Pléiotropie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La pléiotropie, du grec "pleion"(πλείων, plus), et tropê (τροπή, changement) qualifie un gène ou une protéine qui détermine plusieurs caractères phénotypiques.

Par conséquent, le phénotype induit par une mutation de ce gène n'est pas le reflet de l'effet sur une seule et unique fonction induite par ce gène, mais la combinaison des effets sur plusieurs de ces caractères. Cela peut être un problème si on cherche à obtenir une variété pour sélectionner un phénotype particulier.

Par exemple, pour le maïs, la mutation du gène (ZmCAD2) améliore la digestibilté du maïs fourrage mais diminue son rendement, ce qui rend cette mutation sans intérêt[1]. De même, la mutation des gènes O2 et fl2 améliore la qualité protéinique du maïs mais là encore réduit le rendement[2].

Le phénomène de pléiotropie peut s'expliquer par celui de l'épissage alternatif (mais pas seulement) qui permet à un même gène de coder pour plusieurs protéines chez les eucaryotes supérieurs. Chez les procaryotes le phénomène d'épissage lui-même n'existe pas car ces organismes ne possèdent pas d'introns dans leurs gènes, par conséquent le phénomène d'épissage alternatif n'existe pas non plus. Pour pallier ce "problème" certains procaryotes (bactéries par exemple) possèdent des ARN messagers polycistroniques, c'est-à-dire possédant plusieurs cistrons (unité représentant une zone traduite en une protéine, à l'instar d'un réplicon ou d'un transposon) et donc plusieurs codons d'initiation et codons-stop, et ainsi capables d'être traduits en plusieurs protéines. Toutefois il existe aussi des ARN messagers polycistroniques dans les chloroplastes et mitochondries des cellules eucaryotes, mais ceux-ci se différencient de ceux des procaryotes, puisqu'ils doivent subir une étape de maturation au préalable.

Il ne faut pas confondre la notion de pléiotropie avec celle de "caractères multigéniques", dans ce cas un caractère (couleur de la peau par exemple) dépend de l'expression de plusieurs gènes alors qu'ici un seul gène détermine plusieurs caractères phénotypiques différents.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Different mutations in the ZmCAD2 gene underlie the maize brown-midrib1 (bm1) phenotype with similar effects on lignin characteristics and have potential interest for bioenergy production - Yves Barrière, Hélène Chavigneau, Sabrina Delaunay, Audrey Courtial, Mickael Bosio, Hervé Lassagne, Jérémy Derory, Catherine Lapierre, Valérie Méchin, Christophe Tatout - INRA, Unité de Génétique et d’Amélioration des Plantes Fourragères, 86600 Lusignan, France
  2. Quality protein maize (QPM): Geneticmanipulation for the nutritional fortification of maize - P. A. Sofi, Shafiq A. Wani, A. G. Rather and Shabir H. Wani - Directorate of Research, SKUAST-K, Shalimar, 191121, J and K, India. 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]