Théo Grinevald

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Théo Grinevald
Photo d'identité de Théo Grinevald.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Théodore Joseph, dit Théo Grinevald est un syndicaliste chrétien français, entré, en 1951, au Bureau international du travail (BIT) dans le Service des relations avec les travailleurs, organe de l'Organisation internationale du travail fondée en 1919.

Biographie[modifier | modifier le code]

Théo Grinevald est né à Strasbourg le , mort à Genève le . Il utilisa pour pseudonymes : Kengrin, Albert Lecomte et Joseph Verbois. Il est tout à la fois : alsacien, père de famille nombreuse, chrétien pratiquant, syndicaliste, européen convaincu, africaniste, internationaliste, mondialiste, fonctionnaire international dans le système des Nations unies, grand lecteur de Péguy puis de Teilhard de Chardin...

Petit-fils du peintre Anselme dit Augustus Grinevald (1819-1875) et fils de Léon Grinevald, rédacteur à la Caisse des assurances sociales d'Alsace-Lorraine et de Lucie Kenzel, sans profession. En tant qu'Alsacien, il a trois langues maternelles : l'allemand, le français et l'alsacien. Il y ajoutera l'anglais et un peu d'espagnol et d'italien.

Orphelin de père à 7 ans, il doit exercer divers métiers pour vivre. Il entre au secrétariat de l'hôpital universitaire de Strasbourg alors transféré à Clairvivre, Dordogne dès , il passe sa capacité en droit en 1942 à Clermont-Ferrand.

Alors qu'il est au Sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet (Isère), il rencontre et épouse en 1942 Madeleine Célestine Promonet (Auboué, -Genève, ), alors assistante sociale du groupement des réfugiés et exilés alsaciens-lorrains de l'Isère. Ils auront 7 enfants. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Théo Grinevald fut l'un des artisans du mouvement syndical international.

À la libération, il retourne à Strasbourg et milite au sein de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC). En , appelé par Gaston Tessier, président de la CFTC, il vient à Paris et devient secrétaire général de la Fédération générale de la fonction publique, et de la Fédération internationale de la fonction publique. En 1949, fonde et anime comme secrétaire général le Mouvement des travailleurs chrétiens pour l'Europe (MTCE). C'est en 1951 que Gaston Tessier lui demande d'accepter le poste de collaborateur au service des relations avec les travailleurs au Bureau International du Travail à Genève, siège de l'Organisation Internationale du Travail (OIT/ILO). Par la suite il deviendra conseiller auprès du Directeur général[1].
Il est le premier fonctionnaire du BIT à se rendre à l'Est, au Conseil de la Fédération Syndicale Mondiale à Berlin (). Dans le cadre du BIT, il fait de nombreux voyages dans les pays d'Afrique et d'Asie.
Européen convaincu, il défend une fonction publique internationale et milite pour la formation continue des travailleurs.

Membre de la Commission suisse "Justice et Paix".
Membre à Paris des Amitiés Charles Péguy, il travailla à une étude sur Péguy et l'Alsace.

La lecture des œuvres de Pierre Teilhard de Chardin par Théo G. ne commence que vers le milieu des années 1960, et c'est son fils aîné Jacques Grinevald, alors élève du Collège Jésuite de Dôle, qui lui communique cet enthousiasme porté aussi par les controverses qui entourent la figure de ce savant Jésuite et la publication de ses œuvres posthumes (à ne pas confondre avec ses travaux proprement scientifiques dans le domaine de la géologie et de la paléoanthropologie).
Les intellectuels chrétiens qui découvraient l'importance de l'Évolution et de ce que Teilhard appelait la planétisation de l'espèce humaine. C'était aussi pour eux une manière de dialoguer avec certains marxistes.
Théo Grinevald fut un membre actif de l'association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin. Il rédige plusieurs textes concernant la pensée teilhardienne sur le monde du travail, la socialisation et l’internationalisme. Sa mort prématurée ne lui permet pas de terminer l’ouvrage qu’il avait en chantier consacré à Teilhard de Chardin et les travailleurs. Le manuscrit de son Teilhard a-t-il un message pour les travailleurs ? comprend 272 folios, est inédit.

Il collabora sous le pseudonyme d'Albert Lecomte à la revue des jésuites de l'Action populaire, actuellement la revue Projet.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Invitation à la paix. Texte de Kengrin (Théo Grinevald). [Périgueux, .] In-16, 16 p. (Tirage à 300 ex.[2])
  • « Péguy : "Halévy et moi, nous sommes amis…" », Journal de Genève, 24-. Cité en bibliographie par Sébastien Laurent, Daniel Halévy, 2001.
  • Le syndicalisme européen et son impact Outre-Mer : rapport soumis à la conference européenne de la Culture « L’Europe et le monde », Bâle, 1964. International Labour Office, BIT, 1964, 36 p.
  • « Témoignage sur Albert Schweitzer : 'Un rationaliste du XVIIIe siècle », Le Courrier, Genève, n° 211, vendredi , p.1 et errata p.5 du numéro du mardi .

