Thomas Dobrée (1781-1828)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Thomas Dobrée (1810-1895).
Thomas Dobrée
Thomas I Dobrée.jpg
Portrait de Thomas Dobrée
réalisé en 1807 par François Sablet (musée Dobrée)
Biographie
Naissance

Nantes
Décès
Sépulture
Surnom
Thomas I Dobrée
Nationalité
française
Activités
Conjoint
Frédérique Möller
Enfant
Autres informations
Membre de

Thomas Dobrée, né le [1] à Nantes et mort le à Nantes en France[2], est un armateur et industriel. Son fils, Jean Frédéric Thomas Dobrée, étant également appelé par usage "Thomas Dobrée", les formes « Thomas I Dobrée » et « Thomas II Dobrée » sont parfois employées pour les distinguer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaires de Normandie, mais établis depuis le XVIe siècle à Guernesey, les Dobrée sont une famille protestante qui a participé pendant trois générations à la vie économique et politique de la ville d'adoption.

Pierre Frédéric[3], s'établit à Nantes au cours du XVIIIe siècle et y exerce une activité d'armateur. Il est le négociant des lumières qui a lancé l'affaire familiale.

Thomas, fils de Pierre Frédéric Dobrée et de Marie Rose Schweighauser[4], est aussi armateur, mais il diversifie l'activité de sa maison, qu'il va faire grandir grâce à ses talents d'entrepreneur et d'innovateur[5].

Le 2 avril 1808, séjournant à Hambourg, il épouse Frédérique Möller, née à Nantes en 1788[6], dont il a un enfant en 1810 : Jean Frédéric Thomas, généralement désigné simplement comme « Thomas ».

Dans les années 1810, il est un promoteur de l'activité baleinière à Nantes.

Il est à noter qu'il ne pratique pas la traite des Noirs, activité déclarée illégale assez vite après la chute de Napoléon, mais que nombre d'armateurs nantais[7] poursuivent jusque dans les années 1830. On a de lui une lettre écrite en 1814 (donc avant l'interdiction) sur ce sujet[8]. Il y développe successivement : les faits qui rendent la traite attractive ; les arguments qui vont totalement à son encontre ; les arguments qui visent à démontrer que la traite est un moindre mal. Il se dit hésitant sur la conduite à adopter et sollicite l'avis de son correspondant. En fin de compte, il ne s'y est pas engagé, et même, il va entrer dans le mouvement abolitionniste en devenant membre de la Société de la morale chrétienne, créée au début des années 1820 en Angleterre, puis en France. Mais sa position ne reflète pas celle des négociants nantais de la Restauration.

Il se consacre aussi au développement de l'industrie : en particulier, il joue un rôle important dans les premiers temps des forges de Basse-Indre, en liaison avec des investisseurs britanniques. Il n'est pas présent dès la fondation en 1820, mais intervient dès 1823, avec l'aide du banquier Goüin[9], alors que l'usine est encore en construction, et devient l'élément central de la Société des Forges de Basse-Indre, créée en 1825 suite aux difficultés de la première société. Il est probable que son décès prématuré en 1828 contribue à l'échec (provisoire) de l'entreprise en 1829.

Il meurt à 47 ans à son domicile situé au no 1 de la place Graslin ; son épouse 30 ans plus tard[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême de Thomas I : Réformés, vue 17, AMN Registres paroissiaux. Parrain : Nicolas Dobrée, juge à Guernesey, marraine : Véronique Battier, veuve Schweighauser, grand-mère. Le baptême a lieu seulement le 3 janvier 1782.
  2. Acte de décès de Thomas I : 5° et 6° cantons, vue 139, AMN Etat civil.
  3. Décès de Pierre Frédéric Dobrée le 21 vendémiaire an X (13 octobre 1801) à Nantes. On trouve aussi à Nantes un Pierre Joseph Dobrée, décédé le 8 janvier 1790 (Saint-Similien, vue 2), mais qui est catholique.
  4. Décès de Marie Rose Schweighauser le 11 novembre 1781, entre la naissance de Thomas et son baptême.
  5. Armateurs d'arts : les Dobrée, brochure éditée par le Conseil général de la Loire-Atlantique, Direction de la culture, Archives départementales, en 2011
  6. Acte de mariage de Thomas I enregistré à Nantes le 27 septembre 1809 : 3° division, vue 61. Frédérique Marguerite Elisabeth Möller est née à Nantes le 1er mars 1788 (Acte : Réformés, vue 32) ; elle est la fille de Joachim Möller, de Bergen (Norvège), négociant à Nantes, consul du Danemark en Bretagne et de Catherine Paschen, de Hambourg ; en 1808, les époux Möller ont divorcé ; Frédérique vit avec son père Joachim, négociant à Hambourg.
  7. Les armateurs sont alors soit des nouveaux venus, soit des armateurs secondaires du XVIIIe siècle ; les grands noms de la traite ne réapparaissent pas.
  8. Lettre du 6 juin 1814 adressée à Müller (?), citée dans Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes au temps de la traite des Noirs, Hachette (coll. La vie quotidienne), Paris, 1998, 278 p. [ (ISBN 2012352871)], page 203-205.
  9. Bertrand Gille, La Sidérurgie française au XIXe siècle, Droz, 1968.
  10. Le 8 juin 1858 : Nantes, 5° canton, vue 30.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Armateurs d'art : les Dobrée », dans Liens d'archives, ADLA, Nantes, septembre 2011, 24 p. Numéro spécial consacré à l'exposition homonyme (14 septembre-18 décembre 2011) aux Archives départementales de Loire-Atlantique.
  • Collectif, Thomas Dobrée, 1810-1895. Un homme, un musée (catalogue), Nantes, Paris, Musée Dobrée et Somogy éditions d'art, , 328 p. (ISBN 2-901-40-914-8 et 2-85056-277-7), iconographie en couleur.

Articles connexes[modifier | modifier le code]