Faire-part

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Modèle de faire-part

Le faire-part est le moyen utilisé pour annoncer une nouvelle à son entourage. On peut envoyer un faire-part à ses amis, à la famille ou encore à ses collègues de travail, et ce pour les prévenir d'un événement donné. Ainsi, on peut envoyer un faire-part pour informer d'une naissance, d'un baptême, d'un mariage, de fiançailles, d'une ordination, d'une première communion, d'une confirmation, d'un décès.

Le faire-part peut, dans certains cas, être accompagné d'un carton d'invitation.

Le faire-part est généralement imprimé et transmis par courrier (voie postale). Il arrive qu'il prenne la forme d'un fichier informatique et soit transmis par courriel. Des sites internet spécialisés dans le web to print permettent aujourd'hui de personnaliser en ligne les faire-part.

Contenu du faire-part[modifier | modifier le code]

Le faire-part contient :

  • les personnes qui « font part » de l'événement (par exemple les parents et autres ascendants pour un mariage)
  • l'événement lui-même (naissance, baptême, mariage, décès)
  • la date et le lieu de l'événement.

Histoire du faire-part[modifier | modifier le code]

L'origine du faire-part est ancienne.

  • Le faire-part remonte à ce qu'on appelait la lettre de décès que l'on faisait porter. On retrouve d'ailleurs un tarif de 1671 fixant à 30 sols le port d'une telle lettre. Les lettres de décès sont de format rectangulaire, et portent souvent des vignettes ou une lettre ornée, toujours le V mis pour : "Vous êtes priés d'assister…", avec des ossements, des larmes blanches, des sabliers. Un faire-part s'envoie quelques jours après l'événement qui les motive et s'adresse aux personnes qui n'ont pas reçu d'invitation (dans le cas des mariage et des décès) ou à tous dans le cas d'une naissance[1].
  • Au début du XIXe siècle les lettres de décès s'agrandissent considérablement et atteignent un format d'in-plano.

C'est sous Louis-Philippe que la forme du faire-part de décès se fixe sous la forme que nous lui connaissons encore aujourd'hui : les ornements disparaissent et la lettre est entourée d'un bord à l'origine noir et désormais gris ou de couleur.

Les faire-part de naissance[modifier | modifier le code]

Les faire-part de mariage[modifier | modifier le code]

Les types de faire-part de deuil[modifier | modifier le code]

Selon des usages anciens, aujourd'hui souvent oubliés ou méconnus, il est d'usage de faire imprimer des lettres de deuil pour annoncer le décès d'un parent ou d'un alliè sans famille. Les annonces dans la presse peuvent compléter les lettres d'invitation ou les faire-part.

Si le défunt était notoirement connu (par ses fonctions, position sociale ou renommée au-delà du cercle des intimes), les amis et relations peuvent être destinataires de l'une des deux lettres de deuil suivantes : la lettre d'invitation aux obsèques et le faire-part de décès

La lettre d'invitation aux obsèques[modifier | modifier le code]

Cette lettre destinée à toutes les personnes parentes, alliées et amies ainsi qu'aux relations qui, pense-t-on, pourront assister aux obsèques. Elle est imprimée et envoyée en toute hâte. Elle se présente d'ordinaire sous forme d'une lettre double avec, éventuellement, un motif rappelant la religion du défunt. Puis elle est glissée dans une enveloppe assortie avec une patte triangulaire qu'il est de bon ton de ne pas cacheter, mais de rabattre à l'intérieur.

Ce sont uniquement les proches parents qui invitent dans l'ordre suivant : le(s) veuf ou veuve du défunt, les enfants et petits-enfants majeurs, les grands-parents, les frères et sœurs et leur conjoint ; les autres parentés sont incluses sous le terme générique : « et toute la famille ».

Le faire-part de décès[modifier | modifier le code]

Il est envoyé, dans la quinzaine suivant le décès aux personnes qui n'ont pu assister aux obsèques ou que l'on n'a pas souhaité inviter. C'est également une "lettre double" ou quelquefois un « carton en bristol » que l'on insère dans une enveloppe à patte triangulaire. On y donne plus de détail que dans la lettre d'invitation sur les circonstances du décès (d'une longue maladie, accidentellement, subitement…) ou les titres, fonctions et décorations du défunt. Tous les membres de la famille sont nommés jusqu'aux cousins issus de germains, en indiquant leur degré de parenté. Des imprimeurs spécialisés proposent un grand choix de faire-part.

Répondre à un faire-part[modifier | modifier le code]

La politesse exige qu'une personne qui reçoit un faire-part y réponde rapidement, le plus souvent par carte (carte de visite, de condoléances, de félicitation).

Les collections de faire-part[modifier | modifier le code]

L'analyse et le dépouillement des faire-part sont très utiles pour les recherches historiques, sociologiques et généalogiques.

Il en existe quelques fonds importants :

  • Archives de Paris: collection cotée V.7 E composée de 300 cartons, du XVIIe siècle à nos jours (classement dans l'ordre alphabétique de noms).
  • Bibliothèque généalogique de Paris: près de 400 000 faire-part, celui-ci a été numérisé par GeneaNet et le cabinet de généalogie Coutot-Roehrig.
  • Minutier central des notaires de Paris (conservés aux Archives Nationales dans la sous-série AD XXC):
    • AD XXC 96 à 107. Collection de faire-part mortuaires de 1654 à 1877. Inventaire analytique dactylographié (387 pages) par André-Pierre Frantzen avec supplément par Michel Le Pesant (15 pages dactylographiées), donnant le nom de tous les décédés par ordre alphabétique.
    • AD XXC 108 à 120 : collection de Bastard d'Estang. Recueil reliés de lettres de faire-part de mariages et décès, classées chronologiquement. 1874 - 1900.
    • AD XXC 121 à 144 : collection de faire-part (naissances, mariages, premières messes, professions religieuses) classés alphabétiquement (XIXe-XXe siècles)
    • AD XXC 145 à 188 : collection de faire-part classés alphabétiquement (XIXe-XXe siècles)
  • Archives départementales (en général dans la série J).
  • Bibliothèque nationale de France: collection conservée au Département Philosophie Histoire Sciences de l'Homme dans le fonds dit des Recueils et consultables en salle L de la bibliothèque de recherche :
    • La série ancienne cotée 8-Ln1-77 (1660-1800) est microfilmée sous la cote [Microfilm m-4770]. Exemple : billet de part du décès de Montesquieu.
    • La série moderne est conservée sous la cote 8-Ln1-77 qui dans le catalogue ne renvoie qu'à un seul faire-part mis pour l'ensemble, soit près de 400.000. Cette collection est régulièrement alimentée par les dons des particuliers, les travaux de ville ne relevant pas du dépôt légal. Exemples : faire-part de décès de Léon Gambetta, Charles Gounod
  • Bibliothèque de l'Université de Gand.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne, 1867

 

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Legros, "Essai sur les faire-part. Continuité et variations de 1667 à 1993", Revue de la Bibliothèque Nationale, no 49, 1993 ; p. 31-34.
  • Françoise Lévêque (dir.), Faire-part de naissance: Une histoire en images, Paris, Bibliothèque de l'heure joyeuse, 2004. (ISBN 9782915327120)