Reginald Robinson Lee

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Reginald Robinson Lee

Description de l'image  Reginald Lee.jpg.
Naissance 19 mai 1870
Benson, Oxfordshire, Angleterre
Décès 6 août 1913 (à 43 ans)
Southampton, Angleterre
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Britannique
Profession Marin
Conjoint
Emily Salina Hannah Lee (née Hill)

Reginald Robinson Lee (19 mai 1870 - 6 août 1913) est un marin britannique. Né dans une famille de l'Oxfordshire, il décide de prendre la mer où il exerce sa profession pendant une quinzaine d'années. Le Board of Trade britannique lui octroie notamment ses brevets de vigie qualifiée.

En avril 1912, il se trouve dans le nid-de-pie du Titanic le soir de son naufrage et aperçoit l'iceberg avec son collègue Frederick Fleet. Ayant survécu au naufrage, il témoigne devant la commission d'enquête menée à Londres par le Board of Trade. Il meurt l'année suivante des suites d'une pneumonie contractée à bord du Kenilworth Castle.

Son personnage et celui de Fleet apparaissent dans plusieurs des films sur le naufrage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et carrière[modifier | modifier le code]

La passerelle de navigation du Titanic avec sur la droite le nid-de-pie dans lequel a servi Lee.

Reginald Robinson Lee est né le 19 mai 1870 à Bensington[1], dans l'Oxfordshire. Il est baptisé un mois plus tard. Fils d'un instituteur, William Lee, il a par la suite un frère et quatre sœurs. Sa famille réside alors dans le Hampshire où elle a déménagé en 1886[2].

L'année de la mort de son père en 1887, Lee entre dans la marine et sert à bord de nombreux navires à vapeur transportant du courrier par-delà les océans[3]. Il travaille notamment sur des navires de la Royal Navy et sur un paquebot de l’Atlantic Transport Line. Son service lui permet d'obtenir un brevet de vigie expérimentée remis par le Board of Trade[4]. En 1911, il sert à bord de l’Olympic, sister-ship du Titanic. En avril 1912, il est finalement affecté au Titanic pour rallier Belfast à Southampton suite à ses essais en mer, puis pour la traversée inaugurale du paquebot[2]. Pour ce travail, lui et les cinq autres veilleurs sont payés 5£ par mois[5],[6].

Au moment de son voyage sur le Titanic, Lee est marié à Emily Salinah Hannah Lee, née Hill, bien qu'aucun détail supplémentaire ne soit connu au sujet du mariage[2].

Le Titanic[modifier | modifier le code]

Durant la traversée, il sert avec Frederick Fleet, passant deux heures dans le nid-de-pie puis quatre heures de repos, pendant que les quatre autres veilleurs se relaient[7]. Le 14 avril, il prend son service à 22 heures[8]. Les collègues que Fleet et Lee relèvent, Archie Jewell et George Symons, leur font passer un ordre émanent du deuxième officier Charles Lightoller leur demandant de veiller attentivement à la présence d'icebergs : le navire entre en effet dans une zone où des glaces sont signalées [9].

Lors de sa descente, le canot no 15 manque d'écraser le no 13 dans lequel se trouve Lee.

À 23 heures 40, Fleet aperçoit un iceberg et le signale à la passerelle par téléphone et en donnant trois coups de cloche. Ainsi, il est considéré comme celui qui a vu l'iceberg le premier[8]. Cependant, il a pour sa part déclaré à la commission d'enquête américaine qui lui demandait qui avait vu l'iceberg le premier : « C'est moi. Je dis que c'est moi, mais je pense qu'il l'a vu juste en même temps que moi[7]. »

Fleet et Lee restent dans le nid-de-pie jusqu'à ce que deux autres veilleurs les relèvent à minuit. Vers minuit vingt, Lee remarque que l'eau pénètre dans les quartiers de l'équipage, à l'avant du pont E, par une cloison défoncée[10]. Il monte ensuite sur le pont des embarcations, pour se rendre près du canot no 11, auquel il est affecté. Celui-ci se révélant être plein, on lui demande d'embarquer à bord du canot de sauvetage no 13, qui est mis à l'eau à h 35[11]. Lors de sa descente, le canot manque d'être écrasé par le canot no 15, descendu peu après lui ; il est par ailleurs l'un des rares canots à partir à pleine capacité, et il est dirigé par un des chefs chauffeurs, Frederick Barrett. Le canot atteint le Carpathia à h 45 le matin suivant[12].

