Syndrome d'Einstein

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Le terme parleur tardif (anglais Late talker est utilisé pour qualifier des personnalités exceptionnellement brillantes qui ont connu un retard dans l'acquisition du langage[1]. Leurs caractères communs sont habituellement d'être des garçons, d'avoir des parents très éduqués, des familles douées pour la musique, des qualités de résolution d'énigmes et d'être en retard du point de vue social et verbal[2]. De nombreux parleurs tardifs parmi les plus brillants étaient de fortes têtes dans leur enfance[3].

Les parleurs tardifs sont souvent diagnostiqués à tort comme atteints de formes sévères d'autisme (non-verbales ou à bas niveau de fonctionnement) et une évaluation professionnelle soignée est nécessaire pour établir un diagnostic différentiel, selon Darold Treffert et d'autres experts[4],[5]. Une différence majeure entre les parleurs tardifs et les enfants autistes à bas niveau de fonctionnement est que les capacités de communications des parleurs tardifs finissent par atteindre un niveau normal et qu'ils ne nécessitent pas de traitement particulier pour le langage[6],[7]. L'évolution des parleurs tardifs est généralement favorable, qu'ils soient traités ou non[8]. Les retards d'acquisition du langage peuvent cependant aussi être des signes secondaires d'autisme ou d'autres troubles du développement comme un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, un handicap mental, un trouble d'apprentissage, un trouble pragmatique du langage ou une dysphasie[3],[9],[10].

Le terme Syndrome d'Einstein, créé par l'économiste Thomas Sowell, est aussi parfois utilisé pour décrire les parleurs tardifs. Il renvoie à Albert Einstein (dont on dit souvent qu'il a parlé très tard, quoique avec des preuves douteuses[11]), utilisé par Sowell comme son exemple principal[12]. Sowell inclut aussi dans sa liste de parleurs tardif les mathématiciens Srinivasa Ramanujan[12] et Julia Robinson[13], les physiciens Edward Teller[12] et Richard Feynman[12],[13] et les pianistes Clara Schumann et Arthur Rubinstein[12]. Quand il était petit, le physicien australien John Clive Ward (en) présentait aussi les traits décrits par Sowell[14] selon un court résumé de sa biographie.

Sowell affirme que les parleurs tardifs sont souvent improprement diagnostiqués comme atteints de trouble du spectre de l'autisme et qu'une petite partie d'entre eux sont des enfants hautement intelligents dont les capacités communes sont concentrées sur la musique, la mémoire, les mathématiques ou la science[2].

Bibliographie en anglais[modifier | modifier le code]

  • Late-Talking Children, Thomas Sowell, 1998, (ISBN 0465038352)
  • The Einstein Syndrome: Bright Children Who Talk Late, Thomas Sowell, Stephen Camarata, 2002, (ISBN 0-465-08141-X).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ioan James, « Autism in mathematicians », The Mathematical Intelligencer, vol. 25, no 4,‎ , p. 62–65 (DOI 10.1007/BF02984863)
  2. a et b (en) Thomas Sowell, The Einstein Syndrome: Bright Children Who Talk Late, Basic Books, , 89–150 p. (ISBN 0-465-08140-1, lire en ligne)
  3. a et b (en) « Five Minutes with Stephen Camarata », sur The MIT Press, The MIT Press (consulté le 3 mars 2016)
  4. (en) Darold Treffert, « Outgrowing Autism? A Closer Look at Children Who Read Early or Speak Late », sur Scientific American (consulté le 3 mars 2016)
  5. (en) Darold Treffert, « Oops! When "Autism" Isn't Autistic Disorder: Hyperlexia and Einstein Syndrome », sur Scientific American (consulté le 3 mars 2016)
  6. (en) Stephen M. Camarata, Late-talking children : a symptom or a stage?, (ISBN 9780262027793)
  7. DA Treffert, « Savant syndrome: realities, myths and misconceptions. », Journal of Autism and Developmental Disorders, vol. 44, no 3,‎ , p. 564–71 (PMID 23918440, DOI 10.1007/s10803-013-1906-8)
  8. (en) Isabelle Rapin, « Book Review: Diagnostic Dilemmas in Developmental Disabilities: Fuzzy Margins at the Edges of Normality. An Essay Prompted by Thomas Sowell's New Book: The Einstein Syndrome », Journal of Autism and Developmental Disorders, vol. 32, no 1,‎ , p. 49–57 (DOI 10.1023/A:1017956224167)
  9. (en) « Late Language Emergence: Overview », sur American Speech–Language–Hearing Association (en) (consulté le 14 octobre 2017)
  10. (en) KE Sanchack et CA Thomas, « Autism Spectrum Disorder: Primary Care Principles », American Family Physician, vol. 94, no 12,‎ , p. 972-79 (PMID 28075089, lire en ligne)
  11. (en) "The Legend of the Dull-Witted Child Who Grew Up to Be a Genius", The Albert Einstein Archives, Hebrew University of Jerusalem
  12. a b c d et e (en) Thomas Sowell, Ten Years Later. Capitalism Magazine, 24th 05 2003.
  13. a et b Thomas Sowell, Late-Talking Children, Basic Books, (ISBN 9780786723652, lire en ligne). 192 pages.
  14. (en) Frank Close, The Infinity Puzzle: Quantum Field Theory and the Hunt for an Orderly Universe, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 9780199593507), « Ch. 6, The Identity of John Ward »

Voir aussi[modifier | modifier le code]