Trompette de la mort

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Craterellus cornucopioides

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Craterellus cornucopioides
Description de cette image, également commentée ci-après

Photographie de trois exemplaires de la Trompette des morts

Classification
Règne Fungi
Division Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Ordre Cantharellales
Famille Cantharellaceae
Genre Craterellus

Nom binominal

Craterellus cornucopioides
(L.) Pers., 1825

Craterellus cornucopioides, en français la Craterelle en forme de corne d'abondance, Corne d'abondance ou Trompette des morts, est un champignon (Fungi) basidiomycète de la famille des Cantharellaceae, présent dans les forêts de l'hémisphère nord.

C'est un champignon comestible, infundibuliforme comme les chanterelles, entièrement creux et dont l'hyménium n'est pas plissé, au contraire des chanterelles.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Nom scientifique accepté[modifier | modifier le code]

Le nom binomial scientifique accepté est Craterellus cornucopioides (L.) Pers. 1825[1] (l'épithèthe cornucopioides signifiant « en forme de corne d'abondance »).

Basionyme, synonymes, et binômes obsolètes[modifier | modifier le code]

  • Cantharellus cornucopioides (L.) Fr. 1821[2]
  • Craterella cornucopioides (L.) Pers. 1797[3]
  • Craterellus ochrosporus Burt 1914[4]
  • Dendrosarcus cornucopioides (Pers.) Kuntze 1898[5]
  • Helvella cornucopioides (L.) Bull. 1791 (synonyme)
  • Merulius cornucopioides (L.) Pers. 1801 (synonyme)
  • Merulius cornucopioides (L.) With. 1792 (synonyme)
  • Merulius purpureus With. 1792 (synonyme)
  • Octospora cornucopioides (L.) Timm 1788 (synonyme)
  • Pezicula cornucopioides (L.) Paulet 1791 (synonyme)
  • Peziza cornucopioides L. 1753 (synonyme)
  • Pleurotus cornucopioides (Pers.) Gillet 1876 (synonyme)
  • Sterbeeckia cornucopioides (L.) Dumort. 1822 (synonyme)

Noms vulgaires et vernaculaires[modifier | modifier le code]

Les noms vernaculaires les plus usuels sont Corne d'abondance[6] pour sa forme, Trompette des morts[7], Trompette de la mort[8] pour sa couleur ou encore Chanterelle noire (anglo-saxon).

Description[modifier | modifier le code]

Le sporophore qui dépasse rarement 10 cm est très peu charnu et entièrement creux, en forme de trompette (cantharelloïde), évasé en entonnoir avec une marge largement festonnée et irrégulière. La cuticule est couverte d'écailles (squameuse), gris noir à brun sombre ou fauve en fonction du degré hygrométrique ; le pied est creux, de la même couleur que le chapeau et s'amincissant à la base. La face externe qui porte l'hyménium onduleux est gris bleuté. Son odeur est agréable : mélange humide, fongique et fruité rappelant la mirabelle.[9]

La variété flavicans a des teintes jaunâtres, la sous-espèce roseus des teintes rosées sur le dessus du cornet avec une teinte plus claire du pied[10]. On distingue encore var. mediosporus, var. crispus, var. parvisporus et var. multiplex.

Deux autres espèces, beaucoup plus petites avec un pied de couleur jaune, ont été décrites notamment sur base de critères géographiques, Craterellus fallax et Craterellus konradii mais la génétique moléculaire n'a pas confirmé ces espèces [11] et elle les intègre au sein de Craterellus cornucopioides[12].

Craterellus cornucopioides est proche de Craterellus cinereus dont l'hyménium est plissé. Le genre Pseudocraterellus, et notamment Pseudocraterellus undulatus, s'en distingue par une marge beaucoup plus sinueuse et par un hyménium légèrement strié et par sa couleur brun sur la face intérieure, et plutôt gris sur la face extérieure.

Habitat et distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce, très répandue, pousse par groupes essentiellement dans les forêts de feuillus (hêtres, chênes, châtaigniers, noisetiers) ou parfois sous les forêts de conifères, appréciant les sols lourds et très humides (argileux, par exemple). Elle apparaît en automne (d'août à novembre)[13], et peut être très abondante après de fortes pluies. Ce champignon est parfois difficile à distinguer du sol à cause de sa couleur sombre, de sa forme irrégulière et de sa petite taille et parce qu'il est souvent recouvert de feuilles mortes.

