Rémy Peignot

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Rémy Peignot
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
École Estienne
Apprentissage
Kunstgewerbeschule (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Mère
Fratrie
Jérôme Peignot
Sophie Peignot (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour

Rémy Peignot, né le et mort le , est un graphiste et typographe français, créateur de nombreux logotypes, de police de caractères et de timbres-poste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rémy Peignot « naît dans le plomb », pourrait-on dire. Son grand-père, Georges Peignot, est un fondeur de caractères typographiques, responsable de la création de plusieurs polices de caractères renommées (Grasset, Auriol, Garamond, etc.) et directeur de la fonderie G. Peignot et Fils. Son père est le PDG de l'entreprise Deberny et Peignot et le directeur de la revue Arts et métiers graphiques. Son frère, Jérôme Peignot, est écrivain et « typoète ».

En 1946, Rémy Peignot apprend le métier à Saint-Gall (Suisse), au sein de l'entreprise Zollikofer (éditrice de la revue Typographische Monatsblätter [TM]), où il est placé comme apprenti auprès de Rudolf Hostettler. Il suit également des cours à la Kunstgewerbeschule[1], en particulier avec le professeur W. Baus (dessin de lettres).

Rentré en France, il est embauché chez Deberny et Peignot, où il « commence à faire des maquettes[2] », tout en suivant des cours du soir à l'École Estienne[2].

Sa collaboration avec Adrian Frutiger, dont il a découvert l'œuvre en Suisse et dont il a permis l'embauche dans l'entreprise familiale, est extrêmement fructueuse : certaines polices dessinées par Adrian Frutiger sont baptisées par Rémy Peignot (ainsi en est-il de Phoebus, Ondine, Méridien, Univers)[3] et il en réalise les plaquettes de présentation ; et, quand Rémy Peignot se lance dans la création d'une police de caractères, Adrian Frutiger lui prête main-forte[3].

Rémy Peignot devient rapidement un graphiste reconnu. Parmi d'autres, il crée l'identité visuelle d'une série d'entreprises de premier plan :

  • Bulletin quotidien (édition)[4]
  • Didno[2]
  • France Soir (édition)[2]
  • Gat (transport)[2]
  • Guide Kléber (édition)[4]
  • Mac Dougall[4]
  • Nouvelles Galeries (commerce)[4]
  • Petit Robert (édition)[2]
  • Relais & Châteaux (hôtellerie)[4]
  • Relais gourmands (hôtellerie)[5]
  • Siga Gip (informatique)[2]
  • SNCF (transport)[4]
  • Soretra (transport)[2]
  • Synpa[2]
  • Vidalver[2]
  • Vieilles maisons françaises (hôtellerie)[5]
  • Virax (outillage)[5]
  • Vulcain International (ingénierie)[2]
  • Worms (banque)[2]
  • Xerca[5]

Sans compter celle de la fonderie Deberny et Peignot (ainsi, la page destinée à vendre le caractère Univers de Frutiger, qu'il a savamment composée, est plus souvent exposée que l'alphabet lui-même).

En 1953, il dessine et grave le caractère Cristal[6], d'abord pour le procédé Typophane (lettres-transferts sur film plastique) puis pour procédé typographique (1955). Il crée également la police Transit.

Pendant trois ans, il est directeur artistique du magazine En direct. En 1968, il crée sa propre agence[7].

En 1983, il écrit un chapitre intitulé « L'esprit des lettres » dans De plomb, d'encre et de lumière. Essai sur la typographie et la communication écrite[8].

En 1984, il dessine le timbre-poste consacré au « 9e plan. 1984-1988. Moderniser la France[9] ».

En 1986, il dessine la vignette automobile[4], dont le dessin perdurera jusqu'en 1999, année de disparition de la vignette.

Le graphiste français, Marcel Jacno, témoigne de son admiration pour son œuvre : « C'est à la fonderie que je rencontrai le fils Peignot, le beau Rémy. Le plus doué, le plus introverti de notre petit monde. Plus tard, lorsque je devins son voisin de campagne, je découvris la perfection de son goût et l'étendue de sa culture[4]. »

Marié[10], Rémy Peignot disparaît en 1985.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De plomb, d'encre et de lumière. Essai sur la typographie et la communication écrite, Paris, Centre d'étude et de recherche typographiques et Imprimerie nationale, , 343 p. (ISBN 2-11-080781-4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) E. B., « Städtische Sekundarschule Schönau in St. Gallen », Das Werk : Architektur und Kunst = L'œuvre : architecture et art,‎ , p. 44-50 (lire en ligne).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Rémy Peignot, « Les Peignot : Rémy », Communication et langages, vol. 60, no 1,‎ , p. 42–54 (DOI 10.3406/colan.1984.3594, lire en ligne).
  3. a et b (en) Heidrun Osterer et Philipp Stamm, Adrian Frutiger – Typefaces: The Complete Works, Walter de Gruyter, (ISBN 9783038212607, lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Jérôme Peignot, « Rémy Peignot ou du graphisme considéré comme un travail littéraire », Communication et langages, vol. 67, no 1,‎ , p. 36-40 (DOI 10.3406/colan.1986.1737, lire en ligne).
  5. a, b, c et d « Notre ami Rémy Peignot », Revue des arts graphiques,‎ , p. 99-100.
  6. Typefaces, « Rémy Peignot », sur luc.devroye.org (consulté le 25 décembre 2016).
  7. « Rémy Peignot », sur AGI Alliance graphique internationale, .
  8. De plomb, d'encre et de lumière. Essai sur la typographie et la communication écrite, Paris, Centre d'étude et de recherche typographiques et Imprimerie nationale, , 343 p. (ISBN 2-11-080781-4).
  9. Bernard Le Lann, « 9e plan 1984-1988 Moderniser la France », Philatélie française - les timbres de France,‎ (lire en ligne).
  10. « Faisons connaissance. Thierry Baratier », Rue Visconti. La gazette,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]