Principe de nirvana

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Le principe de nirvana est un concept utilisé par Sigmund Freud pour désigner un principe du fonctionnement psychique : la tendance du psychisme à ramener vers zéro, ou le plus bas possible, toute excitation, toute quantité d'énergie qu'elle soit interne ou externe.

Freud[modifier | modifier le code]

Ce terme avait été popularisé en Europe par Schopenhauer, puis utilisé par la psychanalyste anglaise Barbara Löw. Le bouddhisme est mal compris en Occident, souvent assimilé au nihilisme.

Freud y voit une correspondance avec son concept de pulsion de mort. Ainsi, contrairement au principe de constance, qui est une loi médicale d'homéostasie, le principe de Nirvana désigne une tendance radicale du psychisme au retour vers le néant. C'est en ce sens qu'on peut considérer le principe de Nirvana comme une manifestation de la pulsion de mort. Le lien entre plaisir et anéantissement que cela suggère est resté énigmatique aux yeux de Freud.

Lacan[modifier | modifier le code]

« Le dernier ressort de l'évolution libidinale, c'est de retourner au repos des pierres (...) Ce dont il s'agit dans ce que Freud nous découvre comme au-delà du principe de plaisir, c'est qu'il y a peut-être en effet ce terme dernier de l'aspiration au repos et à la mort éternelle (...) par le fait d'avoir été des enfants non désirés, dans cette irrésistible pente au suicide, dans ce caractère tout à fait spécifique de la réaction thérapeutique négative, du fait que c'est à mesure même que mieux pour eux s'articule ce qui doit les faire approcher de leur histoire de sujet, que de plus en plus ils refusent d'entrer dans le jeu, ils veulent littéralement en sortir. Ils ne veulent pas de cette chaîne signifiante dans laquelle ils n'ont été admis par leur mère qu'à regret. »

- Lacan[1],

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le nirvāna est, pour les bouddhistes, la cessation des souffrances, dont la cause principale est l'ignorance qui entraîne l'avidité et la colère. La cessation de cette attraction-répulsion produit une quiétude et un bonheur parfait, qui n'est pas pour autant nécessairement dépourvu de mouvement ou de dynamisme comme le montre l'activité des êtres éveillés.

On peut représenter cet état, notamment du point de vue du Mahayana, comme un anéantissement de l'individu qui se fond dans le collectif dans le sens où l'on développe la compassion au point où l'intérêt personnel est considéré comme égal à l'intérêt de n'importe quelle autre personne.

D'un point de vue bouddhiste, le nirvāna n'est pas cette pulsion de mort telle que Freud la voit. La soif de non-existence est désignée par le mot vibhavatṛṣna, c'est une "pulsion" (âsrava) symétrique de celle du vouloir-vivre (bhavatṛṣna). L'avidité, de manière générale, est considéré dans le bouddhisme comme troublant notre paix intérieure.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lacan, Au-delà du principe de plaisir, Séminaire des formations de l'inconscient.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Freud S., Au-delà du principe de plaisir (1920), Paris, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 2010 (ISBN 2-228-90553-4)
  • Freud S. Le problème économique du masochisme (1924)
  • Laplanche J. et Pontalis J.B. Vocabulaire de la psychanalyse (1967)
  • Delrieu A. Sigmund Freud - Index Thématique (1997)