Trochée

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En poésie, le trochée (du grec ancien τροχαῖος / trokhaîos (« »)) est un pied élémentaire composé d'une syllabe longue (ou accentuée) suivie d'une brève (ou non accentuée). En versification russe, ce mètre s'appelle aussi un chorée (хорей).

Plusieurs mètres sont basés sur le trochée (on parle dans ce cas de mètre trochaïque) :

Définitions[modifier | modifier le code]

  • Pied élémentaire : arrangement d'au moins deux syllabes, une lourde, le macron (M) et une légère le micron (m). L'iambe, le trochée, le dactyle, le spondée, etc., en font partie.
  • Les pieds élémentaires les plus fréquemment rencontrés se nomment : anapeste, antispaste, bacchée, choriambe, crétique, dactyle, encomiologique, iambe, ioniques majeur et mineur, molosse, péon, procéleusmatique, spondée, tribraque, trochée.
  • Outre ces monomètres (vers composé d'un seul mètre), tel que le mètre trochaïque formé de deux pieds trochaïques, existent les vers multiples : dimètre, tel que le choriambionique (composé d'un mètre choriambique et d'un mètre ionique) ; trimètre, tel que l’ithyphallique (comprenant trois pieds trochaïques), tétramètre, pentamètre, hexamètre, heptamètre, octomètre, nonamètre, decamètre, etc.
  • On rencontre également des fractions de vers, tel que le penthémimère, partie de vers longue de deux pieds et demi. Ainsi le vers iambélégiaque se trouve composé d'un penthémimère iambique suivi d'un penthémimère dactylique. Il est l’inverse de l'élégiambique.
  • Dans le système de versification trochaïque, les pieds impairs sont obligatoirement homogènes (purs), alors que, dans les pieds pairs, le trochée peut être substitué, avant tout par un spondée. Dans la poésie antique, se rencontrent des mètres réguliers et, plus rarement, des mètres irréguliers.

Les mètres réguliers comprennent quatre types métriques qui correspondent à une alternance régulière de syllabes :

  • soit longues et brèves ;
  • soit accentuées et non accentuées.

Tels sont par exemple, le mètre iambique et son contraire, le mètre trochaïque (deux des pieds élémentaires).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

  • Jean-Antoine de Baïf :
    • Etrénes de poézie fransoeze an vers mezurés. Paris : s.n., 1574. Contient une (mauvaise) reproduction du psautier B manuscrit, en vers mesurés. Réimpression Slatkine (Genève, 1972).
    • Euvres en Rime, éd. Marty-Laveaux. Paris : Aubry, 1881-1890. Réimpression Slatkine (Genève, 1966). Réimpression Champion (Paris, 2002). (Premier volume des œuvres complètes, sous la direction de Jean Vignes).
    • Le Psautier de 1587 éd. Yves Le Hir. Paris : PUF, 1963. Est écrit (dans sa plus grande partie) en strophes de quatre vers dont les trois premiers sont des dimètres trochaïques et le dernier un dimètre choriambionique.
  • Théodore de Bèze :
    • Abraham sacrifiant. Genève : Droz, 1967.
    • De Francicae linguae recta pronuntiatione. Genève : Eustache Vignon, 1584. Réimpression Slatkine (Genève, 1972).
  • Didier Erasme. De recta latini graecique sermonis pronuntiatione. Paris : Robert Estienne, 1547.
  • Charles Estienne. Rudiménta latinogállica cum accéntibus. Paris : Charles Estienne, 1555.
  • Claude Lancelot. Quatre traitez de poësies, latine, francoise, italienne et espagnole. Paris : Pierre Le Petit, 1663.
  • Odet de La Noue (ou Pierre ?). Le grand Dictionnaire des Rimes Françoises. Paris : s.n., 1596. Réimpression de l'édition de 1623 : Genève, Slatkine, 1972.
  • Claude Le Jeune. Pseaumes en vers mezurez. Paris : Pierre I Ballard, 1606.
  • Marin Mersenne :
  • Jacques Peletier du Mans. Dialogue de l'Ortografe e Prononciacion Françoese. Lyon : Jean I de Tournes, 1550. Réimpression de l'édition de 1555 : Genève, Droz, 1966.
  • Estienne Tabourot. Les Bigarrures du Seigneur des Accords. Paris : Jean Richer, 1588. Réimpression Droz, Genève, 1986.
  • Jacques de La Taille. La manière de faire des vers en françois, comme en grec & en latin. Paris : Fédéric Morel, 1573.

