Vente liée de logiciels avec du matériel informatique

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Le terme racketiciel désigne un logiciel vendu de force avec du matériel informatique. Cette vente liée qui est illégale dans la plupart des pays, est malgré tout souvent pratiquée, au détriment de la liberté de choix des consommateurs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La vente liée de logiciels avec du matériel informatique existe depuis le début de la commercialisation des ordinateurs. Si cette situation ne constituait pas un problème à cette époque, la situation est devenue différente avec l'arrivée de logiciels alternatifs sur l'ensemble des marchés logiciels. D'abord dénoncée par les utilisateurs de logiciels libres, cette vente liée concerne tous les utilisateurs d'ordinateurs qui peuvent se voir obligés d'acheter des licences logicielles qu'ils ne désirent pas, voire plusieurs fois les mêmes licences logicielles.

Le terme racketiciel apparait pour la première fois dans la liste de discussion du groupe de travail Détaxe de l'AFUL. Plus parlant que "Détaxe", il est vite repris et adopté par les membres de la liste. Le 12 avril 2006, la pétition "Non aux racketiciels"[1] est lancée en France. Elle demande tout simplement l'application du code de consommation et dépasse aujourd'hui les 30000 signatures.

Conséquences de la vente liée[modifier | modifier le code]

La vente liée a des conséquences à la fois sur les consommateurs et sur la concurrence. Cette pratique a pour effet de verrouiller un marché au profit d'un ou plusieurs acteurs, généralement ceux qui ont le plus de poids sur le marché en question ou sur un marché lié à celui-ci. Cette distorsion de concurrence a nécessairement des effets néfastes sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat, et sur les progrès techniques, même si aucune étude aujourd'hui ne permet de quantifier précisément ces effets.

Logiciels et matériels informatiques concernés[modifier | modifier le code]

Bien que les systèmes d'exploitation représentent une part considérable du phénomène, celui-ci s'étend à toutes sortes de logiciels. Citons :

  • les suites bureautiques
  • les logiciels de gravure
  • les logiciels de sécurité (Anti-Virus, Pare-feu, etc.)

Si les ordinateurs (et plus particulièrement les ordinateurs portables) sont les principaux concernés, les racketiciels accompagnent désormais toute sorte de matériel informatique (clés USB, lecteurs multimédias, etc.), bien que ces cas soient plus controversés. L'arrivée de solutions logicielles alternatives pour les téléphones portables, les GPS et autres assistants personnels pourraient intensifier le débat dans ces domaines.

Arguments pour et contre la vente liée de logiciels avec du matériel informatique[modifier | modifier le code]

Arguments pour[modifier | modifier le code]

Certains constructeurs d'ordinateurs défendent leurs pratiques en évoquant l'intérêt du consommateur que représente la pré-installation des logiciels. En effet, un grand nombre de personnes ne savent pas installer eux-mêmes ces logiciels et n'auraient pas accès à l'informatique sans cela. Ils évoquent également un surcoût que représenterait l'optionalité des logiciels installés en usine. On évoque également l'encouragement du piratage que serait la vente de machine "nue" (vendue sans logiciels). Enfin ils considèrent que la garantie de l'ordinateur est assurée par l'usage du système pré-installé.

Réponses aux arguments pour[modifier | modifier le code]

La pré-installation n'implique pas la pré-activation. La garantie matérielle est indépendante du système d'exploitation. De toute façon, dans le Contrat de Licence d'Utilisateur Final de certains systèmes couvrant de l'ordre de 90 % des ventes liés est explicitement écrit que ce système est sans garanties ! plusieurs constructeurs dont Dell et Hp vendent sans aucun problème avec optionnalité des systèmes d'exploitation aux grands comptes (c'est-à-dire à d'autres professionnels qui ont assez de poids économique pour pouvoir négocier).

Arguments contre[modifier | modifier le code]

Les opposants aux racketiciels invoquent avant tout le libre choix. Ils estiment que les racketiciels expliquent en partie la position de quasi-monopole de la société Microsoft sur le marché des systèmes d'exploitation (Windows). Ils rappellent qu'il est possible, avec des solutions comme celle du code d'activation, de proposer des logiciels pré-installés sans pour autant obliger à leur achat. Puisqu'ils sont pré-installés comme d'habitude, cela n'occasionne alors pas de surcoût particulier.

Problèmes liés[modifier | modifier le code]

Outre l'obligation d'acheter les logiciels, les associations de consommateurs et d'utilisateurs de logiciels libres dénoncent le non-affichage des prix et l'impossibilité d'obtenir avant l'achat les contrats de licences des logiciels imposés.

Bien que différent, de nombreux consommateurs parlent également du problème des pourriciels.

Les racketiciels dans le monde[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Le code de la consommation[modifier | modifier le code]

En France, la vente liée est interdite par l'article L122-1 du Code de la consommation. Les articles L113-3 et L134-1 du même code garantissent respectivement au consommateur un affichage clair des prix et la possibilité pour lui d'obtenir les contrats de licences qu'il souhaite acquérir.

Procédure judiciaires et débats politiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs particuliers ont à ce jour porté une affaire de racketiciels devant différents tribunaux de proximité. Citons les jugement de Lunéville [2] (5 juillet 2006 en faveur du constructeur), de Rennes[3] (6 juillet 2006 en faveur du consommateur), de Puteaux[4] (23 juillet 2007 en faveur du consommateur) et de Libourne[5](Février 2008 en faveur du consommateur) qui ne forment pas encore une réelle jurisprudence.

En juin 2006, l'UFC Que-choisir annonce une procédure lancée au TGI de Nanterre sur ce terrain contre un constructeur (hp) et deux distributeurs d'ordinateurs (Auchan et Darty). Les jugements sont espérés dans le courant 2008.

Souvent appelée à agir, la DGCCRF reste jusqu'à présent dans une position de spectateur[6] [7]. Plusieurs débats parlementaires n'ont pas encore permis de changer la situation actuelle.

En septembre 2013, à la suite de l'élection présidentielle française de 2012 les espoirs de diverses associations sont déçus, le Sénat rejette les amendements proposés[8].

En Italie[modifier | modifier le code]

Le 28 septembre 2007, le tribunal de Florence donne raison à un consommateur qui demandait le remboursements de logiciels face à un constructeur[9].

En janvier 2011, l'Aduc, une association de consommateur, ouvre une action collective contre Microsoft[10].

En Angleterre[modifier | modifier le code]

Un particulier a obtenu le remboursement de sa licence Windows auprès de la société DELL[11].

En Europe[modifier | modifier le code]

Fin 2007, la commission Concurrence considérait qu'il n'y a pas lieu d'agir dans plusieurs courriers adressés à des particuliers. Un Think-tank libéral, le globalization Institute, appelle à l'optionnalité [12] [13].

En Chine[modifier | modifier le code]

En Chine, une loi de 2007 oblige les constructeurs à fournir un système d'exploitation avec tout nouvel ordinateur dans le but officiel de lutter contre le piratage[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]