Place Naghsh-e Jahan

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Meidan Emam, Ispahan *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Photo historique de la place (années 1930)
Photo historique de la place (années 1930)
Coordonnées 32° 39′ 26″ nord, 51° 40′ 40″ est
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Type Culturel
Critères (i) (v) (vi)
Numéro
d’identification
115
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1979 (3e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

La place Naghsh-e Jahan (en persan : میدان نقش جهان, Meidān -e Naghsh-e Jahan), aussi connue sous le nom de Meidān-e Emām (place de l'Imam), dans le centre historique de la ville d'Ispahan, en Iran, est une des plus grandes places du monde. Elle constitue un témoignage de la vie sociale et culturelle de la Perse pendant la dynastie des Séfévides et a été inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979 comme site historique important.

Construite par le Chah Abbas Ier au début du XVIIe siècle sous le nom de Naghsh-e Jahan (« portrait du monde »), elle est par la suite appelée Meidān-e Shāh (میدان شاه, « place du roi »), puis renommée Meidān-e Emām (میدان امام, « place de l'Imam ») après la révolution islamique en l'honneur de l'Ayatollah Khomeini.

La place forme un rectangle oblong de 560 mètres de long par 160 mètres de large[1], soit une surface de près de 9 hectares. Alignée sur la direction Nord-Sud, elle est entourée par des monuments historiques importants de l'époque safavide : la mosquée du Chah au Sud, le palais Ali Qapu à l'Ouest, la mosquée du Cheikh Lotfallah à l'Est et une des portes du grand bazar d'Ispahan sur le côté Nord.

La Place Naghsh-e Jahan d'Ispahan : au Sud, droit devant, se trouve la mosquée du Chah, à droite côté Ouest le palais Ali Qapu, à gauche côté Est, la mosquée du Cheikh Lotfallah.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Dessin du XIXe siècle représentant la place Naghsh-e Jahan, par l'architecte français Pascal Coste en voyage en Perse avec l'ambassade du roi Français en 1839.

En 1598, le Chah Abbas Ier déplace sa capitale de Qazvin à Ispahan, oasis destinée à devenir son lieu de résidence et un important centre de commerce, culture et de religion. Fertilisée par le Zayandeh rud, au milieu d'un vaste paysage aride, la ville est idéale pour se distancer d'assaults futurs par les Ottomans, ennemis jurés des Séfévides, et des Ouzbeks, et dans le même temps de gagner plus de contrôle sur le Golfe Persique, récemment devenu une importante route commerciale pour les néerlandais et la Compagnie britannique des Indes orientales[2].

Ce considérable projet d'urbanisme est attribué à Sheikh Bahai[3], qui se concentre sur deux caractéristiques clés du plan général du Chah : le boulevard Chahar Bagh (quatre jardins), avenue historique d'Ispahan flanquée de part et d'autre d'institutions d'envergure telles que les résidences de dignitaires étrangers, et la place Naghsh-e Jahan[4].

Avant l'ascension au pouvoir du Chah, la Perse avait une structure de pouvoir décentralisée, dans laquelle différentes institutions se battaient pour le pouvoir, notamment les tribus militaires (Qizilbash) et les gouverneurs des provinces constituant l'Empire. Le Chah Abbas souhaitait affaiblir cette structure politique, et le développement d'Ispahan pour en faire la nouvelle capitale de la Perse était une étape importante pour la centralisation du pouvoir[5].

L'ingéniosité de la place Naghsh-e Jahan était pour le Chah de réunir les trois composants principaux du pouvoir dans sa cour : le clergé, représenté par la mosquée du Chah, le pouvoir des commerçants par le bazar impérial, et le pouvoir du Chah lui-même, depuis son palais Ali Qapu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.pps.org/great_public_spaces/one?public_place_id=672
  2. Savory, Roger; Iran under the Safavids, p. 155.
  3. Kheirabadi Masoud (2000). Iranian Cities: Formation and Development. Syracuse University Press. pp. 47.
  4. Sir Roger Stevens; The Land of the Great Sophy, p. 172.
  5. Savory; chpt: The Safavid empire at the height of its power under Shāh Abbas the Great (1588–1629)