Eau sèche

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L'eau sèche est une substance se présentant comme une fine poudre blanche formée de gouttelettes d'eau enrobées d'une pellicule de silice. Elle a été nommée ainsi car elle est constituée d'eau à 95 % mais ne mouille pas les surfaces avec lesquelles elle est en contact. Elle peut être produite assez facilement en dispersant des nanoparticules de silice hydrophobe dans de l'eau à l'aide d'une tige d'agitation à 19 000 tours par minute pendant 90 secondes, ce qui enrobe complètement les gouttelettes[1].

Le concept a été breveté en 1968 et a été étudié en particulier pour son potentiel d'applications dans l'industrie des cosmétiques[2]. Deux chercheurs du Collège de France, Pascale Aussilous et David Quéré, ont notamment travaillé sur le sujet au début du siècle[3] et publié leurs travaux dans la revue Nature en été 2001[4], tandis que d'autres équipes reprenaient ces travaux au Royaume-Uni, à l'université de Hull en 2006, et, plus récemment, à l'université de Liverpool, afin d'en explorer les applications potentielles.

Andrew Cooper et ses équipes ont ainsi montré en 2008 que le méthane est efficacement absorbé par l'eau sèche en formant un clathrate stable jusqu'à -70 °C à pression atmosphérique[5]. Ceci permet d'envisager des modes de transport alternatifs du gaz naturel ainsi qu'un moyen de véhiculer des gaz explosifs en limitant les risques de détonations.

Ben Carter, travaillant avec Andrew Cooper, a par la suite présenté des travaux complémentaires lors du 240e colloque national de l'American Chemical Society qui s'est tenu à Boston, Massachusetts, du 22 au 26 août 2010. Très médiatisées, les perspectives présentées à cette occasion sont en effet prometteuses, notamment du point de vue de la protection de l'environnement. L'eau sèche pourrait ainsi permettre de développer des technologies efficaces de séquestration du dioxyde de carbone, le CO2 se liant trois fois plus abondamment à l'eau sèche qu'à l'eau naturelle ; étendu à l'ensemble des gaz à effet de serre, ce type de technologies pourrait jouer un rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique[2].

L'eau sèche constituerait également un catalyseur efficace de la conversion, en présence d'hydrogène, de l'acide maléique en acide succinique[2], un composé organique au carrefour de nombreux procédés industriels.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) “Dry water” could be the next storage medium for dangerous chemicals, io9.com, 25 août 2010.
  2. a, b et c (en) 'Dry Water' Could Make a Big Splash Commercially, Help Fight Global Warming, ScienceDaily, 26 août 2010.
  3. DES GOUTTES D'EAU INDÉFORMABLES, page datant de 2002 exposant les propriétés insolites de ce type de substance.
  4. (en) Pascale Aussillous et David Quéré, « Liquid marbles », Nature, vol. 411,‎ 21 juin 2001, p. 924-927 (lire en ligne) DOI:10.1038/35082026
  5. (en) Chemists create 'powdered methane', Nature news, 3 septembre 2008. DOI:10.1038/news.2008.1077