Chien (arme)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chien (homonymie).

Le chien est la pièce mécanique qui met le feu à la poudre dans les armes à feu anciennes ou qui sert à percuter l’amorce de la cartouche dans les armes plus modernes.

Au début des armes à feu à poudre noire, l’allumage de celle-ci se faisait en présentant avec la main, devant la cheminée à poudre, une mèche en étoupe allumée ou de l’amadou. Puis, au début du XVe siècle en France, ce fut l’invention de la platine à mèche qui contient tout le mécanisme de mise à feu, et principalement l’évolution technique du chien.

Chien à mèche[modifier | modifier le code]

Allumage automatique de Léonard de Vinci

Vers la dernière partie du XVe siècle, on va inventer la platine à mèche ; mécanisme qui va présenter la mèche lente, allumée au début de l’action, qui est tenue dans les mâchoires d’un support à bascule nommé serpentin retenu en arrière par un ressort. Un levier (ex-queue de détente) fait pivoter le serpentin (chien) sur son axe et vient présenter la mèche sur la charge d’amorçage située dans le bassinet. En relâchant le levier, le chien reprend sa position initiale.

Léonard de Vinci étudia également la possibilité d’améliorer l’allumage des armes à feu. Le dessin[1] montre trois exemples de mécanismes pour ouvrir la gargousse et mettre simultanément le feu à la poudre. La mèche est allumée dans la bouche du « serpent », en appuyant sur la queue de détente elle s’abaisse en même temps que l’ouverture de la gargousse et met le feu à la poudre (grâce à la mèche allumée).

Chien à silex[modifier | modifier le code]

Chien à silex

La platine à silex apparut en Europe vers la mi-XVIe siècle et sous la forme dite « française » au début du XVIIe siècle. Elle remplace le système à rouet et à la chenapan.

Le chien porte le silex entre ses mâchoires (1) et, au moment de la détente, vient frapper la batterie (2). Au moment du choc, le silex produit des étincelles, soulève de couvre-bassinet (3) et enflamme la charge déposée dans le bassinet (4).

Chien à percussion[modifier | modifier le code]

Platine à percussion

La platine à percussion ou à piston fut créée suite à l'invention en Europe au tout début du XIXe siècle (vers 1808) de l'amorce au fulminate de mercure par Jean Lepage (1807-1808) et l'encapsulage de cette amorce par François Prélat. Ce système, qui utilisait la même mécanique que la platine précédente, se différenciait par la forme du chien qui perdit son système de mâchoires au profit d’un embout qui venait frapper une amorce placée sur la cheminée (qui venait à la place du bassinet) et qui enflammait instantanément la poudre dans la culasse.

En 1840, cette platine fut généralisée et en usage en Europe jusqu’en 1865.

Platine à silex modifiée en percussion

Les armes munies de l’ancienne platine à silex furent aisément modifiées en adaptant une cheminée (rep. 1 de la photo de gauche) à l’emplacement du bassinet et en modifiant la tête du chien (rep. 2).

Chien à broche[modifier | modifier le code]

platine à broche
A : à broche, B : annulaire, C : centrale

Surtout utilisé sur les armes de chasse, à percussion à broche se présentaient sous plusieurs variantes :

  • Percussion à broche (rep. A): Inventé en France vers 1836, le chien vient frapper directement une broche, partie verticale en saillie de la cartouche, qui transmet le choc à une amorce détonante interne semblable à celle d’une arme à percussion moderne.
  • Percussion annulaire (rep. B): le percuteur vient frapper le bourrelet creux de la cartouche, la déformation de celui-ci fait exploser la charge détonante qu’il contient et transmet le feu à la charge de poudre.

La résistance du bourrelet et du culot doit être assez élastique pour pouvoir se déformer mais assez rigide pour encaisser la pression due à l’explosion. Inventé par un Français, en 1849, ce système ne connut qu’un court succès dans les armes de guerre (1866-1873), mais est encore en usage pour le tir sportif à l’arme ancienne.

