Douglas Harding

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Douglas Harding, de face avec la barbe, en 1984

Douglas Harding () est un auteur de spiritualité non-dualiste. Il a créé le concept Vivre sans tête[1].

Vivre sans tête[modifier | modifier le code]

Douglas Harding est né en 1909 à Lowestoft dans le Suffolk en Angleterre, le dans une famille de fondamentalistes chrétiens, les Frères de Plymouth dont il fut excommunié en 1930[2]. Après des études d'architecte, il exerce ce métier dans lequel il connaît rapidement le succès en Angleterre et en Inde[2].

L'auto-portrait de Ernst Mach

Un événement déterminant de son expérience se serait produit alors qu'il découvrit un auto-portrait, « vue depuis l'œil gauche », du physicien et philosophe Ernst Mach dessiné de son point de vue[3], c'est-à-dire ne reproduisant que ses pieds, ses jambes, ses mains, ses bras et son torse, sans sa tête ni son visage[2]. Dans un de ses ouvrages, Harding, décrit ce qu'il perçoit comme une réalisation importante dans sa vie :

« Le plus beau jour de ma vie – ma nouvelle naissance en quelque sorte – fut le jour où je découvris que je n’avais pas de tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte que coûte. Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de tête. Je découvris instantanément que ce rien où aurait dû se trouver une tête, n’était pas une vacuité ordinaire, un simple néant. Au contraire, ce vide était très habité. C’était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout – au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées et, bien au-delà d’elles, aux cimes enneigées semblables à une rangées de nuages anguleux parcourant le bleu du ciel. J’avais perdu une tête et gagné un monde. Tout cela me coupait littéralement le souffle. Il me semblait d’ailleurs que j’avais cessé de respirer, absorbé par Ce-qui-m’était-donné : ce paysage superbe, intensément rayonnant dans la clarté de l’air, solitaire sans soutien, mystérieusement suspendu dans le vide, et (en cela résidait le vrai miracle, la merveille et le ravissement) totalement exempt de « moi », indépendant de tout observateur. Sa présence totale était mon absence totale de corps et d’esprit. »[4].

C.S. Lewis a exprimé son intérêt pour cette "vision" et a rédigé une préface d'un de ses livres[2].

Douglas Harding est décédé le à Nacton (en).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vivre Sans Tête (On having no head. Zen and the Rediscovery of the Obvious, 1961), Le Courrier Du Livre, 1978, 144 p.
  • La Troisième voie. La science et l'art de la réalisation du soi (Look for Yourself. Science and Art of Self-realisation, 1998), Les Éditions du Relié, 2000, réed. Albin Michel, coll. "Espaces libres", 2005, 384 p.
  • L'immensité intérieure. Redécouvrir notre nature originelle, L'Originel / Accarias, 2002, 220 p.
  • Les religions du monde (Religions of the world, 1966), L'Originel / Accarias, 1999, 174 p.
  • La Science de la 1re Personne (The science of the 1st person, 1974), Éditions Dervy, 1998
  • Le petit livre de la vie et de la mort (The little book of life and death, 1988), Éditions Dervy, 1997, 208 p.
  • Le Procès de l'Homme qui disait qu'il était Dieu (The Trial of the Man who said he was God), Les éditions du relié, 1996, 440 p.
  • Renaître à l'évidence, Le Courrier du Livre, 1995
  • Vivre sans stress. L'accès direct à votre paix intérieure (Head off stress, 1990), L'Originel / Accarias, 1994, 370 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Esalen: America and the Religion of No Religion, Jeffrey J. Kripal (en), University of Chicago Press, 2007, p. 193
  2. a, b, c et d Douglas Harding, Mystic writer 'of genius' dans The Independent
  3. « Blick aus dem linken Auge » (dans Beiträge zur Analyse der Empfindungen), Ernst Mach, 1886 Sur le site de Central European University
  4. Douglas Harding, Vivre sans tête, Paris, le Courrier du livre,‎ 2009 (ISBN 9782702907146).

Liens externes[modifier | modifier le code]