Daosheng

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Daosheng 道生, philosophe et traducteur chinois, moine bouddhique chinois (v. 360-434), fondateur de l'école du Nirvana qui fut importante sous le règne de l'empereur Wu des Liang.

Élève doué, il commença ses études au monastère du mont Lu Shan où il devint l'un des principaux disciples de Huiyuan (de 397 à 401). Il y étudia notamment les texte de l'école Sarvastivada sous la direction de Sanghadeva. Vers 405, il se rend à Chang'an où il collabore à la traduction du Sutra du Lotus et du Vimalakirti sutra au sein de l'école de traduction de Kumarajiva dont il devient l'un des « quatre grands disciples », puis retourne auprès de Huiyan au mont Lu pour y achever son existence. Il y étudie alors le Sutra du Nirvana et l'impose comme la référence de l'école du Nirvana qui s'implante alors en Chine.

Dans son interprétation de ce sutra, censé contenir l'enseignement ultime du Bouddha, Daosheng considère le Mahayana comme une voie de salut universel. Tous les êtres, y compris ceux qui n'ont pas la foi, possèdent la bouddhéïté ou nature de Bouddha. Il n'y a donc pas de différence entre la vacuité, vérité ultime des sutra de la sagesse et la bouddhéïté du sutra du Nirvana.

Selon Daosheng, la bouddhéïté se réalise d'un seul coup par une illumination instantanée et subite. C'est cette bouddhéïté présente en chacun qui entre dans le Nirvana, le samsara n'étant que le chemin conduisant à cette union finale avec Bouddha. Si une pratique préliminaire est nécessaire pour parvenir au "but ultime", elle ne se confond pas avec l'expérience de l'illumination qui est soudaine, parfaite, immédiate et indivisible. On peut donc s'y préparer, mais on ne peut pas l'acquérir petit à petit. Pour Daosheng, bouddhéïté et vacuité sont donc synonymes de Nirvana, état suprême dénué de qualité et de forme, mais accompagné d'un intense sentiment de félicité. La boudhéïté étant immanente à tous les êtres, Daosheng niait l'existence d'une Terre pure tel que l'enseignait Huiyan et développait une théorie de la rétribution selon laquelle les actes bénéfiques ne produisent pas de Karma. Celui-ci provient de l'activité de l'esprit. Si l'on mène une vie active tournée vers le bien, tout en s'efforçant de neutraliser les mouvements de son esprit, on transcende la loi du Karma et par là le samsara.

Ses thèses, considérées comme révolutionnaires furent d'abord mal accueillies et provoquèrent son exclusion de la communauté monastique. Mais, après la traduction complète du sutra du Nirvana, Daosheng fut réhabilité.

Ses thèses sur l'universalité du Mahayana, sur la bouddhéïté et l'illumination soudaine jouèrent un grand rôle dans le bouddhisme chinois ultérieur, donnant le départ du débat entre gradualisme et subitisme et contribuant à donner au bouddhisme chinois ses tendances les plus caractéristiques.

De l'œuvre de Daosheng ne subsistent que quelques fragments conservés dans des ouvrages collectifs et les commentaires de ses traductions.

Bibliographie[modifier | modifier le code]