Centre hospitalier universitaire de Cocody

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Centre hospitalier universitaire de Cocody
Image illustrative de l'article Centre hospitalier universitaire de Cocody
La bâtisse caractéristique du centre hospitalier de Cocody.
Présentation
Coordonnées 5° 20′ 40″ N 3° 59′ 38″ O / 5.344536, -3.9939945° 20′ 40″ Nord 3° 59′ 38″ Ouest / 5.344536, -3.993994  
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Ville Mermoz, Cocody, Abidjan
Adresse Boulevard de l'université
Fondation juin 1970
Assurance maladie inexistante
Services
Service d’urgences déconseillé
Géolocalisation sur la carte : Abidjan

Le Centre hospitalier universitaire de Cocody, est un hôpital public de troisième niveau de référence inauguré en juin 1970, situé à Abidjan en Côte d'Ivoire. Il est érigé en établissement public à caractère industriel et commercial le 6 juin 1984.

Historique[modifier | modifier le code]

Peu avant l'indépendance du pays, il est créé le 9 octobre 1959 un centre hospitalier à Abidjan[1]. C'est une formation sanitaire conduite par un directeur assisté d'une commission administrative. Elle fonctionne pendant une décennie environ et préfigure les centres hospitaliers universitaires qui seront successivement créés.

Avant la dissolution, le 18 février 1970, du centre hospitalier d'Abidjan, il est créé, le 9 septembre 1966, le centre hospitalier universitaire d'Abidjan. Dix ans plus tard, le 22 décembre 1976, naît avec celui de Treichville, le Centre hospitalier universitaire de Cocody. Ce nouvel établissement sanitaire s'installe en lieu et place de l'hôpital de Cocody, spécialement conçu pour l'enseignement et la recherche médicale.

Le complexe hospitalier a été fermé d'octobre 1995 à octobre 1996 pour une réhabilitation complète grâce à une coopération japonaise[2]. Par la suite, à l'instar de l'ensemble des installations de santé du pays, ses services et son fonctionnement se sont considérablement dégradés dès le début des années 2000.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le centre hospitalier de Cocody est constitué de quatre bâtiments. L'immeuble icône du complexe est composé de treize étages, et consacré aux hospitalisations sur huit de ces étages[2].

Le Centre hospitalier universitaire de Cocody dispense des soins d’urgence, propose des examens de diagnostic ainsi que des consultations et des traitements. Il offre en outre des possibilités d'hospitalisation aux malades. Diverses initiatives de développement d'actions de médecine préventive sont également menées par cette formation qui participe à Abidjan avec les CHU de Treichville et de Yopougon à l’enseignement universitaire et post-universitaire de type médical mais aussi, à la formation pharmaceutique, odontologique et paramédicale.

Critiques[modifier | modifier le code]

Jadis un établissement de bonne qualité, le centre hospitalier de Cocody souffre depuis la fin des années 1990 de nombreux problèmes, entre autres d'une pénurie de médecins, d'un manque d'entretien global, de corruption et de vols, ainsi que d'une très mauvaise gestion. Ces problèmes sont très régulièrement dénoncés par les Abidjanais et les médias ivoiriens, et ce malgré de récentes tentatives de réhabilitation de différents services de l'hôpital qui n'ont, en réalité, jamais résolu les problèmes chroniques de l'établissement.

Scandale Awa Fadiga[modifier | modifier le code]

Un fait divers en particulier acheva de jeter le discrédit tant sur le centre hospitalier de Cocody que sur l'ensemble du système de santé ivoirien : la prise en charge catastrophique entraînant le décès d'une jeune mannequin de 23 ans, Awa Fadiga, déposée aux urgences de l'établissement par les sapeurs-pompiers militaires, gravement blessée et dans un état comateux et agité, suite à une violente agression.

Selon le journal Le Monde et Jeune Afrique, Awa Fadiga a été laissée à l'abandon par le personnel soignant, depuis son arrivée aux urgences la nuit du 23 mars 2014 « aux alentours de 23 heures », jusqu'à l’arrivée de la famille à 13h00. Ainsi, pendant treize heures d’affilée, la patiente a été laissée sans assistance, couchée à même le sol, présentant un aspect général corporel boueux et sale. Seule une femme de ménage la remarquera à un moment, et nettoiera la jeune Awa et lui enfilera une paire de collants. La patiente agonise, seins nus, à même le sol des urgences et sera découverte ainsi par la famille[3],[4].

Cette version de la prise en charge d'Awa Fadiga aux urgences contredit radicalement la version du ministère de la santé, indiquant que la patiente « a reçu les premiers soins médicaux que nécessitait son état, par voie veineuse, y compris un nettoyage et des soins corporels par les filles de salle, avec eau savonneuse et antiseptique », version réfutée par la famille d'Awa et les témoins sur place[5].

