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Tahr des Nilgiri

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Nilgiritragus hylocrius
Description de cette image, également commentée ci-après
Tahr des Nilgiri (mâle)
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Infra-classe Eutheria
Cohorte Laurasiatheria
Ordre Cetartiodactyla
Sous-ordre Ruminantia
Famille Bovidae
Sous-famille Caprinae
Tribu Caprini
Sous-tribu Ovina

Genre

Nilgiritragus
Ropiquet & Hassanin, 2005

Espèce

Nilgiritragus hylocrius
(Ogilby, 1838)

Synonymes

  • Hemitragus hylocrius

Répartition géographique

Description de l'image Nilgiritragus.png.

Statut de conservation UICN

( EN )( EN )
EN C2a(i) : En danger

Le Tahr des Nilgiri (Nilgiritragus hylocrius) ou localement Bouquetin des Nilgiris (de l'anglais Nilgiri ibex), est un mammifère de la famille des Bovidés, un caprin originaire du sud de l'Inde. C'est un ongulé endémique aux Ghâts Occidentaux, en particulier au massif des Nilgiris et aux montagnes adjacentes. Malgré son nom local, il est plus proche des ovins (genre des mouflons et du mouton) que des bouquetins et autres chèvres sauvages. Il y a actuellement plus de 3100 individus dans la nature.

Il est l'animal officiel de l'État du Tamil Nadu.

 v · d · m  Caractéristiques
   
Masse 50 100
80
kg
Longueur 110 150 cm
Hauteur 80 110 cm
Queue 10-15 cm
Cornes 30 40 cm
Robe chamois brun  
Saison des amours février-mars  
Gestation 178-190 jours
Petit(s) 1 / an
Sevrage 2 sem
Maturité sexuelle 3 an(s)

Description

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Son pelage est court. La robe varie de chamois à gris chez les femelles. Chez les mâles matures, elle devient brun foncé ; la face vire au noir ; les pattes avant ont des taches blanches. Ni mâles ni femelles n'ont de barbe. La femelle n'a que deux mamelons.

Habitat et distribution

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Le Tahr des Nilgiris habite les prairies de montagne dégagées de l'écorégion des forêts pluviales de montagne des Ghâts Occidentaux du Sud. Il se trouve à une fourchette d'altitude allant de 1200 à 2600 mètres, vivant en importante harde. Le Parc national d'Eravikulam dans le district d'Idukki (Kerala), abrite la plus importante population recensée dans la nature, estimée entre 700 et 800 individus[1].

Autrefois, il aurait possiblement peuplé les hauteurs d'une vaste partie des Ghâts occidentaux, jusque dans le Karnataka actuel[2]. Aujourd'hui, c'est une espèce restreinte à la partie méridionale de cette chaîne, entre les États du Tamil Nadu et du Kerala. À la fois présent dans le massif septentrional et contigu des Nilgiris, et les massifs méridionaux séparés du reste des Ghats par la trouée de Palghat, tels que les Anamalais, les Monts Palnis ou encore les Monts des Cardamomes[2]. La fragmentation de son habitat est particulièrement importante, empiété par un front pionnier continu depuis la période coloniale (plantations de montagne, routes et infrastructures massives, zones de peuplement, etc.). À partir de la même époque, il devient un gibier prisé pour la chasse sportive, une pratique alors populaire dans le contexte des stations de montagne (les Hill stations de l'Inde britannique), qui perdure plus-ou-moins jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Néanmoins des mesures de conservation sont établies assez tôt, dès 1877 dans le massif des Nilgiris, en raison d'un déclin rapide de l'espèce[3].

Tête de Tahr des Nilgiris (femelle).

Étymologie

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En langues malayalam et tamoule, il est appelé respectivement varayaadu (വരയാട്) et varaiaadu (வரையாடு). Le terme est composé de deux mots, wurrai ou varai, précipice, et aadu, chèvre (« chèvre des précipices » en français). En tamoul classique, il était connu sous la dénomination varudai (வருடை). Son ancien nom scientifique, Capra warryato, attribué par le zoologiste britannique John Edward Gray, descend en partie des appellations locales (warryato).

Son nom scientifique présent, Nilgiritragus hylocrius, est une combinaison du sanscrit nīlagiri (नीलगिरि), d'après le toponyme des montagnes, et de la forme latinisée du grec trágos (τράγος), qui signifie « bouc ».

Il était classé avec les autres Tahrs sous le genre Hemitragus. Mais de récentes études de phylogénie moléculaire ont révélé qu'ils appartenaient à des groupes distincts[4]. On lui a donc créé son propre genre Nilgiritragus.


Caprinae 

 Pantholopini (Pantholops…)


  

 OvibosCapricornisNemorhaedus


  
  

 (…)


  
Ovina

 NilgiritragusOvis


 Caprina 

 PseudoisHemitragusCapra






N.B. les positions phylogénétiques d'Ammotragus, Arabitragus, Oreamnos ou Rupicapra restent incertaines.

Notes et références

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  1. (en-US) « Nilgiri Tahr | Eravikulam National Park, Munnar, India », sur eravikulam.org (consulté le )
  2. a et b (en) Paul Peter Predit, Varun Prasath, Mohanraj et Ajay Desai, Status and distribution of the Nilgiri Tahr Nilgiritragus hylocrius, in the Western Ghats, India., (DOI 10.13140/RG.2.1.2085.4486, lire en ligne)
  3. (en) T. Sekar, Conservation Conundrum : Journey of India's Wildlife through Ages, Chennai, Notion Press, (ISBN 978-1948321860, OCLC 1143493004)
  4. Ropiquet A. & Hassanin A. 2005. Molecular evidence for the polyphyly of the genus Hemitragus (Mammalia, Bovidae). Molecular Phylogenetics and Evolution. 36: 154-168.

Références externes

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