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    Renée Pellet, née le et morte le , est une femme politique suisse, la première femme à accéder à un exécutif en Suisse[1]. Elle est élue adjointe au maire à Meyrin[2], une commune du canton de Genève, en octobre 1960. Un chemin de la commune de Meyrin porte son nom depuis 2020.

    Biographie[modifier | modifier le code]

    Marthe Renée Châtelain naît à Genève le 10 janvier 1905[3]. On trouve peu d’informations sur sa vie privée, mais un tract du Mouvement féminin de Meyrin appelant à voter leur candidate, Renée Pellet, affirme qu’elle arrive en 1916 à Cointrin où elle fait ses classes[4].

    Elle épouse Alphonse Pellet en 1932 et s’installe à Meyrin[3]. Ce mariage sera de courte durée : Renée Pellet devient veuve alors qu’elle a la trentaine. Le couple n’aura pas d’enfant[5].

    Renée Pellet travaille à Genève dans l’horlogerie[6] jusqu’en 1958[5]. Elle s'engage ensuite en politique, siège trois ans à l’exécutif, puis douze ans au conseil municipal, jusqu’en 1975.

    Elle est pratiquement aveugle lorsqu'elle quitte son domicile à Meyrin pour la maison de Loëx (actuel Hôpital de Loëx), où elle célèbre le 10 janvier 1985 ses 80 ans en présence des autorités meyrinoises[7]. Renée Pellet décède à la fin de l'année, le 23 décembre, à quelques jours de son 81e anniversaire.

    La toute première en Suisse[modifier | modifier le code]

    Le 6 mars 1960, le canton de Genève accorde le droit de vote et d’éligibilité aux femmes. En octobre de la même année, a lieu dans la commune de Meyrin une élection complémentaire à la suite de la démission de l’un des deux adjoints au maire. Cette élection, qui représente l’occasion de la première manifestation du vote des femmes dans le canton, suscite beaucoup d’intérêt[8].

    Trois candidatures sont en lice : deux hommes présentés par des partis politiques : André de Garrini du parti libéral, et Virginio Malnati du parti indépendant chrétien-social ; tandis que le Mouvement féminin de Meyrin, issu du groupement communal des femmes paysannes, propose une femme, Renée Pellet[5]. Cette candidature fait l’objet de curiosité et d’enthousiasme, surtout de la part de l’électorat féminin, s’agissant du premier scrutin après l’introduction du suffrage féminin au niveau cantonal à Genève. On estime à 1624 le nombre d’électeurs (833 hommes) et d’électrices (791 femmes) inscrites dans les deux arrondissements électoraux de la commune de Meyrin[9]. La participation des femmes est pratiquement équivalente à celle des hommes : sur les 925 bulletins de vote délivrés, 430 sont déposés par des femmes et 481 par des hommes[2].

    La participation féminine produit des résultats : Renée Pellet est élue au détriment de ses deux concurrents qu’elle devance respectivement de 39 et 84 voix[10][11][3][12]. La forte mobilisation des femmes a été favorable à Renée Pellet dont la campagne s’est limitée à un tract et des affiches, face à des concurrents expérimentés, conseillers municipaux. Elle devient ainsi la toute première femme à avoir été élue au niveau exécutif en Suisse.

    Un des journaux qui rapporte l'événement pointe la portée communale de celle élection qui ne doit « pas augurer forcément d’une accession générale et rapide des femmes aux charges politiques laisser aller à une généralisation trop hâtive. Car, et les mouvements féministes le savent bien, il y a encore toute une éducation civique de la citoyenne qui est à faire avant qu’elle puisse partager, avec les citoyens, toutes les charges de la communauté politique »[13]. En effet, Il faudra attendre huit ans encore, en 1968, pour voir la première femme en Suisse à la tête d’une commune : Lise Girardin, maire de Genève ; jusqu’en 1983 pour qu’une femme siège à un exécutif cantonal : Hedi Lang à Zurich ; et en 1984 l’élection d’Elisabeth Kopp au gouvernement fédéral.

    Après la mairie, le conseil municipal[modifier | modifier le code]

    Dès son élection le 3 octobre 1960 jusqu’en mai 1963, Renée Pellet siège aux côtés du maire Edouard Stettler et du deuxième adjoint, M. Peney. Elle a la charge du service des routes, de la voirie et du social (travaux et office social, selon le CRAF 1963). Dès août 1962, elle remplace le maire qui a cessé son activité pour des raisons de santé jusqu’en début septembre 1962[14],[15].

