Seigneurie de Toron

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La seigneurie de Toron est un des fiefs du royaume de Jérusalem.

Histoire[modifier | modifier le code]

Toron (appelé aussi Tibnine, arabe: تبنين). C'est un château qui fut construit dans la principauté de Galilée en 1105 par Hugues de Saint-Omer[1]. Suite à sa mort la seigneurie de Toron relevât directement du royaume de Jérusalem et fût indépendante de la principauté de Galilée. Le roi de Jérusalem, Baudouin Ier, le donna à Onfroy Ier de Toron, Le nom du château fut adopte par le nouveau seigneur comme patronyme et sa postérité après lui. Onfroy IV le donna au roi de Jérusalem contre la possibilité d'hériter de la seigneurie d'Outre-Jourdain. Il fut conquis par Saladin en 1187, puis repris par les Francs en 1229 et rendu aux héritiers de la famille de Toron[2].

Ahmed Sheir dit que les chevaliers teutoniques soutenus par l'empereur Frédéric II ont essayé d'ajouter Toron (Tibnin) à leur possession étant "une partie des possessions de Joscelin de Courtenay en 1120", qu'ils ont achetées. Cependant, la Haute Cour du Royaume de Jérusalem a imposé à l'empereur Frédéric II d'admettre les droits d'Alice d'Arménie, « étant la nièce de Humphrey IV et héritière du fief de Tibnīn. « En conséquence, le règne de la dynastie d'Humphrey Ier à Tibnn fut rétabli par Alice en 1229. Dans la charte datée de novembre 1234, Alice de Tibnīn « Alis, princesses et dame de Toron », confirma la donation de 30 besants au monastère de Saint -Lazare, qui avait été accordé à ce monastère par Humphrey II de Tibnīn en 1151.491 On estime qu'Alice a régné sur Tibnīn jusqu'en 1239[3]. Cela plaça la seigneurie de Tibnine entre les mains du baron français Philippe de Montfort, qui arriva en Haute Galilée comme l'un des rares chevaliers à se rendre en Terre Sainte à la suite de la quatrième croisade, qui avait été initialement lancée sous le direction de Théobald de Champagne et avait fini par conquérir Constantinople. Montfort épousa Maria d'Antioche-Arménie, la dernière héritière de la famille Toron, et s'empara des richesses de Tebnine et de son château et imposa une taxe aux caravanes utilisant la source sous le château. C'est à partir de Tibnine que Philippe de Montfort envisagera les moyens de saisir Tyr des mains de Richard Filangieri, qui était le confident de Frédéric II[4]. Elle sera reprise par les Mamelouks en 1266.

Il ne reste que peu des vestiges de Toron des Chevaliers d’origine. Ce qu'on voit aujourd'hui ; l'enceinte est flanquée d'ouvrages carrés et demi-circulaires, est l'œuvre du pacha d’Acre au XVIIIème siècle, Dahir al-Umar (arabe : ظاهر آل عمر الزيداني), qui voulant se rendre indépendant, s'était révolté contre l'empire ottoman.

Géographie[modifier | modifier le code]

À 113 km de Beyrouth (Beirut), situé derrière Tyr et Acre, en bordure du Jourdain. Altitude : 870 m

Féodalité[modifier | modifier le code]

Suzerain : le prince de Galilée et de Tibérias

Vassaux :

  • le seigneur de Castel-Neuf
  • le seigneur de Thoron-Ahmud

Liste des seigneurs[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Onfroy Ier de Toron
│
└──> Onfroy II de Toron († 1179)
     │
     └──> Onfroy III de Toron († 1173)
          X Etiennette de Plancy
          │
          ├──> Onfroy IV de Toron
          │    X Isabelle de Jérusalem, reine de Jérusalem
          │
          └──> Isabelle de Toron
               X Roupen III d'Arménie, prince des Montagnes († 1186)
               │
               └──> Alice d'Arménie
                    X Raymond IV d'Antioche comte de Tripoli († 1199)
                    │
                    └──> Raymond-Roupen, prince d'Antioche († 1221)
                         X Helvis de Lusignan
                         │
                         └──> Marie de Poitiers
                              X Philippe de Montfort († 1270), seigneur de Tyr
                              │
                              ├──> Jean de Montfort, († 1283) seigneur de Toron et de Tyr
                              │    X Marguerite de Lusignan, sœur d'Hugues III de Chypre
                              │
                              └──> Onfroy de Montfort, († 1284), seigneur de Tyr et de Beyrouth
                                   X Echive d'Ibelin, fille de Jean d'Ibelin, seigneur de Beyrouth
                                   │
                                   └──> Rupen de Montfort († 1313), seigneur de Toron et de Tyr
                                        X Marie d'Ibelin, fille de Balian d'Ibelin, sénéchal de Chypre 
                                        et d'Alice de Lampron
                                        │
                                        ├──> Onfroy de Montfort (1305 † 1326), connétable de Chypre
                                        │
                                        └──> Echive de Montfort
                                             X Pierre Ier de Chypre

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Thomas DELVAUX, Le sang des Saint-Omer des croisades à la quenouille, Tatinghem, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Grousset, Histoire des Croisades et du Royaume franc de Jérusalem. Tome II : Monarchie franque et monarchie musulmane, l’Équilibre. Paris, Plon, 1935, ASIN : B00752UOJ8, pages 840-842.
  2. R. Grousset, tome II, page 896, tableau généale des Maisons de Toron et de Montréal.
  3. Ahmed Sheir, The Fief of Tibnin (Toron) and its Castle in the Age of the Crusades AD (1105-1266 AH 498- 664) : A Study of its economic, political and military Role, Norderstedt, Germany, Grin Verlag, 1re éd., 99–101 p. (ISBN 978-3-656-86945-0, lire en ligne)
  4. René Grousset, Histoire des Croisades et du Royaume Franc de Jérusalem Tome I. Paris, Librarie Plon, 1934, pp. 245–247. (ISBN 2262015708)