Silhouette (Seychelles)

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Silhouette
Image illustrative de l’article Silhouette (Seychelles)
Géographie
Pays Drapeau des Seychelles Seychelles
Localisation océan Indien
Coordonnées 4° 28′ 48″ S, 55° 14′ 09″ E
Superficie 19,95 km2
Point culminant Mont Dauban (751 m)
Géologie Granitique
Administration
Démographie
Population 135 hab.
Densité 6,77 hab./km2
Autres informations
Découverte 1609
Fuseau horaire UTC+4
Géolocalisation sur la carte : Seychelles
(Voir situation sur carte : Seychelles)
Silhouette
Silhouette
Géolocalisation sur la carte : Seychelles (îles intérieures)
(Voir situation sur carte : Seychelles (îles intérieures))
Silhouette
Silhouette

Silhouette est une île granitique de l’archipel des Seychelles, dans l'océan Indien, à 20km à l’ouest de Mahé. Elle est la troisième plus grande île des Seychelles, après Mahé et Praslin, avec une superficie de 20km2. Découverte officiellement par les Français en 1742, elle n’est ensuite peuplée de manière continue qu’en 1860 avec l’arrivée de la famille Dauban. Silhouette restera en leur main jusqu’en 1960. En 2010, l’île est classée parc national et 93% de sa superficie constitue le parc national de Silhouette. Elle abrite désormais deux hôtels.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si l’île est peut-être visitée par les Arabes (entre VIIe et Xe siècles) et approchée par les Portugais (Vasco de Gama, 1502-1503), elle est mentionnée la première fois comme « Ile du Nord » en 1609 dans le journal de bord de John Jourdain[1] lors de l’expédition de la British Indian Ocean Company. Sa découverte est officialisée par les Français vers 1742-1744 lorsque Lazare Picault établit la carte de ce qui sera les Seychelles, où figure l’île, au nord de Mahé. Lors de l’expédition de Nicolas Morphey en 1756, l’île est visitée et cartographiée. Elle est ensuite renommée « Silhouette » en hommage à Etienne Silhouette, contrôleur général des finances de Louis XV, par le navigateur Charles Ogier en 1771, qui y a fait la rencontre de quatre personnes sur l’île. Les décennies suivantes, les seules personnes à fouler l’île sont des scientifiques pour y décrire la faune et la flore, ou des marchands pour s’y reposer et s’approvisionner en eau douce. En 1813, le fameux pirate Jean-François Hodoul aurait tenté de s’y établir mais retournera sur Mahé, sans succès.

Il faut attendre les années 1830 pour qu’une population permanente s’établisse sur Silhouette. Ce sont des familles françaises qui achètent des parcelles de l’île pour y faire travailler des esclaves dans les plantations de cocotiers. Même si les Seychelles sont une colonie de l’Empire britannique depuis le Traité de Paris de 1814, ce n’est qu’à la fin des années 1830 que le Slavery Abolition Act est effectivement appliqué. Cela aura pour conséquence que certains esclaves abolis reçoivent des terres sur l’île.

Mais c’est l’arrivée sur l’île d’Auguste Dauban, membre émérite de la marine française, qui va durablement marquer l’histoires de Silhouette. Âgé de 36 ans, il s’installe avec sa femme, Catherine Young, sur une parcelle (Anse Lascars) qu’il avait reçue de son père, le médecin français Joseph François Dauban. A sa mort, Auguste Dauban utilise ensuite son héritage pour racheter les neuf autres parcelles de l’île et en devenir l’unique propriétaire. En parallèle, il promeut en Occident le commerce d’huile de coprah (chaire de coco séchée) qu’il fait produire sur Silhouette. Cette denrée très prisée dans l’alimentation et le cosmétique lui permet d’amasser une immense fortune (on le surnommera : « Le Rothschild de l’Océan Indien »).

A son décès, ce sont ses deux fils, Édouard et Charles, épaulés par ses deux filles Marguerite et Eva, qui vont reprendre l’exploitation de cocotiers sur l’île. Édouard Dauban s’occupe de la gestion des plantations et fait importer des plantes qui ne sont pas natives des Seychelles, telles que la cannelle (vue comme une plante invasive aujourd’hui), le café, la vanille, le tabac, etc. Il est marié à Jeanne Dupaire, une fervente religieuse qui obtient la permission du Vatican de prononcer la messe sur l’île tous les dimanche.

La mort de Catherine Dauban mène les héritiers à des querelles qui se soldent par une division des parcelles. Il faudra attendre que le fils ainé d’Édouard et de Jeanne Dauban, Henri Dauban, réunisse la famille et gère l’ensemble des plantations divisées afin qu’elles leur soient toujours profitables. En 1960, Henri Dauban décide de vendre Silhouette à un groupe français, cent ans après que son grand-père Auguste Dauban s’y soit installé pour la première fois.

Les Seychelles prononcent leur indépendance en 1976 et rachètent l’île en 1983. En 2011, la chaine Hilton ouvre son hôtel sur l’île, en promouvant le patrimoine de Silhouette. L’ancienne maison des Dauban (Grann Kaz) a été rénovée et abrite un musée retraçant l’histoire de Silhouette et de la famille Dauban.

Géographie[modifier | modifier le code]

La superficie de Silhouette est de 20 km2. Il s'agit de la troisième plus grande île granitique des Seychelles derrière Mahé et Praslin. Elle se trouve à 20 km à l'ouest de Mahé.

L’accès sur l’île se fait par helicoptère ou bateau, principalement depuis Mahé. La jetée se trouve à l’est de l’île à La Passe, le village où vivent les derniers habitants de l’île. C’est le seul endroit où l’accès est carrosable pour accéder au complexe hôtelier. Il existe quelques chemins difficiles d’accès qui permettent d’explorer l’île avec un guide. En effet, depuis 2010, l’île est classée parc national et 93% de sa superficie constitue le parc national de Silhouette.

Il est possible de rejoindre l’ouest de l’île, à Grande Barbe, le nord de l’île, à Anse Mondon, et l’est de l’île, à Anse Cimetière, Anse Lascar I et II et Anse Patates. Un dernier chemin permet d’accéder à Jardin marron, une plantation de cocotiers de mer à 350 m de hauteur.

Silhouette a beaucoup de reliefs. Le Mont Pot-à-Eau monte à 590 m et le point culminant est le Mont Dauban à 751 m.

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Vue de Silhouette

Quelques espèces que l'on rencontre sur l'île :

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

The journal of John Jourdain, 1608-1617, BNF.

Plan des Isles de Labourdonay levées à terre en 1744 par Iasart Picot Capi de la tartane l’Eslibabeth, 1756, BNF.

Journal de voyage de M. Moreau avec M. Le Chever Duroslan pour la découverte de plusieurs isles dans l’archipel du N.E. de Madagascar en 1770, ANF.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Journal of John Jourdain, 1608-1617, describing his Experiences in Arabia, India, and the Malay Archipelago, Hakluyt Society, (ISBN 978-1-315-55647-5, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]