Völund

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Wieland, dans la mythologie des Saxons de Grande-Bretagne, est un dieu forgeron, tout comme dans la mythologie nordique Völund (Völunðr en vieux norrois) (Edda poétique). Il a joui d'une grande célébrité au Moyen Âge sous le nom de Galan, en ancien français.

Sources[modifier | modifier le code]

Un orfèvre mythique du monde germanique est nommé Voļundr en vieil-islandais et Wēland dans les langues westiques. Cette légende des Germains de l'Est nous est indirectement attestée par un passage de la Vita sancti Severini (Ve siècle. S'étendant au monde anglo-saxon, plusieurs textes anglais (Beowulf, Complainte de Deor...) y font allusion. Mais, elle nous est connue essentiellement par le Chant de Völundr qui fait de celui-ci un prince lapon et par la Saga de Thidrek. Cette dernière lui conserve son nom bas-allemand de Vēlent[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie des deux noms est rattachée à un composé possessif *wē/alō-handu- « aux bonnes mains »[2], une désignation formulaire typique du « feu artiste »[3]

Légende[modifier | modifier le code]

Völund avait deux frères, Egil et Slagfidur (ou Slagfin). Dans l’une des versions du mythe, les trois frères découvrirent des valkyries, des princesses-cygnes, en train de se baigner. Pour ce faire, les trois valkyries, Œlrun, Alvit et Svanhvit, avaient ôté leurs habits de cygne. Les trois frères cachèrent ces habits, empêchant les trois princesses de s’enfuir en s’envolant, et ainsi purent les épouser. Quelques années plus tard, les trois princesses retrouvèrent leurs costumes de cygne et disparurent. Les deux frères de Völund partirent à leur recherche, tandis que lui resta. Dans une autre version, Völund épousa la femme-cygne Hervör et eut un fils avec elle, Heime. Hervör le quitta un peu plus tard. Dans les deux versions, il se retrouva seul mais garda une bague de son mariage. Dans le premier mythe, il forgea sept cents copies de cet anneau.

Par la suite, il fut capturé pendant son sommeil par le roi Nidud de Suède. Pour l’empêcher de s’enfuir, Nidud lui fit couper les tendons de la jambe et l’emprisonna sur l’île de Saeverstod. Il le força à forger des pièces pour lui et sa famille. La bague de Völund fut offerte à sa fille, Bodvild. Nidud, lui, prit son épée.

Pour se venger, Völund tua les deux fils de Nidud venus le voir en cachette. Il fit des gobelets avec leurs crânes qu’il offrit au roi, des bijoux avec leurs yeux, qu’il offrit à la reine, et une broche avec leurs dents, qu’il offrit à leur fille. Quand celle-ci vint le voir à son tour, il la séduit, la mettant enceinte, puis s’enfuit grâce à des ailes qu’il s’était confectionnées.

Dans la légende allemande, il est dit qu’il forgea une épée pour son fils Heime, qui fut maniée par Miming puis par Hod. On dit aussi qu’il est le Prince des Alfes noirs, de Svartalfheim.

Il est aussi associé à la Forge de Wieland, un tombeau funéraire dans le Comté d’Oxford. Ce monument mégalithique fut ainsi nommé par les Saxons, mais il leur est largement antérieur. De cette assimilation vient la superstition selon laquelle un cheval laissé une nuit entière avec une petite pièce d’argent (groat) serait retrouvé le lendemain complètement ferré, la pièce ayant disparu…

Il est le modèle ou la figure de l'idéal nordique de l'ingénieur.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Le forgeron Wieland / Völund est très proche du dieu romain Vulcain et encore davantage du dieu grec Héphaïstos. Il est initialement un dieu : le poème éddique qui lui est consacré figure dans le cycle mythologique et non dans le cycle héroïque. Il est dit « Prince des Alfes »[4]. Tous comme leurs homologues grecs et romains, Wieland / Völund sont d'anciens Feux divins et leur légende reprend plusieurs images héritées : dans le poème éddique, Völund est dit sédentaire avant même d'être mutilé, représentations typiques des feux du foyer et de la forge souvent décrits comme faibles et démunis, leur survie dépend de celui qui l'entretient. Néanmoins, paradoxe du feu, s'ils sont liés au foyer, leur flamme s'élève dans les airs (après s'être vengé en tuant les deux fils et en déshonorant la fille, il s'enfuit dans les airs)[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Haudry, Le feu dans la tradition indo-européenne, Archè, Milan, 2016, (ISBN 978-8872523438), p.322-326.
  • Claude Lecouteux, « Wieland le forgeron, les serpents et la magie », Nouvelle École, no 63, 2014.
  • Claude Lecouteux, Wieland le forgeron, in Contes, diableries et autres merveilles du Moyen-Âge, Imago, 2013 (ISBN 978-2-84952-419-0)
  • Jean-Marie Maillefer, Essai sur Völundr-Weland in Lecouteux et Gouchet (ed), 1997, p.331-352

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Haudry, Le feu dans la tradition indo-européenne, Archè, Milan, 2016 (ISBN 978-8872523438), p. 322
  2. (de) Andreas Heusler, Heldennamen in mehrfacher Lautgestalt, Zeitschrift für das deutsche Altertum, 52, 1910, p.97-107
  3. Jean Haudry, ibid., 2016, p. 325
  4. Jean Haudry, ibid., 2016, p. 322
  5. Jean Haudry, ibid., 2016, p. 323

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]