Léogâne

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Léogâne
Administration
Pays Drapeau d'Haïti Haïti
Département Ouest
Arrondissement Léogâne
Code commune 0121, 0121
Démographie
Population 181 709 hab. (est. 2009)
Densité 472 hab./km2
Géographie
Coordonnées 18° 30′ 39″ N 72° 38′ 02″ O / 18.510833, -72.63388918° 30′ 39″ Nord 72° 38′ 02″ Ouest / 18.510833, -72.633889  
Altitude 20 m
Superficie 385,23 km2
Localisation

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Léogâne

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Léogâne

Léogâne, anciennement Léogane (sans accent circonflexe), est une commune d'Haïti, située dans le département de l'Ouest, et chef-lieu de l'arrondissement de Léogâne.

Située à quelques kilomètres de la capitale Port-au-Prince, sa population est estimée à 181 709 habitants[1](recensement par estimation de 2009).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site de Léogane aurait été le siège du Caciquat du Xaragua. Le royaume de Xaragua fut dirigée par Bohéchio, lequel succéda à Anacaona, sa sœur la femme de Caonabo qui dirigea alors la Maguana. Anacoana était douée d'un génie supérieur à son sexe et même à celui des peuples de l'Ile de Saint-Domingue, et avait pour les Espagnols des sentiments d'affection et les inspira à son frère. Celui-ci mourut sans enfants et laissa le royaume à sa sœur Anacoana". Au delà de son rôle politique, elle a laissé l'image d'une poétesse et "samba" qui exécutait des chansons. Cette région de Léogane a toujours été considérée comme l'une des régions les plus prospères de l'île d'Hispaniola.

Parmi les colons fondateurs d'Yaguana, dont la prononciation française a fait Léogane, était d'Ogeron qui fut gouverneur de la colonie française de Saint-Domingue en 1665. En 1669, Léogane ne comptait que 50 hommes portant armes. Le peuplement se fit sur deux sites : L'Ester et la Petite Rivière, siège de la paroisse Saint-Jacques. En 1694, d'Ogeron vint résider à Léogane, ce qui en consacra l'établissement comme capitale de la colonie.

En 1691, les Anglais attaquèrent la Petite Rivière, mais furent repoussé par les habitants ; en 1701, on voulut réunir l'Ester et La Petite Rivière mais la diversité des opinions les conserva l'un et l'autre. En février 1710 un incendie ravagea la Petite Rivière, ne laissant que six ou sept maisons et l'église ne fut pas reconstruite.

L'Ester fut attaqué en octobre 1694 par les Anglais. À cette occasion monsieur Guy Couttard, conseiller au conseil souverain, se distingua, mais il y eut 40 hommes morts ou blessés. Le 7 août 1702, une nouvelle attaque des Anglais eut lieu, sans succès. La paroisse de l'Ester fut supprimée par une ordonnance du 15 avril 1711. La paroisse Sainte-Rose de Lima, sise à Léogane, succéda aux deux paroisses de La Petite Rivière et de L'Ester.

En 1697, le conseil souverain puis supérieur de la colonie de Saint-Domingue fut transféré du Petit Goave, ruiné par les Anglais, à Léogane[2].

En 1915, les forces militaires des États-Unis débarquent en Haïti et occupent le pays jusqu'en 1934. Les forces américaines se déploient dans le pays sans incidents majeurs sauf à Léogâne, où Charlemagne Péralte commandant de la sécurité militaire de la région refuse de déposer les armes et le drapeau national sans en avoir reçu l'ordre officiel des autorités haïtiennes.

Le 12 janvier 2010, Léogâne fut largement détruit par un seisme meurtrier (qui toucha surtout l'agglomération de Port-au-Prince, la capitale haïtienne). Selon l'ONU, 80 à 90 % des bâtiments de la ville ont été endommagés. Le nombre de victimes s'élèverait entre 5 000 et 10 000 morts[3]. L'épicentre de ce séisme se trouvait sur la commune[4]. Plusieurs organisations internationales sont intervenues tels la Croix-Rouge, Médecins Sans Frontières, CARE, Save The Children, Oxfam, IOM, etc. Plusieurs agences des Nations Unies étaient également présentes pour assurer la coordination de l'aide.

Administration[modifier | modifier le code]

La commune est composée de la ville de Léogâne, et de 13 sections communales :

  • Dessources
  • Petite Rivière
  • Grande Rivière
  • Fond de Boudin (dont le quartier « Trouin »)
  • Palmiste à Vin
  • Orangers
  • Parques
  • Beauséjour
  • Citronniers
  • Fond d'Oie
  • Gros Morne
  • Cormiers
  • Petit Harpon

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

  • Le Fort Campan, aujourd'hui en ruines et abandonné, est construit vers 1806 à Beauséjour, sur les collines. Il fait partie du système défensif mis au point par Jean-Jacques Dessalines après la révolution d'indépendance, dans l'éventualité d'un retour des Français, anciens maîtres de la colonie de Saint-Domingue.

Économie[modifier | modifier le code]

La canne à sucre, le manioc, les haricots de plusieurs variétés, la banane plantain, le maïs, sont les principales ressources économiques de la population. On y cultive aussi beaucoup d'autres choses et on pratique l'élevage des animaux domestiques.

Léogâne est réputée pour son tafia, un alcool à base de canne à sucre.

