Prosimien

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Prosimii

Le groupe des prosimiens (Prosimii ou Prosimia) englobe des espèces de primates jugées plus primitives que les Simiiformes. Autrement dit, ce taxon regroupe les espèces de primates considérées comme les plus éloignées des hominidés, dont l'homme.

Ce terme est considéré comme inapproprié par les cladistes car il désigne un groupe paraphylétique (c'est-à-dire regroupant une espèce ancestrale et une partie seulement de ses descendants). Il a en effet été découvert que les tarsiers, inclus parmi les prosimiens, sont cladistiquement plus proches des Simiiformes que des Lemuriformes. Plutôt que Prosimii, les cladistes préfèrent utiliser des taxons holophylétiques comme Haplorrhini (qui regroupe Simiiformes et Tarsiformes) et Strepsirrhini (qui regroupe les autres prosimiens).

Le groupe des prosimiens est toutefois considéré comme un grade[1] par les systématiciens évolutionnistes. Ces derniers regardent la très grande proximité morphologique, physiologique et écologique entre les tarsiers et les autres prosimiens comme une raison suffisante pour conserver ce taxon[2]. En effet, l'holophylie n'est pas un critère pertinent pour cette école de taxonomie pour établir une classification à la fois utile, et reflétant plus fidèlement la dynamique évolutive[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

Avant la classification proposée par Carl von Linné, toutes les espèces de singes et de lémuriens connues étaient regroupées sous le terme de quadrumane. Linné introduit le concept de primate et de quatre genres, les Lemur, Simia, Vespertilio et Homo, qui regroupaient respectivement, les espèces connues de lémuriens, singes et chauves-souris ainsi que l'homme. Une classification plus précise au sein des groupes Lemur, Simia et Homo était nécessaire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce terme dérive d'une construction à partir du latin Pro signifiant « premier » et de Simia, taxon, lui aussi obsolète, désignant les singes. Le terme Prosimia proposé en 1785 par Pieter Boddaert a été jugé synonyme du Lemur de Linné de 1758. Ce dernier organisait les Quadrumanes en trois groupes, les singes (Simia, Cercophithecus, Papio, Cebus, Caltithrix), les makis (prosemia) et les loris (Tardigradus)[3].

Problématique[modifier | modifier le code]

Ce terme est en outre propice à une erreur, en effet, une hypothèse ancienne puisque Ernst Haeckel affirme que ce sont les primates de ce groupe qui doivent le plus ressembler aux fossiles des ancêtres communs à tous les primates. Or une idée fausse sur la théorie de l'évolution, présente l'évolution humaine comme une évolution de plus en plus poussée de primate pour aboutir à l'homme, l'être le plus abouti de la Création. Selon cette idée, l'espèce première serait issue des prosimiens, l'espèce ancêtre d'où le pro. Les théories actuelles, ne présentent pas les choses de cette façon. Les espèces qui sont regroupées parmi les prosimiens sont toutes aussi évoluées et pas plus primitives que les autres espèces de primates ou même animales. Les prosimiens ont par contre accumulé moins de différences observables avec l'ancêtre commun aux primates, comme l'homme ou le macaque par exemple.[non neutre]

Place dans la classification[modifier | modifier le code]

Les espèces principalement classées dans les prosimiens sont les primates vivant à Madagascar, en Afrique subsaharienne et en Asie du sud-est. Si l'on omet les tarsiers, tous les prosimiens appartiennent au sous-ordre des Strepsirrhini. Les adapidés sont un groupe éteint de prosimiens, proches des strepsirhiniens. Les omomyidés sont un autre groupe de prosimiens mais plus proches des haplorrhiniens, dont font partie les tarsiers.

Classification cladiste[modifier | modifier le code]

Classification évolutionniste[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Charles-Dominique P (1971) Eco-éthologie et vie sociale des Prosimiens du Gabon. Thèse de Doctorat d’État, Paris (C.N.R.S. No. A.O. 58160).
  • (en) Charles-Dominique P (1971) Eco-éthologie des prosimiens du Gabon. Biol Gabon 7, 121-228.
  • (en) Charles-Dominique P (1972) Écologie et vie sociale de Galago demidovii (Fisher 1808, Prosimii). Zf Tierpsychol 9, 7-41.
  • (en) Charles-Dominique P (1977) Ecology and behaviour of nocturnal primates. Prosimians of Equatorial West Africa. Translated by Martin RD. London : Duckworth.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Colin Groves, « Prosimian vs Strepsirrhine vs Haplorrhine », The International Encyclopedia of Primatology, John Wiley & Sons, Inc.,‎ , p. 1-2 (DOI 10.1002/9781119179313.wbprim0043, résumé), in (en) Agustín Fuentes (dir.), The International Encyclopedia of Primatology, Chichester, West Sussex, John Wiley & Sons, Inc., , xlvii + 1535 p., 3 volumes (ISBN 978-0-470-67337-9 et 0-470-67337-0, DOI 10.1002/9781119179313).
  2. a et b Robert D. Martin, « Origins, Diversity and Relationships of Lemurs », International Journal of Primatology, vol. 21, no 6,‎ , p. 1021-1049
  3. Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle Par Jacques Eustache de Sève