Thomas Dobrée (1810-1895)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Thomas Dobrée (1781-1828).
Thomas Dobrée
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Thomas Dobrée à 19 ans,
réalisé par Pierre-Louis Bouvier (musée Dobrée).

Nom de naissance Jean Frédéric Thomas Dobrée
Alias
Thomas II Dobrée
Naissance
Nantes
Décès
Nantes
Nationalité française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Négociant
Activité principale
Collectionneur d'art
Ascendants
Thomas Dobrée, son père
Conjoint
Jane Wilhelmina Walsh

Thomas Dobrée, né le à Nantes[1] et mort le dans la même ville[2], est un collectionneur à l'origine du musée départemental Thomas-Dobrée. Bien que son nom d'état-civil soit « Jean Frédéric Thomas Dobrée », il est usuellement appelé par les mêmes nom et prénom que son père, l'armateur et négociant Thomas Dobrée (1781-1828). Les formes « Thomas I Dobrée » et « Thomas II Dobrée » sont parfois employées pour les distinguer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Originaires de Normandie, mais établis depuis le XVIe siècle à Guernesey, les Dobrée sont une famille protestante qui a participé pendant trois générations à la vie économique et politique de leur ville d'adoption.

Pierre Frédéric[3], s'établit à Nantes au cours du XVIIIe siècle et y exerce une activité d'armateur. Il est le négociant des lumières qui a lancé l'affaire familiale. Son fils, Thomas I, la fait grandir grâce à ses talents d'entrepreneur et d'innovateur. Il meurt en 1828, alors que son fils n'a que 18 ans.

Thomas II Dobrée se trouve très jeune à la tête d'une immense fortune. Après la mort de son père, la direction de la maison Dobrée est assumée par Frédérique Möller, puis Thomas entre pour quelques années dans les affaires.

Le 10 décembre 1836, il épouse à Nantes Jane Wilhelmina Walsh, née en 1814 en Irlande[4], qui décèdera avant lui. Au moment de son mariage, il est encore qualifié comme « négociant ».

En 1838, il décide de consacrer sa fortune et sa vie à la « recherche et au culte du passé » ; au total, il fera l'acquisition de plus de 10 000 œuvres d'art.

Le palais Dobrée[modifier | modifier le code]

Au début des années 1860, il entreprend la construction d'une demeure destinée à accueillir ses collections ; cette construction doit prendre place sur le domaine de la Touche, situé un peu à l'ouest de la place Graslin. Il s'y trouve déjà un bâtiment médiéval, le manoir de la Touche, anciennement résidence d'été des évêques de Nantes.

En réponse à sa commande d'une vaste « maison romane », Viollet-le-Duc lui propose un château gothique. Dobrée construira finalement lui-même le palais qui porte son nom avec l'aide successive des architectes nantais Simon, Boismen, Chenantais et Le Diberder. La forme du bâtiment serait inspirée de celle de la châsse de Saint Calmin, émail limousin du XIIIe siècle, un des joyaux de la collection.

Pendant 34 ans, Thomas Dobrée a consacré 100 000 francs-or (254 000 ) par an à la construction de cette « folie ». Il ne l'a jamais habitée, la construction n'ayant été achevée qu'après sa mort.

Le Grand-Blottereau[modifier | modifier le code]

Il fait aussi l'acquisition du domaine du Grand-Blottereau à Doulon.

Les legs de Thomas Dobrée[modifier | modifier le code]

En 1894, il lègue ses collections au conseil général de la Loire-Inférieure. Le musée a ouvert ses portes en 1899.

En ce qui concerne le reste de sa fortune, il fait d'un ami, Hippolyte Durand-Gasselin (1839-1929), fils de l'architecte du même nom (1806-1888), son légataire universel.

Il meurt âgé de 85 ans dans le domicile familial, au no 1 de la place Graslin.

En 1905, Hippolyte Durand-Gasselin fait don du Grand-Blottereau à la Ville de Nantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance de Thomas II : 5e et 6e cantons, vue 70.
  2. Acte de décès de Thomas II : 5° canton, vue 44. Un des deux déclarants est Hippolyte Durand-Gasselin.
  3. Décès de Pierre Frédéric Dobrée le 21 vendémiaire an X (13 octobre 1801) à Nantes. On trouve aussi à Nantes un Pierre Joseph Dobrée, décédé le 8 janvier 1790 (Saint-Similien, vue 2), mais qui est catholique.
  4. Acte de mariage de Thomas II : 1° et 2° cantons, vue 101. Jane est née le 20 août 1814 à Julianstown (en), comté de Meath, elle est la fille de James Walsh et de Sophie Mathilde Hensor(?)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Armateurs d'art : les Dobrée », dans Liens d'archives, ADLA, Nantes, septembre 2011, 24 p. Numéro spécial consacré à l'exposition homonyme (14 septembre-18 décembre 2011) aux Archives départementales de Loire-Atlantique.
  • Thomas Dobrée, 1810-1895. Un homme, un musée, Musée Dobrée, Nantes et P. Somogy, Paris, , 328 p., iconographie en couleur. (ISBN 2-85056-277-7) Catalogue d'exposition.

Articles connexes[modifier | modifier le code]