Psychologie ergonomique

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La psychologie ergonomique est une branche de la psychologie dont les résultats, connaissances, méthodes et outils sont en lien avec l'ergonomie. Elle est psychologique en tant qu'elle centre ses analyses sur les comportements tels qu'ils s'expriment au niveau individuel. Elle est ergonomique dans la mesure où ses travaux portent sur les situations de travail, celles-ci devant être prises au sens large pour inclure toute activité orientée impliquant des objets techniques.

L'article d'introduction d'un numéro spécial consacré à la psychologie ergonomique dans la revue le "Travail Humain"[1] précise[2] :

"Nous nous référerons à la psychologie ergonomique pour désigner les travaux en ergonomie, fortement ancrés dans la psychologie cognitive mais non limités à celle-ci, qui ont pour objet d’étude la conception et l’évaluation des outils et des situations de travail. Cette discipline recoupe des recherches et des pratiques. Les pratiques des psychologues ergonomes consistent à intervenir dans des situations de travail pour les concevoir (ou participer à leur conception), les évaluer, les améliorer. (…) Les recherches dans ce domaine relèvent principalement de la psychologie cognitive mais s’en distinguent partiellement par leur objectif d’action sur des dispositifs socio-techniques."

Ainsi, les fondements de la psychologie en ergonomie sont liés au développement de la psychologie cognitive, dont les résultats et méthodes ont été utilisés par les ergonomes dès les années 1970[3]. Bien que la notion "d'ergonomie cognitive" ait été parfois préférée, probablement en raison d'une proximité avec la notion anglophone de "cognitive engineering"[4], l'expression "psychologie ergonomique" a été utilisée très tôt, notamment par Jacques Leplat[5].

La discipline s'est développée en France pendant la période 1980 et 1990 sans être fédérée par une structure scientifique nationale. Les relations avec l'ergonomie et la SELF[6] ont été suffisantes pour structurer les intérêts de la discipline pendant ces premières années. C'est au cours des années 2000 qu'un groupe de recherche (GDR) a été institué auprès du CNRS à l'initiative de Jean-Michel Hoc. Ce GDR intégrait (en 2006) 39 équipes de recherches incluant 144 chercheurs et 112 doctorants[7]. Le GDR est arrivé à échéance en fin d'année 2011 et a donné naissance à l'association ARPEGE dont la vocation est de développer les travaux engagés dans le GDR[8].

En référence au découpage utilisé par Tricot, Détienne et Bastien (2003)[2], la structure d'article proposée ici présente la discipline en trois temps, à travers ses objets (champs d'étude), ses paradigmes (théories utilisées) et ses méthodes. Une partie supplémentaire est ajoutée pour présenter la communauté francophone des psychologues ergonomes.

Champs d'étude[modifier | modifier le code]

Les liens cognition-émotion[modifier | modifier le code]

Echelle micro. Champ transverse.

cf. Cahour

Technologies de l'information et de la communication (TIC)[modifier | modifier le code]

Technologies de l'information et de la communication (Web / Multimédia) :

Conduite de systèmes dynamiques[modifier | modifier le code]

Automobile, industries navale, nucléaire, aéronautique, etc. (Hoc, Amalberti, Chauvin, etc.)

Coopération / Collaboration[modifier | modifier le code]

Innovation[modifier | modifier le code]

  • Conception (Norman)
  • Prospective (Brangier, Nelson)

Aspects sociotechniques et organisationnels[modifier | modifier le code]

Notion de rôle

  • Étude des collectifs au travail et des collectifs en ligne

Détienne, Barcellini

Paradigmes[modifier | modifier le code]

Exclusion de cette présentation des travaux de psychologie du développement (notamment Piaget et Bruner) bien que des références fréquentes soient faites à ces travaux et que ces auteurs aient développé des apports considérables, qui ont eu des effets sur la psychologie ergonomique comme dans les autres sous-disciplines de la psychologie.

Influence de la psychologie cognitive[modifier | modifier le code]

Mémoire ⇒ Traitement contraint ⇒ Appels aux connaissances antérieures. Cette approche correspond à la notion classique de l'expertise (développé chez Mayer et Sweller. Théorie additive des traitements cognitifs. Notion de charge cognitive)

Critiques :

  • Spécificité des processus mis en place par les individus par adaptation à l'environnement.
  • Difficulté à articuler les niveaux de traitement (règles et routines / niveau d'abstraction)
  • Absence de la notion de fonction (critique adressée à Jerry Fodor à l'oral à EuroCogSci 2007)
  • Invalidation du caractère additif des traitements (e.g. Effet de préemption, Wickens)

Apports de l'ergonomie cognitive[modifier | modifier le code]

Rasmussen : SRK + approche générale de "cognitive engineering" : hiérarchies d'abstraction

Notion d'affordance

Théorie de l'activité en ergonomie francophone

Développements théoriques de l'ergonomie francophone :

  • Théorie instrumentale (Rabardel)
  • Cours d'action (Theureau). Pointer la largeur de vue de la théorie du cours d'action qui intègre les remarques faites dans d'autres sous parties de cet article

Renouvellement de la cognition (située, incarnée, distribuée)[modifier | modifier le code]

Théories de l'activité[modifier | modifier le code]

Les théories de l'action sont multiples et peuvent renvoyer à des approches en philosophie, en sociologie et en économie (voir l'article Théorie de l'action). On trouve également une approche plus spécifique à l'ergonomie dans l'ouvrage de Donald Norman "The Design of Everyday Things".

