Sculpture de Décébale

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Sculpture de Décébale
Présentation
Type
Architecte
Mario Galeotti
Construction
Hauteur
40 m
Localisation
Adresse
Coordonnées

La sculpture de Décébale (en roumain : Chipul lui Decebal) est une sculpture monumentale située près de la ville d'Orșova, en Roumanie. Construite de 1994 à 2004, haute de 40 m et large de 20 m, c'est actuellement la sculpture rocheuse la plus haute d’Europe.

La roche est à l'effigie de Décébale, le dernier roi des Daces (qui régna de 87 à 106) et qui a combattu les empereurs romains Domitien et Trajan afin de préserver l'indépendance de son pays, l’actuelle Roumanie.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Sous le visage de Décébale se trouve une inscription en latin : DECEBALUS REX—DRAGAN FECIT (traduction : le roi Décébale - fait par Drăgan), du nom du mécène qui a financé l’œuvre. Commandée et financée par l'entrepreneur et historien milliardaire Joseph Constantin Drăgan (Iosif Constantin Drăgan), un protochroniste italo-roumain qui a acheté le rocher en 1993, la sculpture a nécessité dix ans de travaux et douze sculpteurs[1], pour un coût de un million de dollar U.S. Les six premières années ont été consacrées au dynamitage du rocher en la forme grossière voulue, et les quatre autres années, à la sculpture du visage[2].

Le monument se trouve près des Portes de Fer, qui forment la frontière naturelle entre la Roumanie et la Serbie. La figure est taillée dans le roc d'un affleurement situé dans une gorge du fleuve Danube. Sur l'autre rive du Danube, en territoire serbe, en face de la sculpture, se trouve la Table de Trajan, vestige romain taillé dans la paroi rocheuse, réalisé par l'empereur Trajan pour commémorer le lieu de la victoire de l'armée romaine qui a conduit à la conquête de la Dacie en 105 ap. J.-C.

Joseph Constantin Drăgan a demandé aux Serbes de tailler sur les parois rocheuses de leur rive du Danube, la tête géante d'un empereur romain, faisant face à celle de Décébale, mais ils ont refusé[3].

La réalisation de la sculpture fut dénoncée autant par les écologistes Roumains, que Serbes, car elle dénature l'environnement ou elle se situe. Mais la sculpture appartient à une propriété privée. Cette création est même jugée « mégalomane » et « hors contexte » par de nombreux observateurs et médias de Serbie et Roumanie.[réf. nécessaire]

Mais surtout, dans le contexte de la montée des mouvements populistes en Europe, depuis la crise de 2008, ce qui inquiète le plus les démocrates est la montée des populismes et autres mouvements d'extrême droite, autant en Roumanie qu'en Serbie. Cette sculpture pourrait en caractériser un symbole. La Serbie craint d'éventuelles revendications territoriales de la région de la Table de Trajan, qui se situe sur son territoire, car cette région est réclamée depuis longtemps par les nationalistes Roumains.[réf. nécessaire] Le contexte politique et social des pays de la région est déjà difficile et fragile, et la réalisation de cette sculpture est sans doute une erreur, qui pourrait avoir de lourdes conséquences à plus ou moins longs termes.[non neutre]

La sculpture est officiellement considérée comme « anachronique » par les dirigeants roumains, qui n'ont jamais encouragés un tel projet de sculpture, dont la réalisation, et le coût restent dans la sphère du domaine privé. Le ministère de la Culture n'est jamais intervenu sur le dossier de la réalisation de cette sculpture, et si le ministère des Affaires étrangères était intervenu, c'était pour vérifier que ce projet ne soit pas une provocation nationaliste, et pour voir aussi si les conséquences de la réalisation de cette sculpture n'allaient pas trop loin, ce qui ne semble pas le cas, après vérification.[réf. nécessaire]

La Roumanie revendique des relations de bon voisinage, ainsi que des relations diplomatiques normales et correctes avec la Serbie, et n'a en aucun cas aucune idée, ou projet d'hostilité à son égard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Daniela Schily et Matthias Eickhoff, Donau: von Regensburg zum Schwarzen Meer ; [mit Extra-Reisekarte und 10 Entdeckungstouren!], DuMont Reiseverlag, (ISBN 9783770173259), p. 237.
  2. (en) « History of the monument », sur www.decebalusrex.ro (consulté le 10 mars 2016).
  3. (en) Nick Thorpe, The Danube - A Journey Upriver from the Black Sea to the Black Forest, Yale University Press, (ISBN 9780300181654), p. 336.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]