Theodor Fritsch

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Theodor Fritsch
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Theodor Fritsch vers 1920
Nationalité Flag of Germany.svg Allemand
Profession

Theodor Fritsch (Wiesenena, Saxe, 28 octobre 1852 - Gautzsch, aujourd'hui Markkleeberg en Saxe, 8 septembre 1933) est un écrivain allemand antisémite persuadé de la supériorité de la race et du peuple allemand. Il a écrit sous les pseudonymes de Thomas Frey, Fritz Thor et Ferdinand Roderich-Stoltheim.

Biographie[modifier | modifier le code]

Disciple de Wilhelm Marr (à qui on doit la création du terme "antisémitisme"), il publia en 1887 le Antisemiten-Katechismus (Catéchisme des antisémites). Il fut le premier traducteur allemand des Protocoles des Sages de Sion, un faux document rédigé par Mathieu Golovinski à des fins antisémites. Il était membre de la Ligue allemande.

Fritsch fonda en 1912 une société secrète ultranationaliste et antisémite, du nom de Germanenorden, qui exerça une influence déterminante sur les vues religieuses d'Adolf Hitler.

Nietzsche écrivit à son propos : « Il y a quelque temps, un certain Theodor Fritsch de Leipzig m'a écrit. En Allemagne, il n'existe pas d'engeance plus impudente et crétine que ces antisémites. Je lui ai adressé, en signe de remerciement, un beau coup de pied en forme de lettre. Cette canaille ose prononcer le nom de Zarathoustra. Immonde ! Immonde ! Immonde ! »[1]

Publications[modifier | modifier le code]

  • (de) Antisemiten-Katechismus, Herrmann Beyer Verlag, 1887.
  • (de) Leuchtkugeln, Alldeutsch-antisemitische Kernsprüche, Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) Mißstände in Handel und Gewerbe, Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) Der Sieg der Sozialdemokratie als Frucht des Kartells, Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) Verteidigungsschrift gegen die Anklage wegen groben Unfugs, verübt durch Verbreitung antisemitischer Flugblätter, Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) Wem kommt das Kartell zu gute, Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) Zur Abwehr und Aufklärung, Herrmann Beyer Verlag 1891.
  • (de) (sous le pseudonyme de Thomas Frey), Thatsachen zur Judenfrage, das ABC der Antisemiten (éd. augmentée), Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) (sous le pseudonyme de Thomas Frey), Zur Bekämfung 2000jähriger Irrtümer, Herrmann Beyer Verlag.
  • (de) Das Abc der sozialen Frage, Leipzig, Fritsch, "Kleine Aufklärungs-Schriften, no 1", 1892.
  • (de) Die Juden in Russland, Polen, Ungarn usw, Leipzig, Fritsch,"Kleine Aufklärungs-Schriften, no 7", 1892.
  • (de) Statistik des Judenthums, Leipzig, Fritsch, "Kleine Aufklärungs-Schriften, no 10-11", 1892.
  • (de) Halb-Antisemiten. Ein Wort zur Klärung, Leipzig, Beyer 1893.
  • (de) Zwei Grundübel: Boden-Wucher und Börse. Eine gemeinverständliche Darstellung des brennendsten Zeitfragen, Leipzig, Beyer, 1894.
  • (de) Die Stadt der Zukunft, Leipzig, Fritsch, 1896.
  • (de) Mein Beweis-Material gegen Jahwe, Leipzig, Hammer Verlag, 1911.
  • (de) (sous le pseudonyme de Roderich-Stoltheim), Die Juden im Handel und das Geheimnis ihres Erfolges, avec en annexe une postface tirée de l'ouvrage de Werner Sombart, Die Juden und das Wirtschaftsleben, Steglitz, Hobbing 1913.
  • (de) (sous le pseudonyme Ferdinand Roderich-Stoltheim), Anti-Rathenau, Leipzig, Hammer Verlag, "Hammer-Schriften, no 15", 1918.
  • (de) (sous le pseudonyme de F. Roderich-Stoltheim), Einstein's Truglehre. Allgemein-verständlich dargestellt und widerlegt, Leipzig, Hammer Verlag, "Hammer-Schriften, no 29", 1921.
  • (de) Die wahre Natur des Judentums, Leipzig, Hammer Verlag, 1926.
  • Handbuch der Judenfrage, Leipzig, Hammer Verlag, 1943

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nietzsche adressa également à Fritsch deux lettres pour le sommer de ne plus lui envoyer l'Antisemitischen Korrespondenz (journal dont Fritsch était le rédacteur), et dans celle datée du 29 mars 1887, il lui explique en détail les motifs de sont rejet de l’antisémitisme : « Croyez-moi : cette invasion répugnante de dilettantes rébarbatifs qui prétendent avoir leur mot à dire sur la "valeur" des hommes et des races, cette soumission à des "autorités" que toutes les personnes sensées condamnent d'un froid mépris ("autorités" comme Eugen Dühring, Richard Wagner, Ebrard, Wahrmund, Paul de Lagarde - lequel d'entre eux est le moins autorisé et le plus injuste dans les questions de morale et d'histoire ?), ces continuelles et absurdes falsifications et distorsions de concepts aussi vagues que "germanique", "sémitique", "aryen", "chrétien", "allemand" - tout ceci pourrait finir par me mettre vraiment en colère et me faire perdre la bonhomie ironique, avec laquelle j'ai assisté jusqu'à présent aux velléités virtuoses et aux pharisaïsmes des Allemands d'aujourd'hui. - Et, pour conclure, que croyez-vous que je puisse éprouver quand des antisémites se permettent de prononcer le nom de Zarathoustra ? ». Peu après cette correspondance avec Nietzsche, Theodor Fritsch écrivit une recension féroce et extrêmement négative de Par-delà bien et mal. Il déclara y avoir trouvé une « exaltation des juifs » et une « âpre condamnation de l’antisémitisme ». Dès lors Fritsch qualifie Nietzsche de « philosophe superficiel » ne disposant d' « aucune compréhension pour l’essence de la nation » et cultivant « des bavardages philosophiques de vieilles commères ». Il ajoute, s’agissant des considérations de Nietzsche à propos des juifs : « Ce sont des idioties superficielles d’un pauvre savant de pacotille, corrompu par les juifs. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Procès de Berne


Liens externes[modifier | modifier le code]