Commission d'enquête et mort[modifier | modifier le code]

Après son sauvetage, Lee est rapatrié en Angleterre et témoigne devant Lord Mersey et la commission d'enquête du Board of Trade le 8 mai 1912[2]. Il est le premier à mettre en évidence devant celle-ci l'absence de jumelles dans le nid-de-pie, pratique qu'il explique être courante bien que Fleet lui ait raconté en avoir eu pendant ses quatre ans de service sur l’Oceanic. Lee déclare également qu'un de ses collègues a sans succès tenté d'obtenir une paire de jumelles des officiers[13]. Il parle également d'une légère brume qui gênait son travail, mais Fleet ne corrobore pas ce fait. Lord Mersey en déduit que Lee cherche une excuse pour ne pas avoir vu l'iceberg à temps, et couvre une certaine inattention ; mais cette conclusion n'est finalement pas retenue[4].

Lee meurt le 6 août 1913, au foyer de marins de Southampton, d'une pneumonie qu'il a contractée peu de temps avant, durant son service à bord du Kenilworth Castle de l'Union-Castle Line[14]. Il est enterré auprès de son père (et rejoint par sa mère en 1920) dans le caveau familial du Highland Road Cemetery à Southsea, dans le Hampshire[15].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Bien que son rôle soit secondaire, le personnage de Reginald Lee apparaît nommément au générique de quatre films sur la catastrophe. Dans Atlantique, latitude 41° (1958), il est incarné par Roger Avon aux côtés de Bernard Fox[16] Dans S.O.S. « Titanic » (1976), Kevin O'Shea tient son rôle. Aaron Pearl l'incarne dans le téléfilm Le « Titanic » de 1996, et c'est Martin East qui l'incarne dans Titanic de James Cameron[17]. Dans ce dernier, Fleet et Lee ont, peu avant la collision, une conversation sur le fait de pouvoir sentir la glace avant de la voir. Les deux veilleurs sont présentés, de façon erronée, comme deux jeunes hommes (Lee avait en réalité 42 ans) inattentifs à leur travail, et plus occupés à regarder les héros flirter sur le pont qu'à guetter les icebergs[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La ville est plus communément appelée Benson.
  2. a, b, c et d (en) Lawrence V. Wade « Mr Reginald Robinson Lee », Encyclopedia Titanica. Consulté le 8 octobre 2009
  3. (en) « Lookouts », Encyclopedia Titanica. Consulté le 8 septembre 2009
  4. a, b et c (en) Richard Krebes, « Defending Fleet and Lee », Encyclopedia Titanica. Consulté le 28 novembre 2011
  5. Pour comparaison, l'officier le moins gradé du navire, James Paul Moody, recevait 7 £ par mois, le commandant en second Henry Wilde en recevait 25, et le commandant Edward Smith 105.
  6. (en) « Reginald Robinson Lee », Friends of Highland Road Cemetery. Consulté le 28 novembre 2011
  7. a et b (en) « Testimony of Frederick Fleet », « Titanic » Inquiry Project. Consulté le 8 octobre 2009
  8. a et b Gérard Piouffre 2009, p. 137
  9. Mark Chirnside 2004, p. 154
  10. Mark Chirnside 2004, p. 164
  11. (en) « Testimony of Reginald R. Lee (p. 2) » « Titanic » Inquiry Project. Consulté le 29 novembre 2009
  12. (fr) « Composition du Canot n°13 », Le Site du « Titanic ». Consulté le 8 octobre 2009
  13. (en) « Testimony of Reginald R. Lee », « Titanic » Inquiry Project. Consulté le 29 novembre 2009
  14. (en) « Link with the « Titanic »: Death of Look-Out Man at Southampton », Southern Daily Echo sur Encyclopedia Titanica. Consulté le 8 octobre 2009
  15. (en) « Reginald Robinson Lee », Find a Grave. Consulté le 28 novembre 2011
  16. Ici dans le rôle de Fleet, Fox a également interprété le colonel Archibald Gracie dans le film Titanic de James Cameron.
  17. (en) « Lookout Reginald Lee », IMDb. Consulté le 29 novembre 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Mark Chirnside, The Olympic-class ships : « Olympic », « Titanic », « Britannic », Tempus,‎ 2004, 349 p. (ISBN 0-7524-2868-3) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gérard Piouffre, Le « Titanic » ne répond plus, Larousse,‎ 2009, 317 p. (ISBN 9782035841964) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

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