Soldes

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De nombreuses pancartes de couleurs voyantes, des réductions et la cohue constituent l'ambiance des soldes.

Les soldes sont une pratique commerciale consistant à vendre avec une réduction de prix des produits invendus et proposés à la vente depuis plus d'un mois, notamment dans le cas de vêtements.

Étymologie et orthographe[modifier | modifier le code]

Le mot « solde » provient du latin reliquum[réf. nécessaire]. La solde (féminin), est la somme d'argent versée à un soldat ou un fonctionnaire.

Quand il s'agit de soldes en magasin, le mot s'écrit au masculin pluriel. On n'écrit donc pas les « soldes exceptionnelles », mais les « soldes exceptionnels ».[réf. nécessaire]

Différence avec les remises et rabais[modifier | modifier le code]

Distinctes des soldes et non limitées dans le temps, les remises sont des réductions commerciales habituelles ou exceptionnelles, tandis que les rabais sont des réductions accordées sur un produit non conforme, démodé ou obsolète[réf. nécessaire] Ils peuvent concerner par exemple le théâtre, où les premières semaines d’un spectacle voient affluer des spectateurs qui bénéficient d'une remise de 50 %, ou les transports en commun, qui proposent des réductions à certaines catégories de passagers.

Les soldes en France[modifier | modifier le code]

« Les soldes favorisent un écoulement accéléré de marchandises en stock dont des exemplaires ont été proposés à la vente depuis au moins un mois et comportent une réduction de prix, qui peut aller jusqu'à une revente à perte, dans la limite du stock à écouler. Les soldes ne peuvent être réalisés qu'au cours de deux périodes par année civile[1] ». Cette définition résulte de la loi du relative aux ventes de marchandises neuves[2].

La pratique des soldes aurait été « inventée » dans les années 1830 par Simon Mannoury, fondateur du magasin de nouveautés « Le petit Saint Thomas »[3]. Mais ce n'est pas encore une opération saisonnière institutionnalisée et totalement assumée : on solde un peu toute l'année, au fond des rayons, les fins de séries et autres articles défraichis. En janvier 1866, Jules Jaluzot, le fondateur du Printemps, a l'idée de faire des soldes une grande opération saisonnière : "Tout le monde sait qu'à la fin de chaque saison, il y a dans tous les grands magasins une certaine quantité de marchandises défraîchies plus ou moins, soit parce qu'elles sont servies à faire l'étalage, soit pour une autre cause. L'usage est d'écouler ces marchandises du mieux qu'on peut, en les déguisant autant que possible, en cachant soigneusement leur âge et en les masquant de marchandises plus fraîches et plus nouvelles. Ce n'est pas là ce que font les propriétaires du "Printemps". Ils vous disent bien simplement : le 15 janvier prochain nous allons mettre en vente tous nos soldes de nouveauté de la saison d'hiver, toutes nos étoffes fatiguées ou défraîchies depuis l'ouverture de nos magasins, et nous ferons chaque année ainsi périodiquement. Avec cette manière d'opérer, nous ne gardons jamais de marchandise anciennes, et quand nous vendons une étoffe comme nouveauté on peut être assuré qu'elle est fraîche et nouvelle comme le nom de notre maison".[4]

Les dates des soldes[5] sont fixées dans chaque département par les préfets, après consultation des organismes professionnels et de consommateurs. Leur durée maximale autorisée est de quatre semaines depuis 2020 (contre six semaines avant 2020)[6].

Les ventes en solde et liquidations, et dites « au déballage » qui étaient régies par une loi du complétée par divers textes de 1962, 1989 et 1991 374, font l'objet d'une nouvelle réglementation par la loi du remaniée partiellement en 2004, 2005, 2006, 2008 et 2011 (devenue art. L. 310-1 et suivants du nouveau Code de commerce)[7].

Avant 2009, les commerçants bénéficiaient de deux périodes de soldes de cinq semaines chacune, appelées soldes d'hiver et d'été, et dont les dates étaient établies par publication officielle par la DGCCRF.

Dans le cadre d'une loi d', le Sénat a voté un complément pour la réglementation des soldes. Cette loi[8] était en application entre les soldes d'hiver 2009 et celles d'été de 2014 inclus.

Entre 2009 et 2014, il y avait donc deux catégories de soldes :

  • les soldes fixes, d'hiver et d'été, de cinq semaines chacun (contre six avant), aussi appelés soldes saisonniers. Leurs dates étaient fixées au deuxième mercredi de l’année pour les soldes d’hiver et au troisième mercredi du mois de juin pour les soldes d'été, sauf pour certaines zones touristiques ou frontalières qui bénéficient de dérogations ;
  • les soldes libres ou soldes flottants[9], de deux semaines, en une ou deux périodes, et dont chaque commerçant pouvait choisir les dates à condition de respecter certaines contraintes. Cette période ne pouvait pas être prévue dans le mois qui précède les cinq semaines de soldes habituelles et se terminer un mois avant le début de la période des soldes fixé par décret. Le commerçant devait faire la déclaration à la préfecture un mois avant le début des soldes.

En dehors des soldes, les commerçants peuvent également faire des promotions ou des opérations de déstockage.