Plusieurs articles dans Revue de l'Action populaire (actuelle revue Projet), sous le nom d'Albert Lecomte :

  • Albert Lecomte, « Forces et incertitudes du syndicalisme chrétien en Afrique noire », in Revue de l’Action Populaire, n°117, , p. 449-459.
  • Albert Lecomte, « Le panafricanisme syndical » in Revue de l’Action Populaire, n°137, , p. 441-452.
  • Albert Lecomte, « Où en est le panafricanisme syndical ? » in Revue de l’Action Populaire, n°147, , p. 427-441
  • Albert Lecomte, « Les voies du panafricanisme syndical » in Revue de l’Action Populaire, n°159, , p. 673-689.
  • Albert Lecomte, « Liberté syndicale et panafricanisme » in Revue de l’Action Populaire, n°174, p. 101-117.

Acticles dans le journal Syndicalisme, organe des syndicats chrétiens de la Suisse romande, signés T.G. ou Théo Grinevald dont voici les titres :

  • « Lecture (utile) de vacances. Mai 68 : une révolution. » Syndicalisme, sixième année, no 29, jeudi , p. 1-2.
  • « Lecture (utile) de vacances. (2) L’Homme unidimensionnel. » Syndicalisme, sixième année, no 30, jeudi , p. 1 et 6.
  • « Lecture (utile) de vacances. (3) La catastrophe de la libération ? » Syndicalisme, sixième année, no 31, jeudi , p. 1 et 6.
  • « Lecture (utile) de vacances. (4) L’imagination viendra-t-elle au pouvoir ? » Syndicalisme, no 32, jeudi , p. 1 et 6.
  • « Lecture (utile) de vacances. (5) Le syndicalisme de l’espérance. » Syndicalisme, no 34, jeudi , p. 1.
  • « A propos de Teilhard de Chardin. » Syndicalisme, cinquième année, no 1, jeudi , p. 2.
  • « Teilhard de Chardin a-t-il un message pour les travailleurs de la terre. » Syndicalisme, 7e année, no 18, jeudi , p. 2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « Grinevald, Theodore Joseph », in Who's Who in the United Nations and Related Agencies, New York, Arno Press, (First Edition) 1975, p. 226.
  • Une Europe vaticane ? entre le Plan Marshall et les Traités de Rome, de Philippe Chenaux et Jean-Marie Mayeur, Éditions Ciaco, 1990, p. 150-151.
  • Gérard-Henry Baudry, Pierre Teilhard de Chardin : Bibliographie (1881-1972), Lille, Facultés Catholiques,1972 - mentionne 4 articles de Théo Grinevald, 1967, 1968, 1969, 1970.
  • « Le douloureux et prématuré départ de Théo Grinevald », (Signé J. V. : Jacques Vittori), Le Courrier (de Genève), lundi , p. 8.
  • « Les émouvantes obsèques de Théo Grinevald », (Signé R.R.), Le Courrier (de Genève), 24-, 9.
  • Wagenknecht (J.), « Deuil dans le syndicalisme mondial : Hommage à M. Théo Grinevald, conseiller au BIT, Genève », Service et communauté, Organe officiel et obligatoire de la Fédération des syndicats chrétiens du personnel de la Confédération et des entreprises publiques de transport, Winterthour, , p. 1 (Photo)
  • Eugene Kurtz, « Grinevald, Théo Joseph (1919-1975) » (signé Eugène Kurtz), in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, vol. 14, p. 1287.
  • Interview de Gilbert Pongault (1925 à Bohoulou en République du Congo - à Brazzaville) dans le livre de Gérard Fonteneau sur l’Histoire du syndicalisme en Afrique, avec la collaboration de Noël Madounga et d’André Linard. Paris, Karthala ; Charleroi, Couleur livres, 2004. 22 cm, 174 p.
  • Pasture (Patrick), Histoire du syndicalisme chrétien international : la difficile recherche d’une troisième voie. Trad. du néerlandais de Serge Govaert. Paris, L’Harmattan, 1999. 25 cm, 468 p. (Collection : Chemins de la mémoire.) En appendice, choix de documents. - Bibliogr. p. 425-446. Index. Voir p. 279.
  • Tania Régin, Les relations intersyndicales françaises à la lumière des engagements internationales 1948-1978, Université de Bourgogne, 2 vol., 2002-3. (Son index donne 2 occurrences pour Grinevald, p. 96, 348.)
  • Zaragori (Aurélien), L’Organisation Internationale du Travail et les milieux chrétiens (1919-1969), sous la direction de Jean-Dominique Durand. Lyon : Université Jean Moulin (Lyon 3), 2018. Disponible sur : https://www.theses.fr/2018LYSE3084 [ Théo Grinevald est cité p. 19, 45, 48, 294, 436, 448, 449, 453, 471, 476, 480-484, 488-489, 490-496, 535, 569, 580, 649, 670, 672, 674.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Le douloureux et prématuré départ de Théo Grinevald", Le Courrier, 22 décembre 1975.
  2. Un exemplaire à la BDIC à Nanterre. Cote : O pièce 22964