Sihanoukville

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Sihanoukville
Sihanoukville
Administration
Pays Drapeau du Cambodge Cambodge
Province Province de Sihanoukville
Gouverneur Eav Chanvatanak
Démographie
Population 89 846 hab.
Densité 1 123 hab./km2
Géographie
Coordonnées 10° 38′ nord, 103° 30′ est
Altitude 15 m
Superficie 8 000 ha = 80 km2
Localisation
Localisation de Sihanoukville
L'aire urbaine de la ville (jaune) est comprise dans le district de Mittakpheap (rouge), l'une des trois subdivisions de la province de Sihanoukville (mauve)
Géolocalisation sur la carte : Cambodge
Voir sur la carte administrative du Cambodge
City locator 14.svg
Sihanoukville

Sihanoukville (Khmer : ក្រុងព្រះសីហនុ, Krong Preah Sihanuk) est une ville du sud du Cambodge, capitale de la province de Sihanoukville. Donnant sur le golfe de Thaïlande, la ville est le seul port maritime en eau profonde du pays. Auparavant désignée Kampong Saom (littéralement « port agréable »), elle est rebaptisée en 1958 en l'honneur de Norodom Sihanouk, ancien roi du Cambodge.

Depuis 2016, elle connaît une métamporphose dans le cadre du projet de Nouvelle route de la Soie.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Dans Kampong Saom, saom est issu du sanskrit saumya.

Son nom actuel lui a été donné en 1958 par le roi Sihanouk lui-même, à la demande du Conseil national du royaume khmer qui voulait ainsi honorer celui qui avait présidé à la construction de ce nouveau port[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le géographe Simon Springer montre comment les pratiques spéculatrices dans le quartier du Mittapheap District, a abouti à l'expulsion de 105 familles au profit de réseaux clientélistes, sous prétexte de politiques de "beautification" censées attirer les investisseurs étrangers. La ville de Sinahoukville est ainsi montrée comme un cas exemplaire où se dévoilent les pratiques pro-business des politiciens locaux, que Springer qualifie de "néolibérales".[2]

Infrastructures[modifier | modifier le code]

La ville est reliée à Phnom Penh par une voie ferrée (230 km) dont la réfection aurait dû s'achever fin 2011. En octobre 2015, il n'y avait que des trains de fret. Depuis 2016 le trafic de voyageurs a repris les weekends.

De plus en plus, la majorité du transport de marchandises se fait par camions sur la très bonne route nationale 4 qui relie Phnom Penh et Sihanoukville en 4-5 h de temps.

L'aéroport international de Sihanoukville, situé 12 km à l'Est de la ville, est géré par le groupe français Vinci ; il héberge la première ligne régulière entre Sihanoukville et Siem Reap, ouverte en décembre 2011.

Organisation urbaine[modifier | modifier le code]

Petite ville provinciale, elle est vouée à un développement touristique important, de provenance Chinoise notamment. Ses grandes plages de sable blanc font le bonheur des familles khmères alors que les touristes occidentaux partent pour la plongée autour de ses îles luxuriantes. La ville est schématiquement découpée en trois quartiers :

  • le centre-ville est le quartier central, loin des plages, regroupant les principales activités commerciales et administratives, la station de bus et le marché principal. Les hôtels, les restaurants et les bar, y sont peu chers, en liaison avec un cadre de vie banal.
  • le quartier de Victory-Hill est celui qui abrite la colline de Victory avec ses bars et restaurants (souvent français), le port et la plage de Victory, ainsi que la petite plage Hawaï. C'est un quartier assez populaire, souvent fréquenté par les routards pour ses tarifs assez bas, y compris sur les plages. Une route mène au Wat Krom, la plus importante pagode de la ville. De l'autre côté de la route se situe le village d'Enfants d'Asie.
  • le quartier d'Occheutal Beach regroupe les plus belles plages de Sihanoukville, autour du rond-point des Lions d'Or. C'est le quartier visé par les promoteurs locaux et étrangers en raison de la beauté des sites et de l'étendue des constructions possibles. La rue Serendipity regroupe l'essentiel des activités nocturnes du quartier, majoritairement fréquenté par des touristes européens et chinois.
  • le quartier d'Otres Beach dans la continuité d'Occheutal Beach a une ambiance paisible, plus hippie parfois. Moyenne d'âge plus jeune ou constitué d'habitués de Sihanoukville qui préfèrent être au calme. Beaucoup de guesthouses aussi.

Une ville métamorphosée à partir de 2016[modifier | modifier le code]

Depuis 2016, les investissement chinois à Sihanoukville ont augmenté de façon spectaculaire[3]. Cela s'explique à la fois par le démarrage de nombreux projets d'infrastructures dans le cadre de la Nouvelle route de la Soie et par la croissance exponentielle du nombre de casinos à destination du public chinois.

Cette récente évolution a transformé la ville. On estime aujourd'hui que le nombre de Chinois habitant à Sihanoukville équivaut au nombre de Cambodgiens.[4] Cela est particulièrement visible au niveau de la signalétique qui est fréquemment en mandarin.

C'est sur le plan urbanistique que les transformations ont été les plus profondes. Touchée par une "frénésie immobilière"[5], Sihanoukville a vu se multiplier les projets de construction. Grues, engins de chantier et travaux de voierie ont changé l'aspect de la calme station balnéaire d'autrefois.[6] A l'été 2019, la décision prise par le Premier Ministre Hun Sen d'interdire temporairement les paris en ligne dans les casinos a entraîné l'arrêt de nombreux chantiers. La crise du coronavirus au début de l'année 2020 ne fait qu'amplifier ce phénomène[7].

Galerie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge de Labrusse, « Communications maritimes et fluviales du Cambodge », sur www.persee.fr, Politique étrangère, 1959, volume 24, numéro 3, p.340 (consulté le 2 août 2015)
  2. (en) Simon Springer, Violent Neoliberalism: Development, Discourse, and Dispossession in Cambodia, , p.48
  3. « Sihanoukville : OPA chinoise sur le Cambodge », sur Les Echos, (consulté le 17 février 2020)
  4. Bangkok Post Public Company Limited, « Huge Chinese influx divides Sihanoukville », sur https://www.bangkokpost.com (consulté le 17 février 2020)
  5. Arnaud Vaulerin, « Au Cambodge, macadam et nouveau Macao », sur Libération.fr, (consulté le 17 février 2020)
  6. « Au Cambodge, Pékin tente de nettoyer les écuries d’Augias. - Informations et actualité Chine - QuestionChine.net », sur www.questionchine.net (consulté le 17 février 2020)
  7. (en) « Virus deals new blow to Cambodian city bound to China », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 17 février 2020)