Premières élections législatives qatariennes

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Les premières élections législatives de l'histoire du Qatar devaient en principe avoir lieu en 2013 autour du 30 juin, mais ont été reportées sine die[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant les élections, le Qatar est une monarchie absolue, où l'autorité souveraine est exercée par l'émir, et il n'existe pas d'assemblée législative élue. Le Conseil consultatif (Majlis as-Shura) est composé de trente-cinq membres nommés par l'émir. Un projet de Constitution en 1972 prévoit une assemblée élue. Cette disposition est reportée par décret, en 1972, puis en 1973, puis à nouveau en 1975, 1982, 1986, 1990, 1995, et 1998, toujours au nom de « l'intérêt public »[2]. En 2003, une nouvelle constitution, adoptée par référendum, prévoit que le Conseil comprenne désormais quarante-cinq membres, donc trente élus par les citoyens et quinze nommés par l'émir[3]. L'application de cette disposition ayant été reportée plusieurs fois (2004, 2007, 2008, 2010[2]), l'émir Hamad ben Khalifa Al Thani annonce en 2011 que les élections auront lieu en 2013[4].

Il s'agit des premières élections au niveau national, bien qu'il y ait des élections municipales depuis 1999. Le droit de vote est accordé à tout citoyen qatari, homme ou femme, âgé d'au moins 18 ans[3]. À noter qu'à peine 20 % des habitants du pays ont la nationalité qatarie, l'essentiel de la population étant composée de travailleurs étrangers[3]. Il n'y a pas de partis politiques ; les candidats doivent donc se présenter sans étiquette[3].

Ces élections sont prévues en 2013 alors que le Qatar a soutenu les soulèvements en faveur de la démocratie dans d'autres États arabes tels que la Tunisie, l'Égypte, la Libye et la Syrie : le printemps arabe. Le pays a notamment participé à l'intervention militaire de 2011 en Libye, et fournit des armes (ainsi qu'une aide humanitaire) aux insurgés de la guerre civile syrienne débutée en 2011[3],[4],[5]. Mi-juin 2013, les médias étrangers annoncent que l'émir et son Premier ministre Hamad ben Jassim Al Thani se prépareraient tous deux à une succession politique, pour confier le pouvoir au prince héritier Tamim ben Hamad Al Thani et à « des ministres plus jeunes »[4].

Le mandat du Conseil consultatif nommé s'achève le 30 juin 2013. Néanmoins, fin mai, les préparatifs pour une élection n'avaient pas encore été initiés[2]. Le 24 mai, à la veille d'abdiquer en faveur de son fils, l'émir Hamad Al Thani reconduit les membres du Conseil, et ainsi retarde sine die la tenue d'élections législatives[1]. En 2016, le nouvel émir Tamin Al Thani prolonge jusqu'en 2019 le mandat du Conseil non-élu, retardant ainsi les élections jusqu'à cette date au moins[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]