec une dentelure comme les timbres gommés. Ondulée ou identique à une dentelure classique, elle permet de mieux détacher les timbres du support et aussi de gêner le travail des faussaires qui peut être facilité par timbres autocollants aux côtés rectilignes.

L'expertise philatélique[modifier | modifier le code]

La consultation d'un expert philatélique aide le collectionneur à pouvoir authentifier un timbre une pièce de collection ou une marque postale.

L'expert philatélique appose sa signature selon un code précis au dos de la pièce expertisée. Néanmoins, un certificat d'authenticité permet d'assurer la validité de l'expertise à un moment donné. En effet, le timbre peut être modifié après apposition de la signature d'expert sur le papier, voire le cachet de cette signature peut servir frauduleusement ou avec légèreté.

Faussaires célèbres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Outils pour réparer les dents ! », article publié sur le Blog philatélie, 28 janvier 2007.
  2. « King Fisher », entretien avec Keith Fisher, chef du service Philatélie de Royal Mail de 1984 à 1991, réalisé par Richard West, publié dans Stamp Magazine, volume 73 n°3, daté mars 2007, pages 50-54. D'après Fisher, cette perforation elliptique est connue sous le nom d'« Howlett's hole » au sein de la poste britannique, du nom du responsable d'Harrison & Sons des relations avec Royal Mail.