Contrat masochiste

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Le contrat masochiste du, ou de la masochiste, et de son dominant ou dominatrice, est un engagement écrit ou verbal qui établit les règles avant toute relation. C'est un pacte qui identifie l'acte à venir comme étant agréé par les parties qui en définissent les limites.

Selon Gilles Deleuze[modifier | modifier le code]

« C’est le pacte qui unit le masochiste à son bourreau, le rôle de "l'esclave éducateur. » « L’erreur serait de penser que la dominatrice dirige réellement le jeu : elle n’est dominatrice qu’en apparence. La séance repose sur un pacte : le masochiste n’est qu’en apparence tenu par les fers et les liens. Il n’est tenu que par sa parole. Le contrat masochiste n’exprime pas seulement le consentement de la victime, mais le don de persuasion, l’effort pédagogique et juridique par lequel la victime dresse son bourreau[1]. »

« Le second caractère du masochisme, encore plus opposé au sadisme, est le goût du contrat, l’extraordinaire appétit contractuel. Le masochisme doit être défini par ses caractères formels, non pas par un contenu soi-disant dolorigène. Or, de tous les caractères formels il n’y en a pas de plus important que le contrat. Pas de masochisme sans contrat avec la femme. Mais l’essentiel, justement, c’est que le contrat se trouve projeté dans la relation de l’homme avec une femme dominante[2]. »

Pour que la relation soit librement consentie, elle doit dépendre d'un contrat. Certains couples évoquent des pseudo-obligations. Et ils trouvent plus excitant d'écrire le contrat et de le signer. Néanmoins le contrat est plus souvent verbal. Il peut être explicite ou implicite. Le dominé peut exprimer des suggestions. Il peut formuler par sous-entendus pour faire comprendre indirectement à son maître ou sa maîtresse ce qu’il ou elle a envie de vivre dans la relation. Et ce qu’il ou elle rejette absolument. Ils sont, suivant l'expression chère à Sacher-Masoch, des « suprasensuels[3]. » Les contrats proposés par Sacher Masoch furent à plusieurs reprises écrits et signés.

La « forme du contrat  » Pour Gilles Deleuze « Le masochisme ne peut pas se séparer du contrat, mais en même temps qu’il le projette sur la femme dominante, il le pousse à l’extrême, en démonte les rouages et, peut-être, le tourne en dérision[4] ».

Le contrat aujourd'hui dominatrice dominé[modifier | modifier le code]

Les couples se connaissent bien et ils ont formulé, le plus souvent, des contrats verbaux ou signés tels qu'indiqué dans la section ci-dessus. Les hommes en quête proposent quelquefois des listes de pratiques qu’ils cochent selon leur programme. Il leur arrive d’envoyer des courriels à toutes les dominatrices ayant un site, un blog ou un simple courriel. Ils proposent aux dominatrices de cocher, à leur tour, la liste de leurs pratiques et ils choisissent la dominatrice en fonction de leurs réponses. C’est une forme d’accord réciproque. Et donc, c’est un contrat.

Certains se présentent chez les dominatrices avec une prétendue lettre de motivation qui n'est autre qu'un programme (le leur). Dès lors il s’agit d’une proposition de contrat. En général, il est accepté par la dominatrice. Quelques-unes, pour la forme, lanceront une phrase : « Tu ne crois quand même pas que tu vas dicter ton état d’esclave. » Mais, évidemment, elles tiendront compte de la lettre.

Quelques dominatrices ou quelques dominateurs ont, sur leur site, une liste de questions-réponses sur laquelle les individus énoncent clairement qu’ils sont à l’écoute de celui ou celle qui viendra à eux. C’est une forme de proposition de contrat. D'autres sont dans le malentendu, ils/elles disent refuser les programmes, et imposer ce qu'ils ou elles veulent. Ils/elles ne peuvent pas prétendre être dans le consensuel.

Le contrat homme dominateur femme dominée[modifier | modifier le code]

Les femmes soumises le sont en général en couple. Quelques rares masochistes pures et dures ont des attitudes dominantes dans la recherche du maître. Et elles ressemblent fort, dans leur démarche, à celle des hommes masochistes. C'est le cas des témoignages de Satis, Margot, Agathe dans le livre[5].

D'après les psychanalystes et les philosophes[modifier | modifier le code]

« Nous demandions : pourquoi le masochisme projette-t-il le contrat dans sa relation avec une femme dominante ? C’est que, plus profondément, l’application de la loi paternelle est ainsi remise entre les mains de la Femme ou de la Mère. De ce transfert, le masochiste attend ceci : que la loi lui donne précisément le plaisir qu’elle était censée lui interdire. Car ce plaisir que la loi paternelle défend, il le goûtera par la loi, dès que la loi dans toute sa rigueur lui sera appliquée par la femme. Derrière les premières apparences on découvre un caractère réel du masochiste : en fait, son extrême soumission signifie qu’il tourne en dérision le père et la loi paternelle. Reik écrivit un des meilleurs livres sur le masochisme ; c’est que, pour en déterminer l’essence, il partait des caractères formels. Il en distinguait quatre : l’importance primordiale de la fantaisie comme préliminaire indispensable à l’exercice masochiste ; le facteur suspensif où le plaisir final est au maximum repoussé, remplacé par une attente qui contrôle et dissout l’anxiété ; le trait démonstratif, exhibition renversée proprement masochiste ; le facteur de provocation où le masochiste « force une autre personne à le forcer ». Il est étrange que Reik n’ait pas tenu compte du contrat. Mais l’étude des facteurs précédents l’amenait déjà à conclure que le masochiste n’avait nullement une personnalité faible et soumise, rêvant l’anéantissement de soi-même : le défi, la vengeance, le sarcasme, le sabotage et la dérision lui semblaient autant de traits constitutionnels du masochisme[2]. »

Sur un article de Philosophie Magazine le maître dominateur Hieros prend la parole et nous dit : « Nous touchons là le cœur du sadomasochisme, érotisme fondé sur un contrat entre deux parties. »[6]

Contrats de Sacher Masoch[modifier | modifier le code]

  • Le contrat entre Sacher Masoch et Wanda[7]
  • Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher Masoch[8]
  • Récit d'un contrat de Sacher-Masoch, ce qu'il y a d'intéressant dans ce texte, c'est la façon dont la victime dresse sa bourrelle. Il lui dicte ce qu'elle doit faire. Et à la fin, il exige qu'elle porte des fourrures pour le châtier[9].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Paris, Éditions de Minuit,‎ 1er février 1967 (ISBN 2-707-30332-1)
    présentation de la Vénus à fourrure et essai sur le masochisme
  2. a et b Gilles Deleuze [1]
  3. Tout au long de sa littérature et plus précisément dans La Vénus à la fourrure, Sacher Masoch se qualifie de « Suprasensuel ». La puissance, la jouissance du cérébral est telle qu'elle l'emporte sur la jouissance du corps, la sensualité au-delà du corps
  4. Gilles Deleuze article en ligneMultitudes Web - 02. De Sacher-Masoch au masochisme.
  5. Annick Foucault, Françoise Maîtresse, éd Gallimard, « collection Digraphe », 1994.
  6. Philosophie magazine N°09521 du magazine
  7. Le contrat entre Sacher-Masoch et Wanda [2]
  8. Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher Masoch [3]
  9. Récit d'un contrat de Sacher-Masoch, [4]<