Les commerçants ont l'obligation, pour les articles soldés, d'afficher l'ancien prix de vente barré à côté du prix soldé. Les produits soldés sont identiques à ceux vendus hors période des soldes. Toutefois, des enquêtes de journalistes ont pu démontrer que des enseignes de certaines industries (habillement, ameublement) avaient coutume de faire fabriquer des produits à moindre qualité (car moindre coût) spécialement pour la période des soldes, tout en restant légaux car livrés un mois auparavant[10].

La mise en place de soldes flottants ne faisait pas l’unanimité[11]. Pour certains, elle a créé la confusion dans l'esprit des consommateurs à laquelle s’est ajouté un problème de lisibilité du dispositif. L'objectif de la loi de 2008 était de renforcer le mécanisme des soldes, tant au bénéfice des commerçants que des consommateurs. Cependant, les résultats ne se sont pas avérés à la hauteur des bénéfices escomptés[12].

Les soldes flottants de printemps et d'automne mis en place par la loi de modernisation de l’économie (LME) du ont disparu dès 2015. La loi no 2014-626 du [13] a en effet modifié le calendrier des soldes au en portant la durée des deux périodes de soldes fixes (hiver et été) à six semaines au lieu de cinq, comme cela était le cas avant la LME. Mécaniquement, cela a eu pour conséquence de supprimer les deux semaines de soldes flottants.

Les freins et motivations des consommateurs vis-à-vis des soldes ont été étudiés[14]. Ainsi, sept motivations et quatre freins sont identifiés[Lesquels ?]. Il existe des différences de perceptions et de motivations entre les hommes et les femmes[Lesquelles ?].

Exemples[modifier | modifier le code]

Boxing Day[modifier | modifier le code]

Dans beaucoup de pays du Commonwealth, cette opération de promotion et d'aubaines a traditionnellement lieu le 26 décembre, intitulé le Boxing Day (« jour des boîtes »). Lorsque la frénésie d'achat est au paroxysme, il arrive même de voir certains consommateurs transformer le magasin en foire d'empoigne, de peur de laisser filer un produit proposé à un prix très attractif.

Les soldes d'été quant à eux démarrent mi-fin juin pour se terminer mi-fin juillet. Autrement, les soldes sur les créations de stylistes de renom (Gucci, Dolce & Gabbana, Lagerfeld...) au Designers Warehouse Sales ont lieu vers le 15 ou le 20 des mois de juin, septembre, octobre et décembre.

Black Friday[modifier | modifier le code]

Remise en cause des soldes dans le monde moderne[modifier | modifier le code]

L'existence des dates fixes pour les soldes est remise en cause de nos jours dans certaines industries.

  • Depuis les années 1990 environ, de plus en plus de fabricants diminuent leur stock par méthode d'organisation et de fabrication en flux tendu. Cela a pour effet de réduire le stock d'invendus.
  • Certaines industries sont soumises à un renouvellement accéléré de leurs gammes de produits (par exemple, l'habillement, la technologie) au point de ne plus pouvoir attendre la date des soldes avant que certains deviennent invendables (parce que démodés ou obsolètes).

Pourtant, certaines de ces industries continuent à communiquer sur l'intérêt de leurs soldes, alors qu'elles ont moins de produits invendus qu'auparavant à écouler à cette période.

Par ailleurs, le désintérêt des consommateurs pour les soldes est croissant[15], diminuant les capacités de vente lors de cette période. Ce désintérêt pousse l'exécutif à repenser leur durée fin 2019.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Réglementation des soldes - Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes
  2. H. Askenazy, Manuel du chef d'entreprise, Presses Universitaires de France, , p. 928.
  3. « Les soldes, une histoire née à Paris, au XIXe siècle », sur ouest-france.fr, .
  4. « La Vie parisienne : moeurs élégantes, choses du jour, fantaisies, voyages, théâtres, musique, modes / par Marcellin », sur Gallica, (consulté le 15 mars 2021)
  5. « Soldes d'été 2020 : c'est bientôt fini ! », sur public.fr (consulté le 12 octobre 2020).
  6. « Soldes d'été 2020 : c'est bientôt fini ! », sur www.service-public.fr (consulté le 11 octobre 2020)
  7. Alain Bénabent, Droit des contrats spéciaux civils et commerciaux, LGDJ, , p. 83.
  8. Les soldes en France sont réglementés par la loi : Article 98, chapitre 4 du journal officiel n°0181 du 5 août 2008 - LOI n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie [1]
  9. (fr) France TV - Soldes flottants
  10. Soldes : bonnes affaires ou belles arnaques? - Blog du journal L'Alsace / Le Pays
  11. Enquête du CROCIS sur les soldes : Soldes d'hiver 2011: un bilan en deçà des espérances, Soldes d'hiver 2012 : L'arrivée du froid dynamise l'activité en cette fin de soldes et Soldes d'été 2012 : Un bilan mitigé
  12. Soldes, soldes flottants, soldes sur internet : position de la CCIP, Chambre de commerce et d'industrie de Paris, 17 février 2011
  13. « Soldes  : quoi de neuf au 1er janvier 2015 ? », sur public.fr (consulté le 12 octobre 2020).
  14. Gonzalez et Korchia, « Les antécédents et les conséquences de l'attitude par rapport aux soldes », Recherche et Applications en Marketing,‎ (lire en ligne).
  15. « Les consommateurs français moins intéressés par les soldes », Les Échos, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]