En ergonomie, on parlera préférentiellement de théories de l'activité dans la mesure où les analyses des psychologues-ergonomes sont focalisées sur le déploiement de l'activité des personnes confrontées à des objets techniques. La notion d'action est alors comprise plutôt comme une unité de description d'une activité globale. Cette approche est très différente de la philosophie de l'action qui envisage la notion d'action dans toute sa généralité.

L'analyse pragmatique[modifier | modifier le code]

Une analyse fondamentale pour la psychologie ergonomique a été fournie par John Austin (1962). Cet auteur en philosophie analytique et en pragmatique a montré l'insuffisance de l'analyse des communications sous l'angle d'un simple échange d'informations. Il a montré que, lors d'un échange verbal, les énoncés des interlocuteurs sont des actes dont l'interprétation repose sur le fait que (1) ils sont produits intentionnellement, (2) ils sont reconnaissables en fonction de conventions sociales et (3) leur réussite ou leur échec (i.e. leur effet) dépend des destinataires[11]. Sur cette base, il devient nécessaire d'analyser les communications sous l'angle des fonctions des actes communicatifs.

  • Illusion descriptive.
  • Notion de performativité.

Emergence d'une théorie de l'activité en ergonomie internationale[modifier | modifier le code]

Nardi

Vygotsky, Leontiev, Engeström, Kuutti (voir aussi Théorie de l'activité)

Théorie de l'acteur-réseau[modifier | modifier le code]

Une autre approche de l'activité est utilisée en ergonomie. Celle-ci relève de la sociologie de la traduction défendue notamment par Bruno Latour avec la Théorie de l'acteur-réseau.

Méthodes[modifier | modifier le code]

Approche expérimentale[modifier | modifier le code]

Méthode scientifique classique

Clinique de l'activité[modifier | modifier le code]

Méthode psychologique classique

Méthodes d'entretien[modifier | modifier le code]

Analyse de la cognition sociale distribuée[modifier | modifier le code]

Méthode récente. Base dans la théorie des actes de langage. Analyse des rôles sur la base du contenu des échanges et de la structure générale du groupe.

Communauté de la psychologie ergonomique[modifier | modifier le code]

Présentation du GDR Psycho-Ergo. Présentation de l'association ARPEGE.

  • Universités
  • Laboratoires
  • Cabinets (limite de l'encyclopédisme)

Quelles relations entre ergonomie associative, institutionnelle, universitaire et privé ?

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la revue "le Travail Humain"
  2. a et b Extrait de Tricot, Détienne & Bastien (2003).
  3. Spérandio (1980)
  4. Rasmussen, Pejtersen & Goodstein (1994)
  5. Leplat (1980)
  6. Site de la SELF
  7. Hoc & Darses (2006)
  8. Site de l'association ARPEGE
  9. Présentation de Nielsen sur son site useit
  10. Bastien et Scapin (1993)
  11. Austin, J. L. (1962). How to do Things with Words: Oxford University Press (Version française : (1970) Quand dire c'est faire. Édition du Seuil. Paris)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bastien, J.M.C, Scapin, D. (1993). Critères Ergonomiques pour l’Évaluation d’Interfaces Utilisateurs. INRIA. [1]
  • Hoc, J.-M., & Darses, F. (2004). Psychologie ergonomique : Tendances actuelles. Paris : PUF.
  • Hoc, J.-M., Darses, F. (2006). Projet de création de groupement de recherche « Psycho-Ergo ». Dossier soumis pour évaluation et décision à la direction du CNRS. Accepté pour démarrage en .
  • Leplat, J. (1980). La psychologie ergonomique, Paris : PUF.
  • Rasmussen, J., Pejtersen, A.M. & Goodstein, L.P. (1994). Cognitive Systems Engineering. Wiley-Interscience.
  • Spérandio, J.-C. (1980). La psychologie en ergonomie. Paris : PUF.
  • Tricot, A., Détienne, F., & Bastien, J.M.C. (2003). Recherches en psychologie ergonomique : introduction. Psychologie Française, 48 (3), 1-8. [2]

Liens externes[modifier | modifier le code]