Théorie de l'activité

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Un système d'activité adapté de Engeström (2001, p. 135)

La théorie de l'activité est une théorie activiste et interventionniste. Cette dernière s’ancre dans les travaux de psychologues russes tels que Vygotsky, Leont’ev, Davidov, Ilenkov, et plus récemment dans ceux de chercheurs finlandais comme Engeström ou Virkkunen, ou français comme Clot (Barma, 2008). Issue du contexte historique de la révolution russe du début du XXe siècle, sa particularité tient à son ancrage dans une posture dialectique qui met à l’avant-plan les liens théorie-pratique (Ilenkov, 1982; Barma, 2008).

« En s’appuyant sur la notion de ‘crise’ en psychologie, elle prend racine dans l’héritage de Vygotsky et se penche sur l’étude de l’activité vue comme complexe et interdisciplinaire. La théorie de l’activité s’intéresse à l’activité humaine envisagée comme une activité sociale. Elle permet d’aborder et de chercher des réponses à des problèmes complexes, comme ceux liés au monde du travail ou ceux liés à l’apprentissage. Par exemple, en éducation, plusieurs membres d’une communauté éducative cherchent généralement à donner un sens à leurs actions afin d’améliorer la réussite scolaire, à intégrer de nouveaux outils d’enseignement, à optimiser les conditions de travail, en bref à mettre en place de nouvelles façons de faire » (Barma, 2008).

Le congrès de l'International Society for Cultural-historical and Activity Research (ISCAR) a lieu tous les trois ans. Celui de Québec, au Canada, a eu lieu en et avait pour thème Taking a 360° view of the landscape of cultural-historical activity research:The state of our scholarship in practice[1]. Le prochain congrès[2] se déroulera à Nathal au Brésil en 2020.

Deux systèmes d'activité ayant un objet partagé

Histoire[modifier | modifier le code]

On reconnaît la première génération de la théorie de l’activité issue des travaux de Vygotsky qui souligne le rôle de la médiation dans l’activité. La seconde génération de la théorie de l’activité est inspirée des travaux de Leont’ev qui considère que l’activité est collective. On retient alors la médiation socio-institutionnelle ainsi que les trois niveaux de l’activité des travaux de Leont’ev. La troisième génération est une théorie historico-culturelle issue des travaux d’Engeström.

Principes[modifier | modifier le code]

Première génération[modifier | modifier le code]

La première génération permet de présenter le rapport de l’humain à son activité avec les objets et les acteurs de son environnement (Vygotsky, 1985).

Il y a deux types d’instruments de médiation : techniques et psychologiques.

Deuxième génération[modifier | modifier le code]

La deuxième génération représente l’activité médiatisée. L’activité est collective et les actions sont individuelles.

Les trois niveaux de l’activité (Leont’ev, 1978)[modifier | modifier le code]

Activité : orientée vers l’objet, l’activité est menée par la communauté.

Action : orientée vers le but, l’action est menée par l’individu ou le groupe.

Opération : orientée vers les conditions de réalisation, l’opération est menée par un individu ou une machine.

Troisième génération[modifier | modifier le code]

La troisième génération est historiquement fondée et longitudinale.

Elle se concentre sur les systèmes d'activité orientés objet et médiés par des artefacts comme unité d'analyse principale.

Le système d’activité permet l’analyse des contradictions au sein des systèmes d'activité et entre eux en tant que moteur du changement et du développement.

L’activité construit des zones de développement proximal orientées vers l’avenir dans les systèmes d’activité.

Le système d’activité favorise et analyse des cycles d’apprentissage expansif et permet d'apprendre ce qui n’est pas encore là.

La troisième génération utilise et développe des interventions formatrices telles que le laboratoire de changement en tant que ressource méthodologique centrale[3].

Quatrième génération[modifier | modifier le code]

Méthodologie[modifier | modifier le code]

La théorie de l’activité peut servir de cadre théorique dans une recherche. Il y a différentes méthodologies qui y sont associées. Dans tous les cas, on vise un changement.

Cinquième dimension[modifier | modifier le code]

Permet de changer des méthodes de travail.

Laboratoire du changement[modifier | modifier le code]

Il touche l’activité. Il est utilisé lorsqu’il y a des changements majeurs à effectuer.

Trois supports sont utilisés : le miroir, idée et instrumentation et modèle et vision.

Clinique de l'activité[modifier | modifier le code]

Elle touche le niveau du travail en se concentrant beaucoup sur les actions.

On utilise le principe d’autoconfrontation dans la clinique de l’activité.


Notes et références[modifier | modifier le code]