    Meyrin connaît un essor dans les années 1960. Avec la construction de la nouvelle cité, la population se multiplie, passant de 3000 habitant-e-s dans les années 1950 à 15000 dans les années 1960. En conséquence, le système politique évolue au système politique actuel avec un conseil administratif composé de trois membres, à l’occasion des élections de mai 1963. Renée Pellet n’est pas élue conseillère administrative malgré sa candidature, tandis que ses deux concurrents de l'élection complémentaire de 1960, Virginio Malnati et André de Garrini, sont élus. L’ancienne adjointe au maire poursuit alors sa carrière politique au conseil municipal où elle siège jusqu’en 1975, toujours hors parti, affiliée à la liste du Groupement des Intérêts communaux. Elle préside le conseil municipal en 1968[7].

    Engagements en politique[modifier | modifier le code]

    Renée Pellet n'est pas affiliée à un parti politique. Elle est membre du Mouvement féminin de Meyrin et s’engage dans le groupement des femmes paysannes de la commune de Meyrin sans être elle-même paysanne[16].

    Ses premières préoccupations dès son élection portent sur le social. Elle confie par exemple qu’une infirmière-visiteuse ne suffit plus, il faudrait un centre social pour répondre aux besoins de la commune.[17]

    Le parti socialiste salue son dévouement sans relâche, soulignant qu’elle a accompli un immense travail social à la mairie de Meyrin, et souhaite qu’elle puisse le continuer en tant que conseillère administrative[15]. Cette élection ne se produira pas, pourtant l’engagement de Renée Pellet pour les causes sociales et paysannes continue au conseil municipal où elle n’hésite pas à revêtir le costume paysan genevois pour la séance d’installation du conseil municipal de juin 1971 qu’elle préside[3].

    Renée Pellet se présente comme une féministe convaincue. Son discours aux séances d’installation du conseil municipal porte une attention particulière aux femmes dont elle salue la présence, ou déplore l’absence, au conseil municipal, à chaque législature.[18]

    Reconnaissance[modifier | modifier le code]

    En 2020, soit 35 ans après la mort de Renée Pellet, la commune de Meyrin lui rend hommage[19] en nommant Chemin Renée-Pellet[20] la voie de mobilité douce qui relie le chemin du Vieux-Bureau à la rue Emma-Kammacher, une autre femme notoire de la commune de Meyrin.

    Références[modifier | modifier le code]

    1. « Communiqué de presse du Conseil d'Etat du 19 février 2020 », sur ge.ch (consulté le )
    2. a et b « Journal de Genève - 03.10.1960 - Pages 6/7 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le )
    3. a b c et d François Beuret, Commune de Meyrin, « Renée Pellet, première femme élue dans un exécutif suisse » [PDF], sur https://www.meyrin.ch/fr, (consulté le )
    4. Archives de la commune de Meyrin (ACM), Archives privées, fonds numérique Andrée Dunand, Mouvement féminin de Meyrin. Élection d'un adjoint les 1er et 2 octobre 1960.
    5. a b et c « Journal de Genève - 19.09.1960 - Pages 6/7 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le )
    6. (de) « La Sentinelle 6. März 1961 — e-newspaperarchives.ch », sur www.e-newspaperarchives.ch (consulté le )
    7. a et b A.R., Tribune de Genève, « Mme Renée Pellet octogénaire », Tribune de Genève,‎
    8. « Journal de Genève - 03.10.1960 - Pages 6/7 », sur www.letempsarchives.ch (consulté le )
    9. REF5 Pour la première fois à Genève, une femme est élue à une charge politique (supprimer après mise en forme)
    10. (de) « Le Nouvelliste 3. Oktober 1960 — e-newspaperarchives.ch », sur www.e-newspaperarchives.ch (consulté le )
    11. REF6 à mettre (supprimer après mise en forme)
    12. Lotti Ruckstuhl, Vers la majorité politique: histoire du suffrage féminin en Suisse, Association suisse pour les droits de la femme, (lire en ligne)
    13. REF7 à ajouter (supprimer la note après mise en forme de la ref)
    14. (de) « La Sentinelle 12. September 1962 — e-newspaperarchives.ch », sur www.e-newspaperarchives.ch (consulté le )
    15. a et b (de) « La Sentinelle 10. September 1962 — e-newspaperarchives.ch », sur www.e-newspaperarchives.ch (consulté le )
    16. François Beuret, « Des Meyrinoises engagées pour les droits politiques des femmes » Accès libre [PDF], sur https://www.meyrin.ch, (consulté le )
    17. Pour la première fois à Genève, une femme est élue à une charge politique (note à supprimer une fois la références correctement mise en forme)
    18. Archives pv CM (note à supprimer une fois la références correctement mise en forme)
    19. Xavier Lafargue, « La Commune de Meyrin souhaite mettre deux femmes à l’honneur », Tribune de Genève,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le )
    20. « Chemin Renée-PELLET | Noms géographiques du canton de Genève », sur ge.ch (consulté le )

    [[Catégorie:Femme politique]] [[Catégorie:Femme politique suisse]] [[Catégorie:Meyrin]]