Ouvrages récents[modifier | modifier le code]

  • Mathieu Augé-Chiquet. La vie, les idées et l'œuvre de Jean-Antoine de Baïf. Paris : Hachette, 1909.
  • Sandro Boldrini. La prosodia e la metrica dei Romani. Roma : Carocci, 1992.
  • Jean Brunel. La poésie mesurée française après Jean-Antoine de Baïf. In Claude Le Jeune et son temps en France et dans les États de Savoie, p. 264-278.
  • Benoît de Cornulier :
    • Théorie du vers. Paris : Seuil, 1982.
    • Art poëtique. Lyon : Presses Universitaires de Lyon, 1995.
  • Jacqueline Dangel. De la métrique accentuelle à la poétique du vers syllabique : prémices dans la versification latine classique. In Le vers français - Histoire, théorie esthétique, p. 167-191.
  • Alphonse Dain. Traité de métrique grecque. Paris : Klincksieck, 1965.
  • Marc Dominicy. Mihai Nasta : métrique accentuelle et métrique quantitative. In Langue française 99 (1993), p. 75-96.
  • Dom Joseph Gajard. Notions sur la rythmique grégorienne. Solesmes : Abbaye de Solesmes, 1972.
  • M. L. Gasparov. A probability model of verse (English, Latin, French, Italian, Spanish, Portuguese). In Style 21(3) (1987), p. 322-358.
  • Louis Havet. Cours élémentaire de métrique grecque et latine, 5e édition. Paris : Delagrave, s.d. (premier quart du XXe siècle).
  • Jean-Michel Gouvard. Le vers français en métrique générale. In Le vers français - Histoire, théorie esthétique, p. 23-56.
  • Maxilimien Guilliaud. Rudimens de musique practique. Paris : Nicolas Du Chemin, 1554. Réimpression Minkoff (Genève, 1981).
  • Macrobe. Commentaire du songe de Scipion tiré de la République de Cicéron, trad. Désiré Nisard. Milan : Arché, 1979.
  • Georges Lote. Histoire du vers français. Paris : Boivin, puis Hatier, puis Université de Provence, 1949.
  • Henri Morier. L'Alexandrin classique était bel et bien un tétramètre. In Langue, littérature du XVIIe et du XVIIIe siècle : mélanges offerts à M. le professeur Frédéric Deloffre, p. 743-759.
  • Yves-Charles Morin :
    • L'hexamètre « héroïque » d'Antoine de Baïf. In Métriques du Moyen Âge et de la Renaissance, p. 163-184.
    • La graphie de Jean-Antoine de Baïf : au service du mètre. In Nouvelle Revue du Seizième Siècle 17/1 (1999), p. 85-106.
    • La prononciation et la prosodie du français du XVIe siècle selon le témoignage de Jean-Antoine de Baïf. In Langue française 126 (2000), p. 9-28.
    • La Variation dialectale dans la poésie classique. In Le vers français - Histoire, théorie esthétique, p. 193-227.
  • Michel Murat. Le vers français - Histoire, théorie esthétique. Paris : Champion, 2000.
  • Norbert Dag. La récitation du vers latin. In Neuphilologische Mitteilungen 66/4 (1965), p. 496-508.
  • Louis Nougaret. Traité de métrique latine classique. Paris : Klincksieck, 1986.
  • Pierre Joseph Thoulier d'Olivet. Prosodie françoise. Paris : Barbou, 1771. In Remarques sur la langue françoise, recueil. Réimpression Slatkine (Genève, 1968).
  • John Palsgrave. L'éclaircissement de la langue française suivi de la grammaire de Giles du Guez, éd. F. Génin. Paris : Imprimerie nationale, 1852.
  • Joseph Pineau. Le mouvement rythmique en français, principes et méthode d'analyse. Paris : Klincksieck, 1979.
  • Honorat de Bueil de Racan. Vie de Monsieur Malherbe. Paris : Gallimard, 1991.
  • Charles Thurot. De la prononciation française depuis le commencement du XVIe siècle d'après les témoignages des grammairiens. Paris : 1881. Réimpression, Slatkine, Genève, 1973.
  • Geoffroy Tory. Champ Fleury, ou l'Art et Science de la Proportion des Lettres. Paris : 1529. Réimpression, Slatkine, Genève, 1973.
  • Vignes, Jean. L'Harmonie universelle de Marin Mersenne et la théorie du vers mesuré. In A haute voix : diction et prononciation aux XVIe et XVIIe siècles, Actes du colloque de Rennes (1996). p. 65-85.
  • J. P. Walker. Some aspects and problems of musique mesurée à l'antique : the rhythm and notation of musique mesurée. In Musica Disciplina 4 (1950), p. 163-186.
  • Ronald Andrew Zirin. The phonological basis of latin prosody. La Haye, Paris : Mouton, 1970.

Références[modifier | modifier le code]