Culture[modifier | modifier le code]

Elle est la capitale du Rara, une fête populaire alliant musique et chant qui débute le lendemain du Mercredi des Cendres et se termine le lundi de Pâques. Le « Rara » date de la période amérindienne, c'est-à-dire avant la colonisation espagnole de l'île d'Haïti. Cependant, cette fête populaire subit des transformations systématiques, notamment après 1804, où elle devient une manifestation du vaudou, prenant une dimension publique (ce que l'on voit dans la rue) et une dimension ésotérique pour les initiés des kabbales du vaudou (Bizango, zopob et sampwèl ou champwèl)[5]. Depuis l'émergence du populisme avec Aristide en 1990, le Rara se politise de plus en plus.

La vie théâtrale est animée par le Club des Stars, une troupe active depuis 1993, offrant des spectacles à différentes occasions. Elle compte notamment : Lanmou Kreyol, On a tue le Soleil, Refrain Noir, Fou de Michel, etc. La Ville compte deux clubs de football en première Division: le Cavaly et le Valencia. Le stade se nomme Parc Gérard Christophe et peut accueillir environ 15 000 spectateurs. Le footballeur Jean-Jacques Pierre fit ses débuts au Cavaly.

Sur le plan musical, plusieurs grands noms de la musique légère haïtienne sont originaires de Léogâne. Parmi les plus récents, on peut citer Carole Demesmin, Rodrigue Milien, Samuel Lubin "Kessy" (idéologue du Régime Lavalas), qui donnent des spectacles à travers le monde. Il y a aussi Robinson Auguste, Nadege Dugravil, Steevee Dog, etc. Le vaudou occupe une place prépondérante chez les habitants de la « Cité de la Reine Anacaona », avec un mélange de rituels africains, tainos et chrétiens. Les houngans et mambos, prêtres et prêtresses du vaudou, y pratiquent activement la zombification, forme d'endormissement magique d'un humain en vue de le réduire en esclavage. Chaque houngan ou mambo dispose d'une chambre à zombies et sait comment pratiquer la zombification[6].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le film Tourbillon, écrit et réalisé par le leoganais Dr Yves Boissonniére [7], est un long métrage de fiction traitant du vaccin du SIDA, de voyages clandestins et de l'amour impossible de deux jeunes étudiants. Ce film ayant reuni une centaine d'acteurs provenant de Leogâne et d'ailleurs, est sorti en 2004. Il a remporté le prix du Meilleur scenario (Best screenplay award) et le prix de Meilleur premier film réalisé (Best Directorial Debut Award ) à New- york et à Hollywood[8].

Démographie et problèmes sociaux[modifier | modifier le code]

La population de Léogâne est estimée à plus de 200 000 habitants, dont 3/4 ont moins de 35 ans. La préoccupation des jeunes de la cité se tourne autour de l'attente d'un visa pour émigrer, car le chômage fait rage.

Personnalités liées à Léogâne[modifier | modifier le code]

  • Guy Couttard, flibustier, conseiller au conseil souverain puis supérieur de la colonie. D'une famille d'origine inconnue, il fut un compagnon de Jean Ducasse, gouverneur de la colonie et participa au Sac de Carthagène en 1697. Sa descendance pris le nom de Coutard puis Coustard.
  • Charles Auger (1640-1705), décédé à Léogane, gouverneur de Saint-Domingue
  • Anne Pierre Coustard de Massi (1741-1793), né à Léogane en 1741, petit fils de Guy Couttard, garde du corps puis officier des mousquetaires du Roi, révolutionnaire nantais, député de la Loire-Inférieure à l'Assemblée législative et à la Convention, Girondin, qui ne vota pas la mort de Louis XVI.
  • Charlemagne Péralte (1886-1919), commandant de la sécurité militaire de la région lors de l'occupation américaine en 1915, il refuse de déposer les armes et d'amener le drapeau national.
  • Castel Demesmin (1900-1957), né à Léogâne, avocat, tribun hors pair, député de Léogâne, ministre de l'Intérieur de Dumarsais Estimé, membre de la délégation haïtienne à l'ONU lors de la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme à Paris en 1948[9]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] (fr) Population totale, par sexe et population de 18 ans et plus estimées en 2009, au niveau des différentes unités géographiques sur le site de l'Institut haïtien de statistique et d'informatique (IHSI)
  2. Pour l'histoire de l'origine de Léogane, l'on se reportera à Médéric Louis Elie Moreau de Saint-Méry : "Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'isle de Saint-Domingue", tome II. Pages 1085 et suivantes. Troisième édition. mars 2004. Société française d'histoire d'outre-mer. ISB?N 2 85970 026 9.
  3. Article du Parisien du 16 janvier 2010
  4. Cartographie du séisme par Services and Applications for Emergency Response (SAFER)
  5. Moshe Idel, Les kabbalistes de la nuit
  6. Moshe Idel, Les kabbalistes de la nuit ou encore Magie noire et sorcellerie dans le vaudou.
  7. boissonniere.com
  8. http://www.imdb.com/Sections/Awards/New_York_International_Independent_Film_And_Video_Festival/2005-6
  9. Cf. Michel-Rolph Trouillot, Les racines historiques de l'État duvaliérien, 1986. Le formatage du totalitarisme de Duvalier se fait sous Dumarsais Estimé, dont François Duvalier est ministre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Moreau de Saint-Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'isle Saint-Domingue, Philadelphie, Paris, Hambourg, 1797-1798, (réédition, 3 volumes, Paris, Société française d'histoire d'outre-mer, 1984), pp. 1 085-1120.
  • Alande Paul, Les Associations Culturelles et le processus de developpement communautaire en Haiti, le cas de la commune de Leogane, Memoire de Maitrise, INJS Yaounde juillet 2002.