Syndrome de la bandelette ilio-tibiale

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Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, ou du tractus ilio-tibial (STIT), appelé également syndrome de l’essuie-glace, ou encore tendinite du tenseur du fascia lata, est un type de tendinite du genou.

Mécanisme[modifier | modifier le code]

Situation du muscle tenseur du fascia lata.

Sur la face externe de la cuisse, le muscle tenseur du fascia lata se termine par un tendon plat en forme de bandelette. Ce muscle s’étend du haut du fémur jusqu’au haut du tibia où il s’insère. Lors de la marche il se déplace d’avant en arrière à la manière d’un essuie-glace. Il passe alors au-dessus d'un relief osseux latéral de l’extrémité inférieure du fémur : le condyle externe.

Dans certaines conditions le fascia lata « accroche » au passage du condyle fémoral. Ce conflit répété est à l’origine d’une irritation douloureuse. La gêne induite s’appelle syndrome de la bandelette ilio-tibiale ou « syndrome de l’essuie-glace » ou encore balayage du fascia lata. Elle concerne certaines activités sportives telles que la course à pied, le cyclisme ou la marche en descente en montagne.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

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Le diagnostic est clinique.
À l’interrogatoire la douleur siège au niveau du compartiment externe du genou, irradiant parfois le long de la face externe de la cuisse. Elle survient à l’effort et s’installe progressivement.
À la palpation deux tests permettent le diagnostic[réf. souhaitée] :

  • le test de Renne : douleur en flexion-extension du genou en charge sur un pied ;
  • le test de Noble : douleur vive et précise à la pression du condyle externe, 2 à 3 cm. au-dessus de l’interligne avivée par le passage de la flexion à l’extension.

Les examens complémentaires servent uniquement à éliminer d’autres causes de douleurs externes du genou :

Traitement[modifier | modifier le code]

En phase aiguë le traitement est médical[1] : en premier lieu, l’activité sportive est modifiée. Les exercices qui nécessitent une flexion-extension du genou sont supprimés. Ce repos relatif nécessite une participation du patient et donc une bonne compréhension «  mécanique » du problème.

  • Un traitement médicamenteux est prescrit. Il associe la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires.
  • Des mesures « locales » sont souvent utiles : pommade ou patch anti-inflammatoire, glaçage.
  • La rééducation associe physiothérapie, massage et étirement. La physiothérapie fait appel à différentes méthodes : ultrasons, courant antalgique… Les massages et les étirements répondent à une technique précise :
    • Le massage transverse profond est un massage puissant appliqué transversalement au tendon et de manière très appuyée[2]. Pendant l’exercice la pression du tendon est douloureuse.
    • Les étirements viennent en complément. Ils portent spécifiquement sur la bandelette ilio-tibiale.
  • Dans les cas rebelles, une ou deux infiltrations au niveau de la zone d’inflammation sont nécessaires.

La reprise de l’activité sportive est autorisée lorsque les exercices d’étirement sont indolores. La reprise est graduelle. Elle s’envisage sur 6 semaines si la limitation de l’activité a été respectée et si les exercices d’étirement sont régulièrement pratiqués. Secondairement, en phase préventive, différentes causes de dérèglement sont recherchées et corrigées.

Dans la pratique sportive, il faut veiller au respect des techniques d’échauffement, ne pas sous-estimer l'importance des étirements, bien gérer les périodes de repos et, éventuellement, corriger le geste sportif douloureux. Naturellement, il faut suivre les règles de diététique et d’hydratation.

Il faut également vérifier l’adaptation du matériel : réglage du pédalier, réglage de la surface de course et de la chaussure de sport. La qualité du chaussage est essentielle. En effet une pronation excessive du pied induit une rotation interne de la jambe et prédispose au stress de la bandelette ilio-tibiale.

Un examen podologique peut faire apparaître parfois un défaut anatomique, comme un genu varum (jambe arquée), une inégalité de longueur des membres inférieurs, ou une forte saillie du condyle. Des semelles de correction sont parfois prescrites.

Le traitement chirurgical est exceptionnel[1]. Il n’est envisagé qu’après échec prolongé d’un traitement médical et kinésithérapie. L’intervention consiste en une section des fibres postérieures de la bandelette au niveau de la zone de frottement. La période de repos est de quelques jours et la marche est autorisée rapidement. La reprise de l’activité sportive s’effectue entre le 2e et le 3e mois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Cowden CH 3rd, Barber FA, « Arthroscopic treatment of iliotibial band syndrome », Arthrosc Tech, vol. 3, no 1,‎ , e57-60. (PMID 24843846, PMCID PMC4017954, DOI 10.1016/j.eats.2013.08.015, lire en ligne [html]) modifier
  2. (en) Loew LM, Brosseau L, Tugwell P, Wells GA, Welch V, Shea B, Poitras S, De Angelis G, Rahman P, « Deep transverse friction massage for treating lateral elbow or lateral knee tendinitis », Cochrane Database Syst Rev, no 11,‎ , CD003528. (PMID 25380079, DOI 10.1002/14651858.CD003528.pub2, résumé, lire en ligne [html]) modifier

Liens externes[modifier | modifier le code]