Bataille de Hoa Moc

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Combat de Hoa-Moc
Informations générales
Date 2 mars 1885
Lieu Tuyên Quang, Vietnam
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau français France Drapeau : Chine Empire de Chine
Black Flag Army Flag.jpg Pavillons noirs
Commandants
Drapeau : FranceGiovanninelli Drapeau : Chine Tang Jingsong
Black Flag Army Flag.jpg Liu Yongfu
Forces en présence
Drapeau : France 3 400 hommes 6 000 hommes
Pertes
Drapeau : France: 76 tués, 408 blessés Drapeau : Chine : 1 000 tués, 2 000 blessés
Guerre franco-chinoise
Batailles
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Coordonnées 21° 49′ N 105° 13′ E / 21.817, 105.217 ()21° 49′ Nord 105° 13′ Est / 21.817, 105.217 ()  

Géolocalisation sur la carte : Viêt Nam

(Voir situation sur carte : Viêt Nam)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Hoa Moc.

Le combat de Hoa-Moc du 2 et 3 mars 1885 est un épisode de la guerre franco-chinoise (août 1884 - avril 1885) survenu au Tonkin, dans l'actuelle province vietnamienne de Tuyên Quang : la brigade du colonel Giovanninelli du Corps Expéditionnaire du Tonkin bat les Pavillons noirs, l'Armée du Yunnan et débloque le poste français assiégé de Tuyen Quang.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre franco-chinoise, au Tonkin, dans Tuyên Quang de l'actuelle province vietnamienne de Tuyên Quang : deux compagnies du 1er bataillon de la Légion étrangère commandés par le chef de bataillon Marc-Edmond Dominé sont assiégées par les Pavillons Noirs depuis le 21 décembre 1884.

Article détaillé : siège de Tuyên Quang.

Vainqueur de l'armée du Kouang-Si à Dong-Son le 13 février 1885, Brière de l'Isle, laissant la brigade Négrier à Lang-Son, rejoint Hanoï et avec la brigade Giovanninelli marche sur Tuyen Quang.

Ordre de bataille chinois[modifier | modifier le code]

Sous le commandement personnel de Liu Yongfu (Lu-Vĩnh-Phước en vietnamien) sont rassemblés environ 6 000 hommes (Pavillons Noirs et soldats réguliers chinois) qui tiennent trois lignes de tranchées successives s'appuyant à l'est sur la Rivière Claire et à l'ouest sur les flancs de la montagne.

Ordre de bataille français[modifier | modifier le code]

La brigade de Giovanninelli est renforcée à sept bataillons d'infanterie :

Bataille[modifier | modifier le code]

Carte des batailles de Yu Oc (19 novembre 1884) et de Hoa Moc (2 mars 1885)

Le 2 mars la colonne de secours, avec à sa tête le général Brière de l’Isle et commandée par le colonel Giovaninelli, accroche les Chinois, à Hoa Moc, à 8 km de la citadelle.

La colonne se heurte à trois lignes successives de palissades et de tranchées dans un défilé fortifié par Liu Yongfu. La configuration du terrain ne permet ni à l'artillerie ni à la flottille d'appuyer l'infanterie par ses tirs.

Après un bombardement, un peloton de tirailleurs tonkinois est envoyé pour aborder les tranchées chinoises qui semblent abandonnées mais une fusillade à bout portant tue ou blesse 20 hommes. Tôt dans l'après-midi, Giovanninelli décide d'attaquer le flanc gauche de la ligne défensive chinoise. Le premier assaut est fait par le bataillon Turco de Comoy. L'assaut est repoussé.

Un deuxième assaut français est lancé par le bataillon d'infanterie de marine de Mahias. L'attaque est repoussée, occasionnant de lourdes pertes. Giovanninelli renforce alors les attaquants avec le bataillon d'infanterie de marine de Lambinet pour un troisième assaut qui prend une grande partie des premières tranchées ennemies. Pour faire diversion, Liu Yongfu a lancé une contre-attaque contre le flanc français, mais il a essuyé de lourdes pertes.

Pendant la nuit du 2 mars les chinois et les Pavillons Noirs contre-attaquent pour récupérer les tranchées qu'ils avaient perdues, mais ils sont repoussés à la baïonnette par les Turcos de Comoy dans un combat au corps à corps.

Au matin du 3 mars, Giovanninelli attaque avec sa brigade entière la ligne de tranchée toujours dans les mains ennemies. L'infanterie française charge, s'attendant à une fusillade à bout portant. Au lieu de cela, les tranchées ennemies sont désertes. Les chinois et les Pavillons Noirs avaient évacué leurs positions avant l'aube, laissant libre l'accès à Tuyen Quang.

Dans cette bataille, la colonne de renfort a perdu 400 hommes dont 34 officiers.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le matin du 3, la garnison est débloquée par les renforts de la colonne de secours, en tête de laquelle marchent les deux autres compagnies du bataillon de la Légion, commandées par le capitaine Frauger. Coûteuse, la victoire de Giovanninelli a débloqué la garnison de Tuyen Quang. L'Armée du Yunnan et les Pavillons Noirs ont levé le siège et se sont retirés à l'ouest. Brière de l'Isle a loué le courage de la garnison en difficulté dans un ordre du jour largement cité : « Aujourd'hui, vous jouissez de l'admiration des hommes qui vous ont délivré avec un coût très lourd. Demain, toute la France vous applaudira ! »


Ordre du jour du général Brière de l’Isle à la 1re Brigade en date du 5 mars 1885[modifier | modifier le code]

Vous venez d’ajouter une glorieuse page à l’histoire du corps expéditionnaire. Après vos victoires sur la route de Chu à Lang-Son, sans vous accorder un repos déjà bien mérité, j’ai dû vous demander de nouveaux efforts, vous conduire à de nouveaux dangers. L’entrain que vous avez montré dans vos belles marches de Lang-Son à Hanoï et sur les rives de la rivière Claire a prouvé que vous sentiez l’importance de vos nouvelles opérations. Le 2 mars, vous avez rencontré l’armée chinoise, descendue du Yun-Nan, retranchée dans une série d’ouvrages formidables, sur un terrain d’une difficulté inouïe. L’ennemi, renforcé de tous les bandits de Luu-Vinh-Phuoc, avait annoncé bien haut qu’il vous barrerait la route de Tuyen-Quan, assiégé avec rage par lui. Sans tenir compte du nombre de vos adversaires, vous avez enlevé de vive force les ouvrages de Hoa-Moc après une lutte de près de vingt-quatre heures. Le résultat a répondu à vos sacrifices, et, le 3 mars, vous serriez la main des braves de l’héroïque garnison que vous veniez d’égaler. Honneur à vous tous !

Décoration[modifier | modifier le code]

  • TUYEN-QUAN 1885, HOA-MOC 1885 sont inscrits sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille [1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par filiation, les drapeaux des 2e, 4e, 6e, 8e, 11e, 21e, 22e et 24e Régiment d'Infanterie de Marine portent la même inscription.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Troupes de Marine 1622-1984, Paris, Lavauzelle, 1986.
  • Histoire de France contemporaine, Paris, Larousse, 1916.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]