Scie musicale

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Joueur de scie musicale

La scie musicale est un instrument de musique de la famille idiophone selon le système Hornbostel-Sachs. Elle est constituée par une lame d'acier que l'on fait vibrer et qui frottée par un archet produit un son musical qui peut être modulé par la torsion et la courbure de la scie obtenue par la pression des doigts de la main.

Facture[modifier | modifier le code]

C'est vers 1870 que, grâce aux progrès de la métallurgie, on peut commencer à fabriquer des scies aux sonorités acceptables pour constituer de bons instruments. Cette évolution se fait parallèlement dans plusieurs pays. Ainsi plusieurs musiciens industrieux déposent des brevets dans leurs pays respectifs.

Vers 1900, on peut trouver de bonnes scies musicales, héritées des égoïnes à qui l'on coupe parfois les dents et dont on modifie les formes et la poignée ou "crosse". Certains ajoutent une poignée ou "manette d'inflexion" pour plus de commodité.

Certaines scies musicales peuvent atteindre voire dépasser une tessiture de 3½ octaves d'amplitude. Pour atteindre cette caractéristique, il faut bien sûr une qualité suffisante d'acier trempé, à la bonne épaisseur, bonne dureté, bonnes dimensions, et taillée dans le bon sens du laminage.

Jeu[modifier | modifier le code]

La pratique la plus courante consiste à jouer assis, en serrant la poignée de la scie entre les cuisses, bien que certains préfèrent jouer debout. La bordure dentée est plutôt orientée face au musicien. Celle-ci est parfois limée, ce qui n'a pas d'effet significatif sur le son produit.

Le principe général de jeu est d'imprimer une double courbure (en "S") à la lame. Alors que les parties courbées subissent une flexion qui amortit le son, celle-ci s'annule dans la partie centrale du S, au point d'inflexion de la courbe. Le son est généralement produit par un archet frotté (ou parfois un maillet frappé), contre la bordure lisse, c'est-à-dire non dentée, à ce point de la lame. La hauteur du son produit est directement liée à la largeur de la scie à ce point. L'instrumentiste fait ainsi varier la hauteur du son en déplaçant le point d'inflexion sur la lame. Différents effets de jeu peuvent être obtenus, en déplaçant les cuisses ou la main qui tient l'extrémité pour travailler la durée de note (sustain), et produire un vibrato par exemple.

Les clowns et quelques virtuoses permirent à l'instrument de vivoter jusqu'au début du XXIe siècle où l'engouement des curieux et passionnés de scie musicale sembla reprendre.

Marlene Dietrich jouait de cet instrument. Natalia Paruz, connue sous le pseudonyme Saw Lady ("La dame à la scie"), joue de la scie musicale dans des films, des publicités, des orchestres dans le monde entier. En novembre 2007, elle a fait ses débuts au Carnegie Hall, où elle a joué en solo. En France, Emmanuel Brun fait partie des plus grands lamistes, ses compositions pour la lame sonore lui ont valu la reconnaissance de Yehudi Menuhin. Pascal Ayerbe joue lui de la "lame sonore", longue scie sans dents munie d'une poignée d'inflexion inventée par Jacques Keller en 1948. Depuis 2009, Tom Fink et Gladys Hulot se produisent à deux lames sonores. En 2010, Jean Claude Welche, associe le son de la scie musicale avec trois orgues de barbarie Raffin (Allemagne) - (voir liens externes) Cet instrument est également utilisé de nombreuses fois dans les productions d'Olivia Ruiz, de La Tordue et Les Ogres de Barback,

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Keller, La Lame Sonore, Etude Méthodique, Editions Lemoine, 1950.
  • (en) Jim Leonard et Janet Graebner, Scratch My Back, Kaleidoscope Press, 1989.
  • Philippe Beau, Brun... Saga d'une famille stéphanoise-du Brunophone à la lame sonore, Editions Abatos, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]