Station 16

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Station 16
One shot
Scénario Yves H.
Dessin Hermann
Couleurs Hermann
Genre(s) Bande dessinée fantastique, thriller

Thèmes Tsar bomba, voyage dans le temps, expérimentation humaine
Lieu de l’action Nouvelle-Zemble (Océan Arctique)
Époque de l’action 1955, 1997

Éditeur Le Lombard
Collection Signé
Première publication janvier 2014
ISBN 978-2-8036-3436-1
Nb. de pages 54

Station 16 est une bande dessinée fantastique scénarisée par Yves H. et dessinée par Hermann. Cette œuvre développe les thèmes de la bombe nucléaire, du voyage dans le temps et des expérimentations humaines. L'album de 54 planches a été publié en janvier 2014 par l'éditeur Le Lombard, dans la collection Signé.

Synopsis[modifier | modifier le code]

1997. À Severnaïa, dans l'archipel de Nouvelle-Zemble, des soldats stationnent dans une base militaire où se déroulaient des essais de bombes nucléaires entre 1955 et 1990. Les soldats trompent leur ennui avec des plaisanteries potaches et de l'alcool[1]. Durak, jeune recrue, intercepte un appel radio réclamant des secours en urgence pour la station météo arctique numéro 16[1]. Or, cette station est désaffectée depuis environ 50 ans[2]. La patrouille envoyée sur les lieux, en pleine tempête, relève des anomalies temporelles : les époques se mélangent[3]. Les soldats rencontrent des personnages angoissants[3]. Soudain, Durak assiste à l'explosion d'une bombe nucléaire. La patrouille découvre alors que les lieux servaient à des expérimentations atroces sur des cobayes humains, menée par un scientifique du nom de Tretiakov[4],[5].

Choix artistiques[modifier | modifier le code]

Les auteurs, marqués par les expérimentations sur des cobayes et humains et par les mutilations infligées à diverses époques, représentent des soldats-cobayes privés d'yeux, ce qui ne les empêche pas de percevoir la souffrance[6]. Le scénariste, Yves H., apprécie le genre fantastique, « l’idée qu’une réalité (presque) invisible sous-tend la réalité apparente »[5]. Le personnage du scientifique ayant opéré ces expérimentations, Tretiakov, s'inspire des crimes du docteur Josef Mengele[5],[6]. Le récit ne montre pas l'humanité sous son meilleur jour[5].

Station 16 met en scène la Tsar Bomba, bombe à hydrogène extrêmement puissante qui a réellement existé. La Nouvelle-Zemble était un lieu d'expérimentation pour les armes nucléaires à l'époque de l'URSS[3] : entre 1955 à 1990, au moins 135 essais nucléaires s'y sont déroulés[7]. En imaginant que la détonation produirait une distorsion temporelle, les auteurs construisent l'intrigue autour du voyage dans le temps[8],[7], suivant un scénario « simple et efficace »[3], « plein de suspense »[1]. Néanmoins, cette construction ne remporte pas l'unanimité des critiques[7].

Le dessin restitue « l'aridité froide et sans espoir de ce coin du monde abandonné par l'humanité »[3]. Si le travail sur les couleurs inspire des commentaires contrastés, l'emploi de cases en double pleine page est adapté[9]. Hermann, constatant que l'aquarelle sèche trop vite sur ces grandes cases, emploie exceptionnellement le pastel[6]. Il a travaillé en couleur directe[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Mick Léonard, « Station 16 », sur Planète BD, .
  2. Eric Guillaud, « Station 16, un thriller fantastique signé Hermann père et fils », sur France Info, .
  3. a b c d et e Richard Tallet, « Le monde déréglé de Station 16 », Charente libre,‎ .
  4. « BD : Station 16 », sur RTBF.be, .
  5. a b c et d Charles-Louis Detournay, « 20 ans au Lombard, c’est Signé ! », sur Actua BD, .
  6. a b et c Yves H. (interviewé), Hermann (interviewé) et Daniel Couvreur, « Une poubelle radioactive avec des ours blancs », Le Soir,‎ .
  7. a b et c Thierry Dromard, « Des voyages d'hier et d'aujourd'hui : En terre glaciale », Le Bien Public,‎ .
  8. Jean-Laurent Truc, « Station 16, Hermann père et fils ouvrent une faille spatio-temporelle », sur ligneclaire.info, .
  9. Philippe Muri, « Bande dessinée : Hermann et Yves H, Station 16 », Tribune de Genève,‎ .
  10. Pierre Burssens, « Station 16 », auracan,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]