On le trouve en Amérique du Nord, en Europe, au Japon et en Corée. En Europe, la Trompette de la mort est généralement commune, mais elle semble être rare dans certains pays comme les Pays-Bas[14].

Consommation[modifier | modifier le code]

C'est un champignon comestible qui se sèche particulièrement bien et peut être réduit en poudre sans inconvénient[15]. Pour sécher les grands exemplaires, on peut les enfiler sur un fil et les suspendre.

Il est conseillé de conserver les trompettes de la mort environ 24 heures : elles deviennent fragiles après les avoir cueillies. On peut les garder un an après les avoir séchées, puis il faut les enfermer dans un récipient hermétique et les placer à l’abri de la lumière. Pour les réhydrater, on peut les plonger quelques minutes dans de l'eau tiède. Pour nettoyer les champignons, il suffit de les brosser doucement ou de les passer rapidement sous l’eau, puis de les essuyer.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser suppose, ce champignon est un excellent comestible.

La trompette de la mort est un champignon léger qui apporte des bienfaits à notre organisme : son apport calorique ne dépasse pas les 15 kcal/100 g. Elle comporte beaucoup de fibres (3 g/100 g), des protides (2 g/100 g), des glucides (0,5 g/100 g), des lipides (0,5 g/100 g). Ces champignons apportent également beaucoup de minéraux (potassium, phosphore, fer) et de nombreuses vitamines (B, D, E, K). Les trompettes de la mort permettent le bon fonctionnement du transit et des cellules, favorisent la circulation sanguine et le développement osseux.[16]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in: Mycologia europaea (Erlanga) 2: p.5, 1825
  2. (la) Elias M. Fries, Systema Mycologicum, vol. 1, Lund, Lundae, , LVIII-520 p. (lire en ligne), p. 321
  3. (la) Christian H. Persoon, Tentamen Dispositionis Methodicae Fungorum, Lipsiae, Apud Petrum Philippum Wolf, , XXX-706 p. (lire en ligne), p. 71
  4. (en) Edward A. Burt, « The Thelephoraceæ of North America », Annals of the Missouri Botanical Garden, vol. 1, no 1,‎ , p. 334 (lire en ligne)
  5. In: Revis. gen. pl. (Leipzig) 3(2): p. 463[réf. incomplète]
  6. http://www.rogersmushrooms.com/gallery/DisplayBlock~bid~5714.asp
  7. http://mycorance.free.fr/valchamp/champi36.htm
  8. http://champyves.pagesperso-orange.fr/champignons/fichier_htm/aiguillon/TrompettesDesMorts.htm
  9. « trompette des morts, craterelle, craterellus cornucopioides », sur mycorance.free.fr (consulté le 5 mars 2016)
  10. http://content60.eol.org/content/2009/07/24/05/74360_orig.jpg
  11. (en) M. Dahlman, E. Danell & J.W. Spatafora, « Molecular systematics of Craterellus : Cladistic analysis of nuclear LSU rDNA sequence data », Mycological Research, vol. 104,‎ , p. 388-394 (lire en ligne)
  12. http://www.mushroomexpert.com/cantharellus_clade.html
  13. Courtecuisse et Duhem 2011
  14. Bon 1988
  15. (en) Régis Courtecuisse, Collins Guide to the Mushrooms of Britain and Europe, HarperCollins, London, 1999 (ISBN 0-00-220012-0).
  16. « TROMPETTE DE LA MORT : tout sur la trompette de la mort, recettes, saison de la trompette de la mort sur Journal des Femmes Cuisine », sur cuisine.journaldesfemmes.com (consulté le 5 mars 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régis Courtecuisse et Bernard Duhem (illustrations), Guide des champignons de France et d'Europe : 1752 espèces décrites et illustrées, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Les Guides du Naturaliste », , 544 p. (ISBN 9782603016916)
  • (en) Marcel Bon, The Mushrooms and Toadstools of Britain and North-Western Europe, Hodder & Stoughton,, , 352 p. (ISBN 034039935X)

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Liens externes[modifier | modifier le code]