  • Percussion centrale (rep. C): la cartouche, portant une amorce à percussion centrale, est introduite dans la culasse mobile. Le chien vient frapper un percuteur dont la pointe vient frapper l’amorce (voir photo).

Chien de revolver[modifier | modifier le code]

Chien de revolver

C’est en 1836 qu’apparut la première platine de revolver avec un chien à percussion directe, quand Samuel Colt inventa le revolver, le Colt Paterson. L'action de tirer le chien en arrière fait tourner en même temps le barillet d'une chambre qui se présente devant le canon. L'arme est en effet équipée d'un cylindre rotatif, un barillet, contenant plusieurs chambres équipée d'une cheminée pour enflammer la poudre [2]. L’Américain Rollin White déposa un brevet en 1855 pour introduire une cartouche par l'arrière du barillet percé de bout en bout, dispositif auquel Colt ne croyait pas. C'est au cours de la guerre de Sécession qu'apparurent une grande quantité d'armes à étui, se chargeant par la culasse. D'abord la carabine Sharps à un coup, puis la Spencer à répétition manuelle dont le chien est apparent. S'ensuivit une grande quantité de conversion de révolver à la cartouche métallique. Qu’elle soit à simple ou à double action, la platine a le même type de chien. Sur ce type d’arme, l’armement peut se faire soit en tirant le chien en position arrière avec le pouce (simple action ou S.A), soit en appuyant sur la détente qui ramène le chien en arrière avant de retomber pour percuter l’amorce (double action ou D.A)[3].

L'amorce est posée seule sur la cheminée pour un modèle à percussion [4]. L'amorce est placée dans le fond (culot) de la cartouche pour une arme dite à balle. La cartouche à balle se compose d'un étui métallique contenant l'amorce, la poudre et l'ogive. L'ogive qui est le projectile, correspond au calibre du canon par le diamètre intérieur du canon ou le fond de ses rayures qui servent à donner une rotation à l'ogive pour une stabilité dans l'air qui préserve sa précision. L'ogive peut être de formes différentes. Plate pour le tir à la cible, pointue pour la guerre ou la chasse ou pointe creuse pour s'élargir en s'écrasant ce qui améliore sa puissance d'arrêt. Pour les révolvers à percussion, le marteau du chien est plat pour écraser l'amorce et faire exploser le fulminate. Pour la cartouche métallique, il est pourvu d'un percuteur qui enfonce l'amorce pour la faire exploser.

Pour les fusils et pistolet, on adopta une culasse mobile pourvue d'une aiguille ou percuteur pour enfoncer l'amorce de la cartouche [5], et d'un chargeur pour améliorer la rapidité et la capacité du tir.

Sur les armes modernes, l’armement se fait par recul de la culasse manuellement par un verrou ou un levier (simple action), ou par emprunt des gaz (semi-auto) ou par rafales (Automatique).

Lexique[modifier | modifier le code]

Bassinet : pièce creuse recevant l’amorce (dose de poudre) sur les armes à mèche, rouet, chenapan ou à silex,

Batterie : ensemble de pièces permettant la mise à feu.

Cheminée : pièce cylindrique creuse vissée sur la culasse, portant l’amorce et transmettant le feu à la poudre.

Couvre-bassinet : pièce à bascule recouvrant le bassinet,

Culot : partie postérieur de la cartouche,

Gargousse : charge d’une bouche à feu contenue dans une enveloppe (papier ou tissu),

Piston : désignation populaire du système de mise à feu à percussion,

Serpentin : sorte de chien maintenant la mèche pour les Rouets

culasse : partie renforcée du fond du canon contenant la charge.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Codex Madrid I, f.18v.
  2. Caranta/Cantegrit, L'aristocratie du Pistolet, édition Balland, p. 178
  3. F.Wilkinson, Les armes à feu et leur histoire, Éditions Princesse,‎ 1977
  4. Dominique Venner, Le livre des armes, imprimerie Hérissey,‎ 1976, p. 95
  5. Dominique Venner, Le livre des armes, imprimerie Hérissey,‎ 1976, p. 152

Articles connexes[modifier | modifier le code]