Élections législatives régionales de 2000 dans le Schleswig-Holstein

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Siège du Landtag, à Kiel.

Les élections législatives régionales de 2000 dans le Schleswig-Holstein (Landtagswahl in Schleswig-Holstein 2000) se sont tenues le 27 février 2000, afin d'élire les soixante-quinze députés de la quinzième législature du Landtag de Schleswig-Holstein, pour un mandat de cinq ans.

Contexte : la coalition rouge-verte[modifier | modifier le code]

Au cours des élections législatives régionales du 24 mars 1996, le SPD, dirigé par la ministre-présidente sortante, Heide Simonis, investie en cours de mandat après la démission de Björn Engholm, avait perdu la majorité absolue dont il disposait depuis huit ans, du fait d'un recul de plus de six points, passant ainsi sous les 40 %, une première depuis 1967.

La CDU, au pouvoir dans le Land presque sans interruption entre 1946 et 1988, était conduite par son président régional et ancien secrétaire d'État fédéral, Ottfried Hennig, restait en deuxième position, améliorant son score de presque quatre points.

Grâce au bon score de l'Alliance 90 / Les Verts, qui faisaient leur première entrée au Landtag depuis leur première tentative, en 1979, Simonis a pu se maintenir au pouvoir, dans le cadre d'une coalition rouge-verte disposant de 39 députés sur 75.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Article connexe : Système électoral allemand.

Le Landtag comprend 75 députés, dont 40 élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. En outre, chaque parti ou association électorale doit constituer une liste régionale comprenant autant de candidats que de sièges à pourvoir au total. Le jour du scrutin, chaque électeur dispose de deux voix : la première permet de voter dans une circonscription, la seconde pour une liste.

À l'issue du vote, la totalité des mandats mis en jeu est répartie à la proportionnelle suivant la méthode d'Hondt entre les listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés, à l'exception de celle présentée par la SSW, qui représente les intérêts de la minorité danoise et est donc dispensée de franchir ce seuil. Lorsqu'un parti a remporté des sièges avec les premières voix, ceux-ci sont soustraits au total obtenu sur la liste. Les sièges restés vacants se trouvent ensuite comblés par les candidats issus de cette même liste. Il est toutefois possible, avec ce système, qu'une formation obtienne dans les circonscriptions plus de sièges que son nombre de secondes voix ne lui en donne. Il dispose dans ce cas de « mandats supplémentaires » qu'il conserve. Afin de maintenir une représentation proportionnelle au Landtag, les autres formations se voient alors attribuer des « mandats complémentaires ».

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats de 1996
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Heide Simonis
(Ministre-présidente)
39,8 % des voix
33 députés
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Volker Rühe
(Ancien ministre fédéral de la Défense)
37,2 % des voix
30 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Irene Fröhlich 8,1 % des voix
6 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Wolfgang Kubicki 5,7 % des voix
4 députés
Fédération des électeurs du Schleswig-du-Sud
Südschleswigscher Wählerverband
Anke Spoorendonk 2,5 % des voix
2 députés

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP SSW
FgW 25.02.2000 36,0 % 44,0 % 5,0 % 6,0 % 4,0 %
Infratest 16.02.2000 34,0 % 45,0 % 4,5 % 9,5 % 4,0 %
FgW 04.02.2000 34,0 % 44,0 % 8,0 % 8,0 % 4,0 %
Forsa 02.02.2000 40,0 % 42,0 % 4,0 % 6,0 % 3,0 %
Infratest 28.01.2000 37,0 % 44,0 % 5,0 % 6,0 % 3,0 %
Forsa 26.01.2000 39,0 % 43,0 % 5,0 % 6,0 % 3,0 %
Infratest 12.01.2000 41,0 % 42,0 % 6,0 % 6,0 % 2,0 %
Infratest 15.12.1999 42,0 % 41,0 % 5,0 % 5,0 % 3,0 %
Dernières élections 24.03.1996 37,2 % 39,8 % 8,1 % 5,7 % 2,5 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Score[modifier | modifier le code]

Composition politique du nouveau Landtag.
Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- MU1 +/- Députés +/-
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 630 728 43,1 % en augmentation 3,3 41 en augmentation 15 41 en augmentation 8
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 515 421 35,2 % en diminution 2,0 4 en diminution 15 33 en augmentation 3
Parti libéral-démocrate (FDP) 111 649 7,6 % en augmentation 1,9 0 en stagnation 7 en augmentation 3
Alliance 90 / Les Verts (B90/Die Grünen) 91 389 6,2 % en diminution 1,9 0 en stagnation 5 en diminution 1
Fédération des électeurs du Scheswig-du-Sud (SSW) 60 367 4,1 % en augmentation 1,7 0 en stagnation 3 en augmentation 1
TOTAL (participation : 69,5 %) 1 409 554 96,2 % n/a 45 en stagnation 89 en augmentation 14

Analyse[modifier | modifier le code]

En progression de plus de trois points, les sociaux-démocrates au pouvoir repassent nettement la barre des 40 % des voix et confortent leur première place dans cet ancien bastion conservateur. Ce bon score se fait au détriment de leurs alliés écologistes qui, en perdant deux points, abandonnent le statut de troisième force aux libéraux, qui voient leur score s'améliorer dans des proportions équivalentes. Cette réussite ne permet cependant pas de compenser le recul des chrétiens-démocrates, qui se rapprochent des 35 %. Enfin, avec un petit plus de 4 % des suffrages, le parti de la minorité danoise connaît une forte progression et réalise son meilleur résultat depuis 1950.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Avec 49,3 % des voix et 46 députés sur 89, la coalition rouge-verte conserve sa majorité absolue au Landtag. Le 28 mars, Heide Simonis, réinvestie pour un troisième mandat, une performance atteinte uniquement par deux anciennes personnalités majeures du Land, Kai-Uwe von Hassel et Gerhard Stoltenberg, forme son troisième gouvernement.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]