La prise en charge d'Awa commence réellement une fois le règlement et l'avancement de différents frais de santé effectué par la famille d'Awa Fadiga passé 13h00[6]. L'état de traumatisme crânien nécessite la prescription d’un examen scanographique d’urgence du crâne. Seulement, l'appareil du centre hospitalier de Cocody est en panne depuis plus d'un mois. La situation de détresse respiratoire d'Awa Fadiga nécessite ainsi un transport par le SAMU au centre d’imagerie médicale de la Riviera, qui la reçoit à 15h30. Le résultat du scanner conclu à « un traumatisme méningo-encéphalique sévère avec engagement occipital, temporal et sous factoriel, et contusion oedémato-hémorragique multifocale, avec fracture de la base du crâne ». La patiente est ensuite placée sous assistance respiratoire au service de réanimation du CHU de Cocody « aux alentours de 18 heures »[5].

Awa Fadiga succombe des suites de ses blessures le lendemain 25 mars 2014 « autour de 7 H 00 du matin ». Ce décès entraîne un très fort émoi sur les réseaux sociaux, à l'annonce des conditions de prise en charge médicale d'Awa, maintes fois décriées depuis les années 2000. Les défaillances énoncés mettent à nu les problèmes graves et récurrents que subissent les populations ayant recours aux hôpitaux publics du pays, et notamment à Abidjan[6].

Ainsi, l'enchainement d'anomalies successives suivant est dénoncé :

  • La non-prise en charge spontanée de la patiente à son arrivée, pendant plus de treize heures, son état ne lui permettant pas d'avancer d'argent ;
  • Son abandon à même le sol, en raison d'un déficit criant de brancards et de lits médicalisés ;
  • La pharmacie de l’hôpital mal approvisionnée ou volée, obligeant la famille à acheter des médicaments prescrits à l'extérieur ;
  • La panne de l'appareil de tomodensitométrie (16 barrettes, acquis en 2008), obligeant la patiente dans un état critique à faire un examen à l'extérieur, rallongeant sensiblement le temps d'attente avant des soins possiblement décisifs ;

Il s'est ainsi écoulé plus de dix-huit heures entre son arrivée au services des urgences et sa prise en charge par le service de réanimation.

Le 15 juillet 2013, le média en ligne Koaci.com rapportait déjà les pannes longues et fréquentes des équipements de radiologie du centre hospitalier, et selon ses sources, pointe négligences, manquements et laxisme de la part du directeur de l'hôpital, Jean-Claude Kouassi. Quant aux fonds alloués à des travaux pour les appareils de stérilisation, d'importantes sorties d'argent auraient été effectuées sans justification[7]. Le 1er avril 2014, Bende Kouadio, chef du service autonome de contrôle et de l’évaluation du CHU de Cocody, accuse à son tour la première autorité de l'établissement de « négligence notoire », affirmant que le directeur général ne fait pas remonter plusieurs informations sur l'équipement et l'état des services, alors même que le personnel de l'hôpital doit faire face à des pannes nombreuses et fréquentes et d'un déficit de maintenance et de matériel criant[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret (Côte d'Ivoire) n° 59-188 du 9 octobre 1959, portant création d'un centre hospitalier à Abidjan, J.O. 1959, P. 943
  2. a et b Chu de Yopougon contre Chu de Cocody : Le populaire défie le luxe - article de Koffi.net publié le 30 novembre 2009
  3. Maureen Grisot, « L'agonie d'Awa au CHU d'Abidjan », sur Le Monde.fr,‎ 29 mars 2014 (consulté le 3 avril 2014)
  4. Issiaka N'Guessan, « Côte d'Ivoire : ce que l'on sait sur le décès d'Awa Fadiga », sur Jeune Afrique.com,‎ 1er avril 2014 (consulté le 3 avril 2014)
  5. a et b Service de communication du ministère, « Explications suite au décès de Mademoiselle Fadiga Awa au CHU de Cocody », sur sante.gouv.ci,‎ 25 mars 2014 (consulté le 3 avril 2014)
  6. a et b Cissé Sindou, « La mort de Fadiga Awa dévoile la honte du système de santé : 1 seul scanner pour les 3 CHU! », sur educarriere.ci,‎ 29 mars 2014 (consulté le 3 avril 2014)
  7. Wassimagnon, « Côte d’Ivoire : CHU de Cocody, scanner et table télécommandée du service radiologie en pannes depuis un mois », sur koaci.com,‎ 15 juillet 2013 (consulté le 3 avril 2014)
  8. « Un chef de service accuse sa tutelle », sur nordsudquotidien.com,‎ 1 avril 2014 (consulté le 3 avril 2014)