Vanthoffite

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Vanthoffite
Catégorie VII : sulfates, sélénates, tellurates, chromates, molybdates, tungstates[1]
Général
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique MgNa6O16S4 Na6Mg(SO4)4
Identification
Masse formulaire[2] 546,494 ± 0,025 uma
Mg 4,45 %, Na 25,24 %, O 46,84 %, S 23,47 %,
Couleur incolore, parfois blanc grisâtre, à couleurs pâles, jaunâtre, brunâtre, rougeâtre, gris jaunâtre, jaune brunâtre, etc.
Classe cristalline et groupe d'espace prismatique ; groupe cristallographique 2/m groupe d'espace P 21/c
Système cristallin monoclinique
Cassure conchoïdale à sub-conchoïdale, irrégulière; inégale création de petits débris
Habitus cristaux prismatiques très rares et petits, mais surtout agrégat massif granulaire, forme massive en couche multiples encroûtement, enduit friable
Échelle de Mohs 3,5 à 3
Trait blanc
Éclat vitreux à perlé
Propriétés optiques
Indice de réfraction α=1,486, β=1,488, γ=1,489 (polyaxe)
Biréfringence Biaxial (-)
Transparence transparente
Propriétés chimiques
Densité 2,694
Solubilité soluble dans l'eau
Comportement chimique léger goût amer, parfois salé
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La vanthoffite est un corps chimique minéral cristallin naturel, soit un sulfate double de sodium et de magnésium anhydre, de formule Na6Mg(SO4)4, dont la maille élémentaire appartient au système cristallin monoclinique[3]. Elle peut s'écrire également 3(Na2SO4). MgSO4, faisant apparaître une association de sulfate de sodium ou (méta)thénardite avec le sulfate de magnésium, dans un rapport 3 pour 1.

Caractéristique des milieux d'évaporites marines, la vanthoffite forme le plus souvent une roche massive formé d'amas ou agrégats granulaires, d'éclat vitreux, fragiles et surtout friables sous pression, dévoilant ses minuscules cristaux transparents de couleur pâle ou terreuse grisâtre, souvent jaunâtre, brunâtre, rougeâtre. La roche, par sa teneur ou ses traces de sel gemme ou halite, a un goût faiblement salé et amer.

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Décrite en 1902, elle a été dédiée par l'excellente école de minéralogie allemande au chimiste hollandais Jacobus Henricus van 't Hoff, alors professeur à l'université de Berlin, qui l'avait déjà étudiée avec les composants salins de mines de Stassfurt[4].

Topotype[modifier | modifier le code]

Gîtologie[modifier | modifier le code]

Elle se rencontre surtout sous forme massive, dans les milieux de formations secondaires des évaporites marines.

Elle peut provenir aussi de dépôts de taille très réduites à proximité de plutons granitiques. Ou encore entrer dans la composition de sublimés d'évaporites au sein de scories éruptives.

Minéraux associés[modifier | modifier le code]

Cristallographie[modifier | modifier le code]

  • Paramètres de la maille conventionnelle : a = 9,797 Å, b = 9,217 Å, c = 8,199 Å ; Z = 2 ; β = 113,3° ; V = 679,98 Å3
  • Masse volumique calculée = 2,67 g cm−3, parfois 2,687 g cm−3

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

Propriétés physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Les masses de vanthoffite tendraient à absorber une forte humidité ambiante pour se muer en mirabilite, Na2SO4·10H2O et en epsomite.

Les échantillons doivent être conservés en milieu hermétique.

La blödite et la thénardite peuvent réagir et engendrer de la vanthoffite.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Van't Hoffit(e) ou minéral de Van't Hoff[5]

Gisements connus[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

  • Topoytype de Wilhelmshall, à Halberstadt, en Saxe-Anhalt
  • Mines de potasse de Berlepsch et de Douglashall, dans le district minier de Stassfurt, près de Magdebourg, en Saxe-Anhalt

Drapeau de l'Autriche Autriche

  • Mine de sel de Hall, Tyrol

Drapeau de l'Ukraine Ukraine

  • Mine de Borislav

Drapeau de la République populaire de Chine Chine

Drapeau de l'Inde Inde

Drapeau des États-Unis États-Unis

  • Bertram Siding, Imperial Company, État de Californie
  • Site d'Eddy Co., à presque 40 km de Carlsbad, État du Nouveau Mexique

Drapeau du Zaïre Zaïre

  • Association langbeinite-vanthoffite, sublimé blanc dans des scories pourpres de l'éruption du Rugarama, à Rutshuru, province du Kivu, Congo[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. Composition verrière : 34,02 % Na2O, 7,38 % MgO, 58,60 % SO3.
  4. Kubierschky (1902), Akademie der Wissenschaften, Berlin, Ber.: 21: 404.
  5. Respectivement citée par Gottlob Linck, en 1929 et Andrew M. Clark, Hey's Mineral Index: Mineral Species, Varieties and Synonyms, Chapman and Hall/CRC, 3e éd., 1993, 848 p. (ISBN 978-0412399503)
  6. Deliens, M., 1974, Les sublimés volcaniques du Rugarama (Région du Kivu, République du Zaïre). Bulletin Volcanologique 38, 124-135. En particulier, échantillon C786 du musée de Tervuren en Belgique, lire en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri-Jean Schubnel, avec Jean-François Pollin, Jacques Skrok, Larousse des Minéraux, sous la coordination de Gérard Germain, Éditions Larousse, Paris, 1981, 364 p. (ISBN 2-03-518201-8). Vanthoffite p. 336.
  • Fischer W, Hellner E, Vanthoffite, Acta Crystallographica 17 (1964), 1613-1613
  • Frederick H. Stewart, Marine evaporites in Data of geochemistry, chap. Y, U.S. Geological Survey Professional Paper, Mickaël Fleischer (éd.), 1963.
  • K. L. Keester et W. Eysel, New compounds M Na6(SO4)4 with vanthoffite structure, Acta Crystallographica Section B, Structural Crystallography and Crystal Chemistry, vol. 33, Part. 1, p. 306-307 (janvier 1977)

Liens externes[modifier | modifier le code]